P’tit Belliveau : si Neil Young avait été un hipster acadien avec un synthé

Mélodie Jacquot-Paratte.
Mélodie Jacquot-Paratte.
Dans un monde où l’on a accès en tout temps à des milliards de chansons sur des dizaines de plateformes, il est impossible de ne pas faire des liens entre différents artistes. Parfois, ces comparaisons sont évidentes, mais souvent, cela va plus loin qu’un style musical ou un refrain précis. Tel est le cas de P’tit Belliveau et de Neil Young.

Bien qu’évidemment Neil Young ait une carrière beaucoup plus longue que celle de P’tit Belliveau (nom de scène de Jonah Richard Guimond), nous pouvons facilement trouver des liens assez frappants. 


Chacun a une voix unique. Il n’est pas question ici de faire ressortir une diva interne qui chante en fioritures impressionnantes (pas pour leur enlever leurs prouesses vocales !), mais de rencontrer l’artiste derrière la musique : avoir leur son unique, transmettre un message et faire ressentir une émotion sincère. 


Bien que les voix de ces deux chanteurs ne se ressemblent pas, nous partons dans le même type de voyage musical. Celui où l’on a l’impression qu’un ami nous raconte une histoire de leur vie quotidienne ou celui d’un poème sur la société. 


Chez P’tit Belliveau, nous sommes bercés autant par le calme de « Bateaux dans la baie », que par l’humour sociétal de « Ford Focus », « Mon drapeau Acadjonne vens d’Taiwan » et « Income Tax », sans oublier par la contemplation nostalgique de « Moosehorn lake ». 


Du côté de Neil Young, on retrouve aussi ces mêmes ressentis, valsant entre le calme de « Harvest Moon », l’humour protestataire de « Let’s Impeach the President » et la nostalgie magique de « Sugar Mountain » ou « Comes a Time ». 


Ensuite, passons aux nombres de groupes dans lesquels ils ont pu participer, ainsi que les variations dans leur carrière solo. Neil Young ayant, évidemment, des noms que l’on aura facilement remarqués sur les listes des groupes incontournables du paysage musical des dernières décennies : Buffalo Springfield, Crazy Horse et Crosby, Stills, Nash & Young. 


P’tit Belliveau, de son côté, a notamment été impliqué avec Juste Love Peace, plusieurs artistes de Tide School et son projet solo précédent : JonahMeltWave. Ce projet met en avant quelques sonorités qui sont mélangées avec le style de P’tit Belliveau, notamment des chansons plus folk et country, tel l’album « Greatest Hits Vol.1 » et l’EP « … chante Baptiste ». 


Il est aussi important de noter les collaborations avec des artistes féminines, plus ou moins, en début de carrière, telle la voix de Linda Rondstat en chœur d’accompagnement pour « Heart of Gold » de Neil Young, ainsi que celle de l’étoile montante Belle Grand Fille sur l’album « Greatest Hits Vol.1 » de P’tit Belliveau. 


Avant-gardistes dans leurs propres styles, ces deux créateurs repoussent les limites de ce qui devient standard dans l’industrie. Neil Young avec son country, mais surtout son folk rock, allant parfois jusqu’au proto-grunge et au rock progressif. P’tit Belliveau qui nous fait voyager avec son mélange de vaporwave, lo-fi folk et country. 


Périples entre des styles connus, alternatifs et expérimentaux, voilà ce qui offre une expérience unique lors de l’écoute d’un de leurs albums. Ces artistes ont puisé leur inspiration de la nature canadienne, des bribes de vie, ainsi que de la société qui les entourent. 


Nous finirons cette réflexion musicale avec le plus essentiel : les paroles des auteurs-compositeurs-interprètes. 


« Old man, take a look at my life.   

I’m a lot like you

I need someone to love me

The whole day through »

Old Man, “Harvest” — Neil young


“Le temps s’en vient et le temps s’en va

Le temps ça coule comme l’eau entre mes doigts

“Fait qu’j’vais vivre dans l’moment pis m’entourer         d’joie.”

L’eau entre mes doigts, « Greatest Hits Vol.1 » —         P’tit Belliveau