Photo inusitée de la Deuxième Guerre mondiale montrant des jeunes femmes membres du corps auxiliaire de l’aviation royale s’entraînant.
Photo inusitée de la Deuxième Guerre mondiale montrant des jeunes femmes membres du corps auxiliaire de l’aviation royale s’entraînant.

De l’incertitude après un an de guerre

POINTE-de-l’ÉGLISE : Si pour la plupart d’entre nous, ces deux premières semaines de septembre ont été marquées par la fébrilité de la rentrée, en 1940, le retour en classe, bien que présent, semblait éclipsé par la Deuxième Guerre mondiale qui durait déjà depuis un an en Europe. Dans son éditorial du 5 septembre 1940, Désiré d’Éon rappelle que c’était le 3 septembre 1939 que Neville Chamberlain « un vieillard qui avait fait tout ce qu’il avait pu pour éviter la guerre se levait devant les représentants de son pays » pour déclarer l’entrée de la Grande-Bretagne dans ce conflit qui avait depuis produit « tant de changements dans l’Europe et dans le monde ».

     Un an après cette déclaration de guerre de Chamberlain, la situation paraît plutôt sombre aux yeux du chroniqueur. Non seulement Chamberlain lui-même n’est plus au pouvoir, remplacé par Winston Churchill, mais la Pologne, la Norvège, la Hollande, la Belgique et la France sont tombées face à un agresseur qui impose une nouvelle manière de faire la guerre : la vitesse et la peur. Le plus terrible est cependant que l’Angleterre se trouve désormais seule contre l’ennemi alors qu’elle se voit « abandonnée par un allié presque séculaire ». (Les États-Unis n’entreront dans le conflit que l’année suivante, à la suite de l’attaque japonaise sur Pearl Harbor). Alors que la Russie, l’Italie et le Japon se sont jetés dans la mêlée, force est d’admettre, remarque le chroniqueur, que « tout l’Ancien Monde est devenu un théâtre de feu et de bouleversements ».

     Malgré l’incertitude, malgré l’isolement de l’Angleterre, les lecteurs et les lectrices du Petit Courrier peuvent garder espoir en ce 5 septembre 1940 : Hitler s’est montré sous son vrai jour et ses tactiques sont maintenant connues. L’Angleterre, qui jouit de l’appui du Canada, ne s’en trouve que plus forte puisque si l’Empire britannique n’a jamais été aussi menacé, jamais n’a-t-il été à ce point résolu à survivre! Peut-être fallait-il alors rappeler la filiation du Canada à la Grande-Bretagne pour convaincre les lecteurs du Courrier du bien-fondé de notre participation à l’effort de guerre, mais la résistance de l’Angleterre contre tout un continent apparaissait alors aux yeux de d’Éon dans tout ce qu’elle avait d’émouvante. Après tout, explique le chroniqueur, les colonies françaises d’Afrique, « inspirées par le grand Churchill », ne s’étaient-elles pas rangées du côté britannique?

     À feuilleter les nouvelles locales de cette édition du 5 septembre 1940, par contre, la vie semblait suivre son cours dans le Sud-Ouest de la Nouvelle-Écosse, bien loin du front de la guerre. À Lower Saulnierville, Madame Issie Saulnier recevait la visite de Monsieur Sylvester Deveau, venu d’East Boston en motocyclette, tandis que Messieurs Charlie et Alphée Comeau, employés à Halifax, profitaient du congé de la fête du Travail pour quitter la ville et venir se reposer quelque temps chez eux. Cependant, non loin de là, dans le même village, Monsieur Adelbart Aymar, soldat dans le Dental Corps Association, s’apprêtait à regagner son régiment à Halifax après une visite chez son père. En page 6 du journal, une publicité en anglais montrant des avions de guerre éclairés par des faisceaux lumineux dans un ciel couvert d’une épaisse fumée noire, invitait les Canadiens à acheter des Obligations de la Victoire pour financer l’effort de guerre. Rappelant le bruit des bottes foulant le sol ennemi, une vignette au bas de la publicité martelait Buy Bonds to Beat Barbarism. À la page suivante du Courrier, accompagnant les nouvelles locales des Concessions et de la Saumone et la chronique nécrologique, une photo nous fait voir l’entraînement de « soldates » du corps auxiliaire de l’Aviation royale, en Angleterre.

Buy Bonds to Beat Barbarism : c’est ce qu’on pouvait lire au bas de cette publicité pour les obligations de la victoire parue en anglais en page 6 du Courrier du 5 septembre 1940.

