Page 34 – Annonce du Festin de musique à la Baie (le 28 juin 1979).
Page 34 – Annonce du Festin de musique à la Baie (le 28 juin 1979).

D’un coup de tonnerre sans éloizes

POINTE-de-L’ÉGLISE : Le 20 juin 1979 étaient réunis à Yarmouth un groupe de quelque 80 anglophones et francophones pour discuter du problème de l’assimilation des Acadiens. Parmi les participants invités à cette rencontre organisée par le Conseil des Chrétiens et des Juifs, en collaboration avec l’Université Sainte-Anne, figurait la présidente de l’Alliance pour la préservation de l’anglais, Madame Mary Gillis. L’édition du jeudi 28 juin 1979 du Courrier de la Nouvelle-Écosse rapporte « du tonnerre sans éloizes » à cette rencontre au cours de laquelle Madame Gillis a exposé la position anti- bilinguisme de son groupe qui comptait à l’époque quelques 6 000 adhérents. Gillis s’indignait que sa boîte de Corn Flakes lui parlait dans les deux langues officielles(!), ce qui, selon elle, représentait une dépense trop coûteuse. Elle estimait que les deniers publics devraient plutôt être investis pour subventionner les taux d’électricité. Elle déplorait également le fait que des unilingues anglophones soient désavantagés dans leur recherche d’emploi à Greenwood où certains commerçants préféraient embaucher des employés bilingues capables de servir les soldats francophones qui résidaient sur la base militaire.
Page 15 – annonce de Yarmouth Twin Cinemas (le 28 juin 1979).

     En 1979, la compagnie Kellogg n’était pas la seule à contribuer à cette visibilité accrue du français dans la sphère publique dont s’inquiétait Madame Gillis qui estimait que cette langue minoritaire devrait être réservée à la sphère privée. En effet, même le Yarmouth Twin Cinemas, qui avait pignon sur rue dans la plaza
K-mart, annonçait l’horaire de ses projections en français dans les pages du Courrier. Ainsi, les francophones comprenaient que le dernier film de Mel Brooks, Blazing Saddles, était réservé aux 18 ans et plus et que les jeunes devaient attendre d’avoir 16 ans s’ils entendaient voir Love at first Bite, une comédie dans laquelle le célèbre comte Dracula est forcé de déménager ses pénates à New York pour retrouver l’âme sœur.

     Ce qui inquiète, ce n’est pas tellement la présence d’opinions pareilles en 1979, à peine dix ans après l’entrée en vigueur de la Loi canadienne sur les langues officielles, c’est plutôt leur persistance et, plus récemment, leur recrudescence. Devant la montée récente de l’antibilinguisme en Ontario et au Nouveau-Brunswick, le sociologue Marc Johnson avait choisi de dépoussiérer une étude qu’il avait menée en 1985 sur la teneur des discours antibilinguisme qui circulaient dans les quotidiens anglophones du Nouveau-Brunswick dans la foulée du rapport Bastarache. Il en dégageait les mêmes grands thèmes soulevés dans le discours de Madame Gillis. Ce sont ces mêmes trois ou quatre thèmes qui figurent aujourd’hui au cœur des justifications des groupes tels que Canadians for language fairness, véritable fer de lance des politiques antibilinguisme. Comme quoi, l’argument anti-bilingue n’a guère évolué en 50 ans.

     Si en lisant les propos de Gillis, on a l’impression de lire la plateforme électorale de Blaine Higgs ou de Doug Ford, que dire du véritable sujet sur lequel portait la rencontre, à savoir l’assimilation des Acadiens? Dans son éditorial, Cyrille LeBlanc met justement cette question à l’avant-plan, faisant ainsi écho aux dires plutôt pessimistes de Ritchie Hubbard et du père Léger Comeau. Le premier parle de son expérience de francophone qui a refusé très tôt de parler sa langue puisqu’elle l’exposait au dénigrement social. Le second s’inquiète du sort des Acadiens francophones en les comparant à un ours polaire en Floride... Image d’autant plus inquiétante aujourd’hui que l’on connaît le sort des ours polaires dans leur habitat naturel! À voir la distance qui sépare ces derniers des propos de Gillis, LeBlanc on en arrive à affirmer que les craintes qui sont ancrées dans les esprits francophones et anglophones, semblent avoir creusé un fossé tel que les deux groupes, plus que jamais, forment « véritablement deux solitudes séparées »... Face à un tel pessimisme, LeBlanc se rallie plutôt au propos de John Godfrey, recteur de Kings (et seul participant qui prend la parole entièrement en français), qui souligne qu’il vaudrait mieux pour les anglophones de s’inquiéter de l’influence des États-Unis sur leur langue et leur culture, et reconnaître que le bilinguisme permet une plus grande ouverture sur le monde. La véritable question, selon LeBlanc, est de savoir comment les deux communautés peuvent s’accepter mutuellement? Comment cohabiter dans un espace où chacun se sent menacé par la présence de l’autre?

