Politesse et dynamique du français au Cameroun

La politesse verbale est, on le sait, un phénomène universel dont les formes d’expression varient d’une langue à une autre, d’un espace socioculturel à un autre. C’est le cas du français dont les locuteurs ne recourent pas toujours aux mêmes formes verbales pour exprimer la politesse, d’autant plus que ces derniers ne vivent pas les mêmes réalités sociolinguistiques et ne partagent pas forcément les mêmes valeurs culturelles. C’est le cas des Camerounais francophones dont les pratiques de la politesse mettent en évidence un cas d’appropriation locale du français langue internationale.

     Le Cameroun est un espace géographique communément appelé l’Afrique en miniature parce qu’il renferme la plupart des diversités culturelles et linguistiques observables partout en Afrique. Le contexte sociolinguistique se caractérise par la présence de deux langues officielles, l’anglais et le français, qui sont en contact permanent avec plus de 250 langues autochtones, le pidgin English et le camfranglais. On y observe aussi une mosaïque de groupes ethniques fondés généralement sur une langue, un territoire et des traits socioculturels communs. Le profil culturel et communicatif camerounais se caractérise, de manière générale, par le plurilinguisme et l’hybridité linguistique, la diversité ethnique et culturelle et par le fait que les interactions quotidiennes sont sous-tendues par une socioculture axée sur la proximité (physique, psychologique et émotionnelle), la distance hiérarchique, des inégalités sociales (liées à l’âge, au confort matériel ou statut social), entre autres. Cet « écosystème »laisse des trances tangibles dans les pratiques du français, langue véhiculaire à l’échelle de tout le Cameroun, surtout dans les centres urbains francophones où il permet l’intercompréhension entre plusieurs communautés ethnico-tribales. L’influence de la socio-culture camerounaise sur les pratiques du français s’observe, par exemple, dans la manière dont les Camerounais francophones expriment la politesse lorsqu’ils échangent des salutations.

     Les Camerounais francophones disposent, en effet, d’un répertoire extrêmement riche en formules de salutations. Cette richesse résulte de la cohabitation des formules du français international et de celles créées localement. C’est ainsi qu’aux formules « passe partout » comme « bonjour », « bonsoir », « salut », « comment ça va? » et « ça va? », etc., il faut ajouter des formules locales qui entrelardent les échanges quotidiens au Cameroun. C’est le cas de la formule de salutation « c’est comment? », qui est un calque de certaines langues autochtones camerounaises et qui peut aussi emprunter les formes suivantes : « comment non mon frère/ma sœur? » ; « sinon c’est comment alors? », « c’est how? », « how non? ». La salutation « ça va? » apparait aussi sous plusieurs formes se caractérisant par le fait que le verbe « aller » y est remplacé par d’autres verbes, et par le mélange du français et de l’anglais, comme on peut le constater dans les exemples suivants : « Ça marche? », « Çadonne? », « Çabouge? », « Ça baigne? », « Ça shake? », « Ça boom? », « Çawaka? », « Çatient? ». On retrouve, dans d’autres échanges, des formules interrogatives à valeur de salutation comme « Tu vis même? », « Tu vis ma sœur? », « On dit quoi? », « Tues là!? »; « Tu respires? », etc. Ces formules sont généralement assorties de termes affectifs comme « ma copine », « mon gars », de parenté comme « mon frère », « ma sœur », etc., qui jouent un rôle de premier plan dans la construction de la convivialité sociale. Comme exemple, on peut citer : A : « comment tu vas la mère » - B : « on est là mon fils ».

     Soulignons aussi que les salutations verbales sont le plus souvent accompagnées de gestes tels que les poignées de main, les accolades, les bisous, etc. Lorsqu’on se rend chez quelqu’un et que la porte est ouverte, on peut signaler sa présence soit en frappant à la porte et/ou en produisant les onomatopées comme « toc toc toc » ou « kouan kouan » pour imiter le bruit qui résulte du fait de frapper à la porte. Ces deux éléments sont souvent suivis de la question « il y a quelqu’un? ».

     Les salutations d’ouverture donnent lieu à divers types de réactions. Rappelons tout d’abord que dans certains pays ou espaces culturels, les échanges de salutations sont faits selon le modèle « comment ça va? » - « ça va bien ». Ce type d’échange plus ou moins laconique permet, d’une part, de faire preuve de sollicitude polie envers autrui et, d’autre part, d’avoir l’agréable impression d’être l’objet d’une certaine considération. En contexte camerounais, par contre, la salutation « comment ça va? » ou « c’est comment alors? » est le plus souvent interprétée comme une véritable question. Cette interprétation est sous-tendue par la supposition que derrière la salutation « comment ça va? » se cache un véritable souci de s’enquérir de la situation de l’autre. Cette salutation, pourrait-on ajouter ici, s’interprète en contexte camerounais comme une stratégie d’entrée en interaction avec l’autre et en même temps comme une invite à faire part, le cas échéant, de « ses problèmes ». Le contenu et la longueur d’un tel récit varient en fonction de la situation de communication et des rapports qu’entretiennent les interlocuteurs.