     79 ans plus tard, tout cela nous semble si loin pour nous qui n’étions pas nés et pour qui la mémoire de la guerre en est une qui est racontée dans les cours d’histoire, dans les livres, au cinéma. Pourtant, en 1940, la guerre était bien réelle, et le chroniqueur comprenait l’importance qu’elle devait avoir sur l’histoire du monde. Combien de temps allait-elle encore durer? Combien de temps l’Angleterre pourrait-elle encore résister face à l’insistance d’Hitler? La réponse à ces questions reste incertaine, sauf sur un point : « Mais une chose que nous pouvons déjà bien comprendre c’est quel qu’en soit le résultat, [la guerre] aura des répercussions sur l’histoire géographique et politique du monde pour des années à venir et si on parlera encore de ‘démocratie’ ce sera certainement sous une forme bien modifiée. » Cette conscience du chroniqueur face à l’angoisse d’une fin possible de la démocratie, du monde tel qu’on le connaît, si elle nous apparaît lointaine, n’est pas sans nous rappeler nos propres angoisses face à un monde qui se radicalise dans un populisme qui refuse de reconnaître nos parts d’ombre, qui craint la différence culturelle et qui nie le gouffre climatique qui nous aspire lentement vers un drame plus sournois que les attaques réinventées d’Hitler.

    Jimmy Thibeault, (CRÉAF) et Chantal White, Département d’études françaises, Université Sainte-Anne (avec la collaboration de Ramona Blinn).

ONTARIO : Le télétravail dans la fonction publique fédérale est là pour de bon. Il aura fallu une pandémie mondiale pour provoquer ce que de nombreux employés réclamaient depuis une décennie. Enfin, diront plusieurs, il est possible de travailler à la maison et d’éviter les interminables bouchons de circulation sur les autoroutes de la capitale du Canada.

 NOUVEAU-BRUNSWICK : À la suite de l’annonce du rapport de la Finale de Quispamsis et de Saint-Jean vers 2021, le Conseil d’administration de la Société des Jeux de l’Acadie (SJA) s’est longuement penché sur les répercussions, surtout dû au fait Statu quo pour les catégories d’âge pour la Finale de 2021 que certaines régions avaient déjà conclu leurs sélections de participants dans de différentes disciplines.

SYDNEY : Le 28 novembre, une soirée billard a été organisée chez Dooly’s, une excellente occasion de passer un bon moment avec des amis dans une ambiance conviviale et non compétitive. Novices comme joueurs confirmés, nul n’a pu résister à se livrer à une bonne partie de billard.

ÎLE-MORRIS : Une nouvelle chronique prend naissance aujourd’hui : Chronique de la cigogne!. Le mythe de cet oiseau migrateur a une origine très ancienne. Dans cer tains contes folkloriques, les cigognes trouvaient les bébés dans des grottes ou dans les marais et elles les apportaient aux parents dans un panier, en les portant sur leur dos ou en les tenant dans leur bec. Au cours des siècles, le caractère durable de ce mythe du nouveau-né est possiblement lié au fait qu’il fournit un prétexte pour éviter de parler de sexe et d’expliquer la procréation aux enfants.

SYDNEY : Le 14 novembre, une soirée de quilles a été organisée à Member tou, que je qualifie d’ailleurs d’activité positive, un agréable passe-temps qui engendre des bienfaits physiques et psychologiques. C’est aussi une occasion de faire des rencontres et où chacun y trouve son plaisir.

L’île du Nègre? Drôle de nom pouruneîle.Surtoutlorsquel’on sait qu’une étrange comptine, au premier abord enfantin, mais bien morbide pour qui y regarde deux fois, rôde autour du mystère de ce lieu inconnu de la Grande-Bretagne. Pourtant, lorsque dix inconnus invités sous des motifs douteux se retrouvent à séjourner sur ladite île, personne n’aurait pu prévoir le carnage qui suivit. Dix petits nègres, œuvre d’Agatha Christie, est un roman policier publié en 1939 qui retrace le séjour d’un groupe de présumés coupables, de par l’impunité de leur crime, au cœur d’une île coupée du reste du monde et soumise au châtiment d’un sombre individu à l’identité aussi indéchiffrable que le mode opératoire de ses meurtres.

Soyons un peu scolaires! Car il arrive parfois que nous y soyons obligés... vous savez... lorsque nous sommes à l’Université... Qui se souvient de cette période que l’histoire a retenue comme étant la Renaissance acadienne? On parle ici d’une période d’effervescence intellectuelle qui prend forme dans la seconde moitié du XIXe siècle, plus précisément dans la foulée de la fondation du Collège Saint-Joseph de Memramcook en 1864 – lieu de formation d’une génération de jeunes Acadiens qui se donnent comme mission de faire sortir l’Acadie de l’oubli historique dans laquelle elle était tombée depuis la Déportation de 1755. En 1881, ils étaient les instigateurs de la première Convention nationale qui allait donner à la Renaissance acadienne son coup d’envoi...