     Quelque 40 ans plus tard, où en sommes-nous? En se promenant en Clare, on se dit que la mobilisation des Acadiens et leur volonté de promouvoir la culture francophone, à travers des événements comme le Festin de musique à la Baie (annoncé dans les pages du journal), auront permis à l’ours polaire de conserver une certaine fraîcheur... mais pour combien de temps? L ’angoisse reste la même... elle ne nous quitte jamais réellement... pas en contexte minoritaire. Et, s’il faut en croire l’actualité récente, l’angoisse ne disparaît pas plus en contexte majoritaire... 50 ans après la Loi sur les langues officielles, n’avons-nous fait que tourner en rond? Par exemple, si nous reprenions l’idée de cette rencontre aujourd’hui, serait-il possible de la faire en français? Serions-nousencoreconfrontésà deux solitudes qui n’en finissent plus de se réconcilier? Comment ne pas être cynique?

     Il y a quelques jours, la ministre Mélanie Joly était de passage à l’Université Sainte-Anne pour annoncer le financement d’importants travaux d’infrastructures. Par la même occasion, elle rappelait l’engagement de son gouvernement de moderniser la Loi sur les langues officielles, de mieux encadrer les communautés minoritaires de langues officielles, comme la nôtre, dont l’existence est importante pour le pays. En 1979, on se réunissait pour parler de l’assimilation des Acadiens. En 2019, on modernise la loi pour éviter cette assimilation. Voilà qui devrait soulager pour quelque temps notre angoisse linguistique... mais, en y repensant, elle avouait aussi que c’était la première fois qu’elle venait dans la région de la Baie Sainte-Marie... que c’était la première fois qu’elle venait elle-même prendre le pouls de cette petite communauté francophone, aussi importante soit-elle sur l’échelle minoritaire. Aujourd’hui, si on nous posait la question : comment se porte votre communauté acadienne? Nous pourrions sans aucun doute répondre comme l’auteur franco-ontarien Daniel Poliquin l’a fait une fois au sujet de sa communauté : la dernière fois que nous avons pris son pouls, le cœur battait encore...

Veuillez consulter

Jimmy Thibeault, (CRÉAF) et Chantal White, Département d’études françaises, Université Sainte-Anne (avec la collaboration de Ramona Blinn).

ONTARIO : Le télétravail dans la fonction publique fédérale est là pour de bon. Il aura fallu une pandémie mondiale pour provoquer ce que de nombreux employés réclamaient depuis une décennie. Enfin, diront plusieurs, il est possible de travailler à la maison et d’éviter les interminables bouchons de circulation sur les autoroutes de la capitale du Canada.

 NOUVEAU-BRUNSWICK : À la suite de l’annonce du rapport de la Finale de Quispamsis et de Saint-Jean vers 2021, le Conseil d’administration de la Société des Jeux de l’Acadie (SJA) s’est longuement penché sur les répercussions, surtout dû au fait Statu quo pour les catégories d’âge pour la Finale de 2021 que certaines régions avaient déjà conclu leurs sélections de participants dans de différentes disciplines.

SYDNEY : Le 28 novembre, une soirée billard a été organisée chez Dooly’s, une excellente occasion de passer un bon moment avec des amis dans une ambiance conviviale et non compétitive. Novices comme joueurs confirmés, nul n’a pu résister à se livrer à une bonne partie de billard.

ÎLE-MORRIS : Une nouvelle chronique prend naissance aujourd’hui : Chronique de la cigogne!. Le mythe de cet oiseau migrateur a une origine très ancienne. Dans cer tains contes folkloriques, les cigognes trouvaient les bébés dans des grottes ou dans les marais et elles les apportaient aux parents dans un panier, en les portant sur leur dos ou en les tenant dans leur bec. Au cours des siècles, le caractère durable de ce mythe du nouveau-né est possiblement lié au fait qu’il fournit un prétexte pour éviter de parler de sexe et d’expliquer la procréation aux enfants.

SYDNEY : Le 14 novembre, une soirée de quilles a été organisée à Member tou, que je qualifie d’ailleurs d’activité positive, un agréable passe-temps qui engendre des bienfaits physiques et psychologiques. C’est aussi une occasion de faire des rencontres et où chacun y trouve son plaisir.

L’île du Nègre? Drôle de nom pouruneîle.Surtoutlorsquel’on sait qu’une étrange comptine, au premier abord enfantin, mais bien morbide pour qui y regarde deux fois, rôde autour du mystère de ce lieu inconnu de la Grande-Bretagne. Pourtant, lorsque dix inconnus invités sous des motifs douteux se retrouvent à séjourner sur ladite île, personne n’aurait pu prévoir le carnage qui suivit. Dix petits nègres, œuvre d’Agatha Christie, est un roman policier publié en 1939 qui retrace le séjour d’un groupe de présumés coupables, de par l’impunité de leur crime, au cœur d’une île coupée du reste du monde et soumise au châtiment d’un sombre individu à l’identité aussi indéchiffrable que le mode opératoire de ses meurtres.