     À la salutation « comment ça va? » ou « c’est comment? », certains locuteurs répondent tout simplement « non ça va », « me voici, non », « on est là non », « voici mes restes », « n’est-ce pas on est là », « laisse-moi comme ça ma sœur » ; « on va faire comment? ». Si vous n’avez pas assez de temps pour un récit, n’allez surtout pas demander ce qui ne va pas. Parce qu’on vous rétorquera « c’est fort/ mauvais sur moi », « les temps sont caillou », « c’est seulement la sécheresse qui va nous tuer ici dehors ». Le terme « sécheresse », encore appelé « foirage », dans le dernier exemple, signifie « manque d’argent ». D’autres interlocuteurs vous diront « la galère me gère » ; « ça ne me laisse pas », « mon frère, ça ne va pas. J’ai les maux de poche ». Oui, vous avez bien lu, ils ne parlent pas de « maux de tête », mais de « maux de poche » ; comme la pauvreté peut faire mal aux poches! Dans la même lancée métaphorique, certains Camerounais diront « j’ai les crevaisons de poche » pour signifier qu’ils ont des problèmes d’argent. Pour vous demander de l’aide financière ils diront « mets-moi en haut » ou « lance-moi non ».

     La créativité langagière est aussi mise à profit dans la clôture des interactions. En dehors des formules du français international comme « au revoir », « à bientôt », etc., les Camerounais francophones font appel aux formules plus ou moins atypiques. Dans ce contexte collectiviste où la séparation peut porter atteinte à l’harmonie sociale, certains locuteurs font usage de la formule « on est ensemble », pour indiquer que la séparation est plus physique que psychologique. D’autres emploient des formules qui expriment le désir de se revoir le plus tôt possible ou celui de garder le contact en dépit de la séparation. Ils recourent à cet effet aux formules comme « On se voit non! », « On se bipe! », « On se call! », « On s’appelle non! », « On se see! ». Signalons aussi les formules de séparation comme « j’arrive! », « à tout à l’heure », etc., qui semblent indiquer que la séparation sera brève, mais qui ne doivent pas toujours être comprises comme telles. Il y a aussi des salutations de clôture qui reflètent plutôt le malaise ou l’embarras de se séparer. La formule d’adieu employée dans ce cas est « on faitcomme ça! », utilisée de préférence en contextes informels. Dans certains cas, le locuteur justifie son départ à travers les formules comme « Je passais seulement hein » ; « Il faut que je poursuive ma route ». Il peut aussi demander implicitement la permission de s’en aller, par le biais de la formule « gars, laisse-moi partir ».

     Ces rituels de la politesse permettent de saisir juste un pan de la réalité de la dynamique du français dans les relations sociales au Cameroun.

     On est ensemble!

     Bernard Mulo Farenkia
     Professeur titulaire
     de langue française
     et de linguistique
     Cape Breton University

En plein Congrès mondial acadien, l’historien Maurice Basque évoquait à la p. 2 de l’Acadie Nouvelle du lundi 19 août 2019 que « les élites acadiennes ont tourné le dos aux Amérindiens qui de leur côté ont principalement suivi une éducation en anglais ».  L’avocate Paryse Suddith, l’une des instigatrices de la rencontre au CMA, disait « qu’il est temps pour les Acadiens de tendre la main vers leurs alliés historiques et de favoriser une compréhension mutuelle ».

Depuis le début de la pandémie, de nombreuses organisations et individus ont exprimé leurs préoccupations quant au non-respect des langues officielles dans les communications et services du gouvernement fédéral. Pour certains citoyens, cette levée de boucliers relève d’une simple revendication politique d’une des minorités linguistiques du pays et il est insensé de soulever de telles questions en ce moment.

OTTAWA : « C’est avec consternation que l’Association de la presse francophone (APF) apprenait la fermeture permanente de 15 journaux locaux de Postmedia Network en Ontario et au Manitoba en raison d’une chute majeure de ses revenus publicitaires depuis le début de la crise du COVID-19.

Les pourparlers en vue de la consolidation des unités de gouvernement municipal ont refait surface récemment. Les fonctionnaires qui envisagent cette option ont dit ne pas vouloir être laissés pour compte. Il est difficile pour les municipalités, grandes et petites, de fournir tous les services souhaités à leurs résidents.

La période des vacances des Fêtes est l’occasion idéale pour se réunir en famille et entre amis et pour faire le bilan de l’année qui s’achève. C’est aussi une très bonne occasion de se reposer et de se préparer pour la nouvelle année qui arrive à grands pas.

Le tissu social de l’île du Cap-Breton-Unama’ki est en train de changer. De nouvelles entreprises innovatrices apparaissent dans l’île, la population d’étudiants internationaux augmente à une vitesse sans précédent, et les industries traditionnelles, comme celles des produits de la mer et le tourisme, connaissent une forte croissance. Il y a un sentiment d’optimisme dans l’air.

Je ne peux pas résister à l’envie de féliciter les personnes qui ont pris l’initiative de demander l’installation de panneaux de signalisation en français dans la région de Clare.

