Le campus de l’Université Blida 2 – Lounici Ali se situe à l’extérieur de la ville de Blida, dans la commune d’El Affroun. À l’horizon se profile le massif montagneux de l’Atlas blidéen.
Le campus de l’Université Blida 2 – Lounici Ali se situe à l’extérieur de la ville de Blida, dans la commune d’El Affroun. À l’horizon se profile le massif montagneux de l’Atlas blidéen.

Une lettre d’Algérie

Chère Acadie, À l’heure où j’écris ces lignes, la molle clarté du jour se meurt doucement sur la Méditerranée. Vue de mon balcon, la ville d’Alger, dite « la Blanche » en raison de la couleur de ses façades, s’étale dans toute sa splendeur, des hauteurs de Zeghara, par-delà le centreville et le quartier historique de la Casbah, jusqu’à l’étincelante autoroute qui longe le bord de mer avant de frôler la toute nouvelle Djamaâ El-Djazaïr, la troisième plus grande mosquée du monde après celles de la Mecque et de Médine.

     Dans quelques heures se terminera mon premier voyage sur le continent africain et mon premier séjour dans un pays musulman. Je m’en souhaite beaucoup d’autres.

     Méconnue et parfois mal perçue, l’Algérie cherche sa place au soleil. Après avoir arraché à la France son indépendance gagnée de haute lutte entre 1954 et 1962, mettant ainsi fin à une colonisation brutale de 130 ans, et après avoir traversé des périodes difficiles comme la guerre civile opposant le gouvernement à des extrémistes religieux dans les années 1990, elle est de nos jours riche d’une jeunesse assoiffée d’avenir. Si ce pays a su cultiver certains avantages, notamment au niveau du développement humain, qui est le plus élevé d’Afrique, l’Algérie du 21e siècle n’en connaît pas moins des défis considérables, qu’elle résoudra, espérons-le, plus tôt que tard.

L’Algérie (en noir) est le plus grand pays d’Afrique, en superficie, et le plus peuplé du Maghreb, région dont le nom signifie
« le Couchant » en arabe.

     C’est grâce à un colloque scientifique que j’ai pu passer quelques jours en Algérie, en commençant par la région de Blida, à une quarantaine de kilomètres d’ici. Du mardi 19 au mercredi 20 novembre s’est déroulé le symposium international

     Le Moi et l’Autre, de la tolérance à la rencontre, organisé par le Département d’italien de l’Université Blida 2 – Lounici Ali, avec la collaboration d’une équipe de recherche de l’Université de Bologne, en Italie. La thématique des rapports interculturels était à l’honneur.

     Pour ce qui est de l’accueil, la légendaire hospitalité algérienne s’est montrée bien à la hauteur de sa réputation. L ’ambiance conviviale a favorisé des échanges sur des sujets comme les stéréotypes sur « l’Autre », les représentations littéraires de l’étranger et l’intégration du contexte culturel dans l’enseignement des langues. La porte a été ouverte, j’ose croire, pour envisager des partenariats entre ma Chaire de recherche et des chercheurs d’ici.

     D’ailleurs, puisque je viens de coprésider un colloque à l’Université Sainte-Anne, je sais que c’est du boulot. Chapeau bas, donc, aux deux coresponsables, la professeure Djaouida Abbas, également doyenne de la Faculté des lettres et des langues, et Aicha Chekalil, sa collègue au Département d’italien.

     Il faut dire que ça bouge dans leur établissement! Les projets de rénovation et de construction se succèdent sur ce campus, qui réunit quatre facultés depuis 2013, et la population étudiante est en pleine croissance – environ 35 000, me dit-on. Côté recherche, les manifestations scientifiques abondent.

     Après les adieux à Blida, je me suis fixé à Alger, la capitale, où j’avais réservé une chambre dans un célèbre hôtel, l’El Djazaïr (anciennement le St-George). C’est de là que je t’écris. Juste au-dessous de mon étage se trouve la suite où le général américain et futur président Dwight D. Eisenhower avait établi son quartier général en 1942-1943, pendant la Seconde Guerre mondiale, en tant que commandant en chef des armées alliées en Afrique du Nord. Un beau morceau d’histoire!

