Maurice Courchesne

Les élections fédérales

Le 21 octobre prochain environ 60 % des électeurs habilités à voter se présenteront aux urnes, et moins de 40 % d’entre eux détermineront qui gouvernera le Canada pendant les quatre prochaines années. On peut logiquement prétendre que nos gouvernants auront peu de légitimité puisqu’ils auront été rejetés par une vaste majorité d’électeurs.

     Il est vrai que comme cette conception de l’exercice de la démocratie semble favoriser les deux principaux partis politiques, aucun changement dans le mode de scrutin n’est envisagé dans l’immédiat. Nous avons tendance à nous résigner à cette aberration en nous comparant aux régimes totalitaires ailleurs dans le monde et à la dictature de facto instaurée par Donald Trump.

     Plusieurs des engagements pris lors de la campagne électorale ne sont que des leurres et de la poudre aux yeux visant à recueillir les votes des personnes crédules ou faibles. La réalité est que l’administration du Canada est très complexe et s’effectue en continu la plupart du temps sans égard au parti au pouvoir. Bien sûr, les gouvernants disposent du pouvoir de choisir leurs hauts fonctionnaires, de légiférer et de faire appliquer les lois, mais normalement ils n’osent pas bouleverser l’administration des affaires courantes au niveau du peuple. Les promesses ont leur utilité pour attirer les votes et il arrive que certaines soient réalisées, comme la légalisation de l’usage du cannabis. (Quelle merveille!) Plus besoin d’assister à une séance de vaudou pour voir des zombies. Tout de même une manière efficace d’engourdir les méninges d’un segment appréciable de la population... En cela une immigration légale bien ciblée pourra suppléer à la diminution de motivation et d’acuité intellectuelle dont souffriront les abuseurs de cannabis, errant prématurément dans les limbes durant leur existence terrestre.

     Je crois que la liberté a des limites, même si la Charte des droits est très tiède à ce sujet. À cet égard, j’ai fini par croire que voter devrait non-être un droit, mais une obligation. Nul citoyen ne peut prétexter le manque d’information pour s’en abstenir... Certainement pas en 2019.

     Je prédis un résultat à 50% plus 1 et la tenue d’un deuxième vote si nécessaire afin que nos gouvernants soient élus par une majorité. De plus, un inconvénient très irritant du mode de scrutin en vigueur est qu’on ne peut voter pour un candidat et contre le chef de son parti. Voter pour le parti ou l’homme : voilà la question. Du moins dans Nova-Ouest nous avons deux bons candidats très probablement plus valables que leurs chefs.

     À cause de la multiplication des formations politiques, la proportionnelle conduirait au désastre et au marasme, puisqu’il faut malheureusement avouer que des individus ou des groupes d’influence défendent égoïstement leurs ambitions personnelles, reléguant les intérêts de la Nation aux oubliettes. Mais que penser du rôle des lobbyistes et des grandes corporations dont les intérêts pèsent lourd sur les agissements de ceux qui sont élus pour défendre les intérêts du peuple?

     Je prévois que les pertes financières résultant de l’arrestation d’une dirigeante de Huawei ne feront pas un sujet de débat durant cette campagne électorale, parce que les libéraux n’admettront pas leurs torts et que les conservateurs ne libèreront pas cette otage s’ils sont élus.

     Cette attitude démontre un niveau inquiétant de mollesse, d’ignorance et de manque de jugement.

     N’empêche que le préjudice causé au pays par cette arrestation commandée depuis Washington est incalculable... Le comportement de notre gouvernement est absolument irresponsable dans cette affaire, et on nous fait des promesses et on nous jette des miettes alors que des milliards sont perdus inutilement comme conséquence de cette affaire insensée.

     L’intention manifeste des libéraux de Trudeau (fils) de lutter contre la loi 21 au Québec lui fera vraisemblablement perdre le pouvoir, ou tout au moins la majorité au parlement. Le gouvernement central, et particulièrement les libéraux aux convictions post-nationales et inclusives de Justin Trudeau ne renonceront pas à cette obstination malsaine de combattre les décisions et idéaux des francophones du Québec et même du Canada en entier. Pourquoi croient-ils avoir raison et les autres, tort? Simplement parce qu’ils ont un but abject non avouable. Ils ont une constitution non ratifiée par le Québec et la Cour suprême dans leur poche. Donc, ils auront toujours raison et poursuivront leur œuvre de destruction de la francophonie sur ce continent. N’en doutez pas un instant. Mais ne contribuons pas nous-mêmes à ce projet abominable en renonçant à vivre en français. S’aimer soi-même n’est pas haïr les autres.

     Un jour viendra peut-être où des segments appréciables issus de l’immigration massive s’entretueront ici même dans leur nouvelle patrie pour des questions de religion ou de superstitions. L’histoire nous démontre clairement des exemples de ce genre de querelles, et il faut bien voir où ces actes cruels se sont déroulés, et entre quels groupes de personnes... L’interdiction du port de symboles religieux pour tous les fonctionnaires durant les heures de travail est amplement justifiée et contribuera à prévenir de telles éclosions de violence.

     Les gens agiront bien selon leurs désirs dans leur vie privée. L’idéal serait que nous ayons tous la même ferveur religieuse que dans les années 1950 et que nous pratiquions tous la religion catholique, mais cette époque bienheureuse est révolue, hélas! Notre société se diversifiera inévitablement, mais il faut que ces changements s’effectuent intelligemment et paisiblement et selon des règles imposées par nos gouvernants. Pourvu que les lois s’appliquent à tous équitablement, ce n’est pas aux invités de les choisir. Ils devraient nous remercier et remercier le ciel de pouvoir vivre dans ce pays.

     Les politiciens des années 1950 et 1960 étaient imparfaits, mais contrairement à ce qui se produit de nos jours, ils ne cherchaient pas à se détruire mutuellement et avaient réellement à cœur le bien-être des citoyens de ce pays qu’ils aimaient réellement. Nous voyons au contraire surgir une société de personnes enragées et haineuses. Un retour vers le passé pourrait s’avérer salutaire pour nos chefs politiques avides de pouvoir... et peut-être de sécurité financière.

     La vie suivra son cours au lendemain des élections... et les firmes d’opinion publique justifieront leurs prévisions erronées et recommenceront les sondages. Ce qui m’inquiète réellement, c’est le silence entourant la nature. Les oiseaux, les guêpes et les abeilles disparaissent ou se font rares. Notre Terre Mère nous envoie un message très clair et reprendra un jour les choses en mains...