Soyons un peu scolaires! Car il arrive parfois que nous y soyons obligés... vous savez... lorsque nous sommes à l’Université... Qui se souvient de cette période que l’histoire a retenue comme étant la Renaissance acadienne? On parle ici d’une période d’effervescence intellectuelle qui prend forme dans la seconde moitié du XIXe siècle, plus précisément dans la foulée de la fondation du Collège Saint-Joseph de Memramcook en 1864 – lieu de formation d’une génération de jeunes Acadiens qui se donnent comme mission de faire sortir l’Acadie de l’oubli historique dans laquelle elle était tombée depuis la Déportation de 1755. En 1881, ils étaient les instigateurs de la première Convention nationale qui allait donner à la Renaissance acadienne son coup d’envoi...

Lors d’une soirée aux allures des plus banales dans la petite ville de Concarneau, le pire survient : une tentative de meurtre sur la personne de M. Mostaguen. Simple coup du sort ou crime prémédité? On ne saurait le dire. Toutefois, ce n’est que le début d’une suite d’évènements morbides où le principal point commun reste encore la présence inexplicable de cet étrange chien jaune dont l’ombre persiste à rôder sur les lieux du crime. Le chien jaune, de Georges Simenon, est un roman policier publié en 1931, qui retrace l’enquête du charismatique, mais non moins énigmatique, commissaire Maigret, au cœur d’une affaire où les notions de victimes et de coupables relèvent bien plus de la complexité que du simple cadre de nos idées préconçues sur la morale et la justice.

SYDNEY : Lors de l’assemblée générale annuelle de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE) qui a eu lieu les 18, 19 et 20 octobre à Dartmouth, les membres ont été invités à échanger sur des pistes de réflexion positives et d’action concrètes autour de la sécurité linguistique. Je me réjouis d’ailleurs de l’engagement des jeunes dans leurs communautés respectives. Tout ce beau monde participe activement au renforcement de la sécurité linguistique.

Lorsque j’ai vu la couverture du livre pour la première fois, quelque chose a attiré mon attention : le nom de l’auteur. Le nom de l’écrivain attire l’attention sans contredit. Non seulement il apparait en très gros caractères, qu’il est pratiquement impossible de manquer, il apporte également un exotisme à la une du livre. À partir de l’instant où j’ai lu le nom de Moussa Konaté, j’ai tout de suite eu un pressentiment qu’il ne s’agirait pas d’un roman policier traditionnel, comme on a l’habitude d’en lire ici en Occident. Heureusement pour moi, je n’ai pas été déçue. En prime, j’ai été transportée dans un univers où il fait beaucoup plus chaud et où les coutumes sont très différentes des miennes.

Ce mois-ci, des centaines de particuliers et représentants des diverses associations régionales convergeront à l’Hotel Delta sur l’avenue Brownlow à Dartmouth pour assister à la 51e Assemblée générale annuelle de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE).

On avait pourtant la solution de l’énigme. C’était sous nos yeux. C’était une lapalissade. La meilleure des cachettes est généralement la plus évidente. La première de couverture de la nouvelle Double Assassinat dans la Rue Morgue, écrite par Edgar Allan Poe, publiée aux éditions Le Livre de Poche, nous paraît d’une simplicité désarmante.

SYDNEY : J’espère que vos vacances estivales se sont bien passées, que vous avez partagé de bons moments avec vos proches et amis, que vous avez accueilli chaque journée avec plein d’entrain et d’optimisme que vous avez fait le plein en énergies positives pour voir le retour au travail sous son meilleur jour!

POINTE-de-l’ÉGLISE : Si pour la plupart d’entre nous, ces deux premières semaines de septembre ont été marquées par la fébrilité de la rentrée, en 1940, le retour en classe, bien que présent, semblait éclipsé par la Deuxième Guerre mondiale qui durait déjà depuis un an en Europe. Dans son éditorial du 5 septembre 1940, Désiré d’Éon rappelle que c’était le 3 septembre 1939 que Neville Chamberlain « un vieillard qui avait fait tout ce qu’il avait pu pour éviter la guerre se levait devant les représentants de son pays » pour déclarer l’entrée de la Grande-Bretagne dans ce conflit qui avait depuis produit « tant de changements dans l’Europe et dans le monde ».

La Déportation des Acadiens a sans aucun doute marqué un tournant de l’histoire du peuple acadien. Confusion et horreur étaient les maîtres mots de cette période durant laquelle des fermes ont été incendiées et des familles séparées pour toujours.

COMEAUVILLE : Dès l’année 1881, la journée du 15 août fut choisie comme la fête nationale des Acadiens. Cette journée ne passe pas inaperçue au Festival acadien de Clare. On a une pleine journée d’activités exceptionnelles qui se déroulent pour tout le monde.

POINTE-de-L’ÉGLISE : Comment peut-on définir la question de l’adaptation et de l’intégration des nouveaux arrivants dans leur société d’accueil? Quelles que soient les motivations qui poussent ces personnes à quitter leur pays, la question demeure légitime, car c’est la pierre angulaire pour la réussite à devenir citoyen à part entière dans une communauté donnée. Dans cette troisième chronique Portrait d’immigrants en Clare , nous allons à la rencontre de Vicente Huanquilen Reyes qui nous présente sa vision sur l’adaptation et l’intégration dans sa nouvelle communauté.