     Le but de cette étape du séjour : enrichir l’offre de mes cours sur la francophonie. (Note linguistique : la République algérienne démocratique et populaire a pour langues officielles l’arabe et le tamazight, la langue autochtone. Le français y est solidement implanté même si c’est une langue seconde et toujours associée à la colonisation.) J’enseigne régulièrement un film classique, La Bataille d’Alger (1966), docufiction mettant en scène l’une des phases les plus sanglantes de la guerre d’indépendance.

     Il m’avait donc semblé avantageux de profiter du voyage jusqu’ici pour me plonger dans cet environnement urbain. Ce que j’ai pu faire à la faveur de promenades et de visites guidées. Ces sorties m’ont amené au cœur de la Casbah, grâce au très serviable Amar Menour, et, surprise inattendue due à une rencontre fortuite pendant le colloque, tout en haut du minaret de la Grande Mosquée. Celui-ci fait 39 étages.

     Alger est une ville très agréable pour qui aime les grandes villes, autant par sa physionomie que par ses gens, sympathiques et prompts à engager la conversation avec les étrangers.

     Or, il y a un mot qui court sur toutes les lèvres : le Hirak – c’est-à-dire : le Mouvement. Depuis la mi-février, une lame de fond de contestation populaire déferle sur l’Algérie. Tous les vendredis, d’importantes manifestations sont organisées un peu partout, dans l’espoir de provoquer une transition politique et une transformation profonde d’un système que les gens jugent vermoulu par la corruption et insensible aux aspirations du commun des mortels.

     Jusque-là, le Hirak est resté entièrement pacifique. Des élections auront lieu le 12 décembre. Je croise les doigts, par solidarité avec ces Algériennes et Algériens qui aiment si passionnément leur pays, pour que tout se passe bien.

     Tu as sans doute beaucoup de questions auxquelles je ne saurai répondre en l’espace d’une seule lettre.

     La question de la situation des femmes en est une qui revient souvent chez nous en pensant aux sociétés musulmanes. Le port du hijab et d’autres types de voiles islamiques suscite questionnements et condamnations. Mes brèves observations auront donné ce constat : il y a une grande diversité tant dans les attitudes que dans les pratiques. Il m’arrive souvent de voir marcher et causer ensemble deux femmes – amies, sœurs ou collègues... que sais-je? – l’une portant le hijab, l’autre la tête découverte. C’est à l’image de la société algérienne, je crois.

     L’Algérie peut nous apprendre beaucoup si nous nous mettons à son écoute, en suspendant nos préjugés et présupposés.

     La nuit règne maintenant sur le Maghreb. Il est l’heure de me coucher, car le départ pour l’aéroport viendra tôt demain matin.

     À bientôt, chère Acadie.

Devant le siège social de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à Genève (Suisse), se dresse un monument aussi touchant que saisissant. Trois adultes entourent une jeune fille qui s’apprête à recevoir un vaccin, pratiqué par un agent de santé qui tient dans sa main une aiguille bifurquée. Mis au point au début des années 1960, cet instrument s’était avéré d’une efficacité inespérée dans la réalisation de l’une des grandes réussites de la santé publique au 20e siècle. Il s’agit de l’élimination totale de la variole, proclamée en 1980 et célébrée pour la postérité par cet ensemble statuaire qui fut inauguré en 2010.

C’est d’une ironie qui frise l’absurde : alors que la pandémie de la COVID-19 s’aggrave aux États-Unis du fait d’une gestion erratique, le président Trump souhaite retirer son pays de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qu’il accuse de complicité avec la Chine en cachant l’origine véritable du virus. Une lettre envoyée le 6 juillet dernier signifiait cette intention au directeur de l’OMS, l’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus. Si Trump n’est pas défait en novembre par son rival démocrate, l’ancien vice-président Joe Biden, la décision prendra effet l’été prochain.