Lors d’une soirée aux allures des plus banales dans la petite ville de Concarneau, le pire survient : une tentative de meurtre sur la personne de M. Mostaguen. Simple coup du sort ou crime prémédité? On ne saurait le dire. Toutefois, ce n’est que le début d’une suite d’évènements morbides où le principal point commun reste encore la présence inexplicable de cet étrange chien jaune dont l’ombre persiste à rôder sur les lieux du crime. Le chien jaune, de Georges Simenon, est un roman policier publié en 1931, qui retrace l’enquête du charismatique, mais non moins énigmatique, commissaire Maigret, au cœur d’une affaire où les notions de victimes et de coupables relèvent bien plus de la complexité que du simple cadre de nos idées préconçues sur la morale et la justice.

SYDNEY : Lors de l’assemblée générale annuelle de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE) qui a eu lieu les 18, 19 et 20 octobre à Dartmouth, les membres ont été invités à échanger sur des pistes de réflexion positives et d’action concrètes autour de la sécurité linguistique. Je me réjouis d’ailleurs de l’engagement des jeunes dans leurs communautés respectives. Tout ce beau monde participe activement au renforcement de la sécurité linguistique.

Lorsque j’ai vu la couverture du livre pour la première fois, quelque chose a attiré mon attention : le nom de l’auteur. Le nom de l’écrivain attire l’attention sans contredit. Non seulement il apparait en très gros caractères, qu’il est pratiquement impossible de manquer, il apporte également un exotisme à la une du livre. À partir de l’instant où j’ai lu le nom de Moussa Konaté, j’ai tout de suite eu un pressentiment qu’il ne s’agirait pas d’un roman policier traditionnel, comme on a l’habitude d’en lire ici en Occident. Heureusement pour moi, je n’ai pas été déçue. En prime, j’ai été transportée dans un univers où il fait beaucoup plus chaud et où les coutumes sont très différentes des miennes.

Ce mois-ci, des centaines de particuliers et représentants des diverses associations régionales convergeront à l’Hotel Delta sur l’avenue Brownlow à Dartmouth pour assister à la 51e Assemblée générale annuelle de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE).

On avait pourtant la solution de l’énigme. C’était sous nos yeux. C’était une lapalissade. La meilleure des cachettes est généralement la plus évidente. La première de couverture de la nouvelle Double Assassinat dans la Rue Morgue, écrite par Edgar Allan Poe, publiée aux éditions Le Livre de Poche, nous paraît d’une simplicité désarmante.

SYDNEY : J’espère que vos vacances estivales se sont bien passées, que vous avez partagé de bons moments avec vos proches et amis, que vous avez accueilli chaque journée avec plein d’entrain et d’optimisme que vous avez fait le plein en énergies positives pour voir le retour au travail sous son meilleur jour!

La Déportation des Acadiens a sans aucun doute marqué un tournant de l’histoire du peuple acadien. Confusion et horreur étaient les maîtres mots de cette période durant laquelle des fermes ont été incendiées et des familles séparées pour toujours.

COMEAUVILLE : Dès l’année 1881, la journée du 15 août fut choisie comme la fête nationale des Acadiens. Cette journée ne passe pas inaperçue au Festival acadien de Clare. On a une pleine journée d’activités exceptionnelles qui se déroulent pour tout le monde.

POINTE-de-L’ÉGLISE : Le 20 juin 1979 étaient réunis à Yarmouth un groupe de quelque 80 anglophones et francophones pour discuter du problème de l’assimilation des Acadiens. Parmi les participants invités à cette rencontre organisée par le Conseil des Chrétiens et des Juifs, en collaboration avec l’Université Sainte-Anne, figurait la présidente de l’Alliance pour la préservation de l’anglais, Madame Mary Gillis. L’édition du jeudi 28 juin 1979 du Courrier de la Nouvelle-Écosse rapporte « du tonnerre sans éloizes » à cette rencontre au cours de laquelle Madame Gillis a exposé la position anti- bilinguisme de son groupe qui comptait à l’époque quelques 6 000 adhérents. Gillis s’indignait que sa boîte de Corn Flakes lui parlait dans les deux langues officielles(!), ce qui, selon elle, représentait une dépense trop coûteuse. Elle estimait que les deniers publics devraient plutôt être investis pour subventionner les taux d’électricité. Elle déplorait également le fait que des unilingues anglophones soient désavantagés dans leur recherche d’emploi à Greenwood où certains commerçants préféraient embaucher des employés bilingues capables de servir les soldats francophones qui résidaient sur la base militaire.

POINTE-de-L’ÉGLISE : Comment peut-on définir la question de l’adaptation et de l’intégration des nouveaux arrivants dans leur société d’accueil? Quelles que soient les motivations qui poussent ces personnes à quitter leur pays, la question demeure légitime, car c’est la pierre angulaire pour la réussite à devenir citoyen à part entière dans une communauté donnée. Dans cette troisième chronique Portrait d’immigrants en Clare , nous allons à la rencontre de Vicente Huanquilen Reyes qui nous présente sa vision sur l’adaptation et l’intégration dans sa nouvelle communauté.