Des fois je me ferme les yeux le soir et je vois filer derrière mes paupières mon interface Instagram, avec photo après photo d’amis, d’étrangers, de produits à vendre. Pendant la conférence d’honneur du samedi matin dans le cadre du colloque Les médias francophones sous toutes leurs coutures : rôles, défis, occasions dans un environnement en changement du 4 au 6 octobre à l’Université Sainte-Anne à la Pointe-de-l’Église, Sylvain Lafrance nous dit : On voit de plus en plus de contenu, mais on se voit de moins en moins dedans.

M. René Arseneault, député de Madawaska-Restigouche; M. Serge Cormier, député d’Acadie-Bathurst; M. Pat Finnigan, député de Miramichi-Grand Lake; M. Dominic LeBlanc, député de Beauséjour; Mme Ginette Petitpas- Taylor, députée de Moncton-Riverview-Dieppe; M. Darrell Samson, député de Sackville-Preston-Chezzetcook et M. Chris d’Entremont, député de Nova-Ouest,

J’étais décidé de regarder les résultats en français de l’élection fédérale le lundi 21 octobre 2019 à la télévision de Radio-Canada.

Depuis maintenant plusieurs années, les memes (une blague sous forme de photo, de court vidéo ou de gif animé, avec une anecdote ou un bref message significatif) ont pris d’assaut le web et sont devenus une forme d’humour très populaire. Outre leur valeur diver tissante, ces blagues sont également devenues des vecteurs d’identité pour les minorités visibles.

Le vendredi 4 octobre, l’Acadie Nouvelle a révélé en exclusivité que le consulat général de France dans les provinces de l’Atlantique allait fermer ses portes en 2022, à l’expiration du mandat du nouveau consul général, Johan Schitterer. La nouvelle n’est pas surprenante. Elle était dans l’air depuis l’abolition, en août 2018, du poste d’agent comptable, les finances étant désormais gérées directement par l’ambassade à Ottawa.

Du 4 au 6 octobre 2019, j’ai eu le privilège et le grand plaisir de participer à un colloque des plus intéressants à l’Université Sainte-Anne : Les médias francophones sous toutes leurs coutures : rôles, défis, occasions dans un environnement en changement.

Le 21 octobre prochain environ 60 % des électeurs habilités à voter se présenteront aux urnes, et moins de 40 % d’entre eux détermineront qui gouvernera le Canada pendant les quatre prochaines années. On peut logiquement prétendre que nos gouvernants auront peu de légitimité puisqu’ils auront été rejetés par une vaste majorité d’électeurs.

Les politiciens ont récemment posé la question suivante : que veulent les vétérans? Notre réponse est simple ... Que le Premier ministre et les dirigeants du Canada respectent leurs promesses!

Ces deux personnages du poème Évangéline se retrouvent ensemble en août 2019 au Logis de Meteghan afin d’échanger des souvenirs de leurs parcours de vie depuis leur courte période de célébrité. Le tout se passe sur la scène du théâtre de la salle paroissiale de Saulnierville au mitan du siècle dernier.

POINTE-de-l’ÉGLISE : Julie Anne Amirault, née LeBlanc, a vu le jour le 1er juin 1854 dans la paroisse de Pubnico-Est. Le 10 juin 1954, Le Petit Courrier rappor tait la « touchante fête de famille » organisée le 1er juin dans la paroisse de Saint-Michel de Wedgepor t en l’honneur de ses 100 ans. Cette fête « marquait dans les annales de notre histoire les hauts faits de nos ancêtres ». On comprend l’importance que revêtent, en 1954, cent ans de vie... un exploit encore peu commun aujourd’hui! Exploit qui mérite d’autant plus d’être souligné comme « hauts faits de nos ancêtres » que nous sommes alors à quelques semaines de lancer les célébrations du bicentenaire de la Déportation, qui a aussi touché la région d’Argyle. Que représentait le centenaire de Julie Anne pour sa communauté? N’était-elle pas la preuve, elle qui comptait 11 enfants, sept petits-enfants, 34 arrière-petits-enfants et 13 arrière-arrière-petits-enfants que les Acadiens de la Nouvelle- Écosse étaient toujours présents et bien vivants? Que les Acadiens de Par-en-Bas étaient revenus en force sur leur propre territoire?

Nous désirons féliciter l’Université Sainte-Anne pour sa reconnaissance des mérites de cette compagnie et pour l’accueil chaleureux que cette dernière fait aux employés qui nous arrivent du Mexique et d’ailleurs, depuis quelques années, et qui enrichissent notre communauté par leur présence.

Monsieur le Premier ministre Trudeau, vous avez violé de nombreuses promesses électorales. Citation : « Si j’ai mérité le droit de servir notre pays en tant que Premier ministre, aucun ancien combattant ne sera forcé de se battre contre son gouvernement pour obtenir le soutien et la compensation qu’il a gagnés ».

La semaine dernière, nous avons été régalés d’une pièce de théâtre originale et comique à en mourir ... Clare dans un soir III, au Club Richelieu, Baie Sainte-Marie.