L’orage d’une controverse gronde à Lafayette, en Louisiane. Certains croient entendre l’heureux présage d’une pluie qui lavera les péchés collectifs du passé, tandis que d’autres craignent la fureur d’un ouragan susceptible de tout emporter sur son passage, le bon avec le mauvais. L’œil de la tempête, c’est une statue au centre-ville, un monument en souvenir du général Jean-Jacques Alfred Alexandre Mouton (1829-64), mort pour la cause de l’esclavage pendant la guerre de Sécession (1861-65)

Encore une fois, une annonce de l’administration Trump aura contrarié la communauté internationale. Si, en elle-même, la chose ne surprend plus, cette décision-ci tombait on ne peut plus mal. Au beau milieu des efforts pour maîtriser la pandémie de COVID-19, la Maison-Blanche a déclaré, le 14 avril dernier, son intention de suspendre le financement américain à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le dimanche 22 mars dernier, neuf avions Iliouchine des Forces aérospatiales russes ont atterri à l’aéroport militaire de Pratica di Mare, en Italie. En plus d’une équipe de médecins et de virologues, leur cargaison se composait de 600 ventilateurs et d’une grande quantité de masques de protection respiratoire. Les caisses de transport étaient ornées d’un message de solidarité : « De Russie, avec amour ».

Auriez-vous peur de suivre un cours universitaire sur les zombis? Depuis quelques années, ce phénomène de la culture populaire est devenu un sujet de recherche scientifique, après tout. Pas difficile d’imaginer que de futurs enseignants, médecins ou cadres d’entreprise voudraient s’accorder un répit entre leurs leçons de chimie et projets de gestion en explorant le sens profond d’un certain nombre de films, romans et bandes dessinées qui les intéresseraient de toute manière.

C’était en avril 2007, plus d’un an avant l’élection présidentielle qui allait propulser Barack Obama à la Maison-Blanche. Son futur adversaire, feu John McCain, ancien prisonnier de guerre au Viêt Nam et sénateur républicain de l’Arizona depuis 1987, s’est fait poser une question dans une assemblée publique sur la stratégie qu’il envisagerait face à l’Iran, soupçonné de développer des armes nucléaires.

Vert, jaune, rouge : la façade du palais de justice de Nashville, immense et ornée d’imposantes colonnes grecques, brillait de ces trois couleurs du drapeau du peuple kurde, le soir du mardi 15 octobre dernier. Le pont commémoratif des anciens combattants de la Guerre de Corée, aussi.

« Ils n’ont pas vaincu l’État islamique pour les Kurdes seulement, ils ont vaincu l’ÉI pour le monde entier. [...] Les États-Unis, après avoir promis leur protection, ne font que se retirer pour nous jeter aux loups, que sont les Turcs. [Les Kurdes] ont mené votre guerre et maintenant vous les trahissez. »

L’univers des médias ne cesse de se transformer. Les mutations technologiques des dernières décennies ont révolutionné les plateformes de diffusion et, partant, nos habitudes en tant que citoyens et consommateurs. Autant la transition numérique ouvre de nouveaux horizons, notamment grâce aux réseaux socio numériques comme Facebook, autant elle présente des défis pour des organes de presse comme Le Courrier de la Nouvelle-Écosse.

Buvant à longs traits, le petit garçon vide la bouteille d’une boisson gazeuse, si rafraichissante sous la chaleur d’un splendide jour d’été au bord de la mer. Sa grande sœur lui rappelle d’aller déposer le contenant dans le réceptacle destiné à la collecte des matières recyclables. Il y court, fait disparaître la bouteille dans le trou marqué : « plastique », puis retourne à ses jeux.

« Pendant que les nations parlent, les villes agissent. » Cette formule de prédilection de Michael Bloomberg, richissime homme d’affaires et maire de la ville de New York pendant une douzaine d’années (2002-2013), exprime la conviction que les collectivités locales seraient peut-être plus aptes que les États à mener des efforts dans certains domaines traditionnellement réservés aux gouvernements nationaux.

La couverture de l’édition de mai 1980 de Santé du monde, magazine de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), proclamait un miracle : « La variole est morte! » Vaincue donc pour toujours, cette maladie infectieuse d’origine virale, et ce, grâce à une campagne internationale de vaccination lancée en 1959 à l’initiative de l’Union soviétique.