Le 4 novembre 1979 : des étudiants iraniens escaladent les murs de l’ambassade des États-Unis à Téhéran.
Le 4 novembre 1979 : des étudiants iraniens escaladent les murs de l’ambassade des États-Unis à Téhéran.

Pourquoi tant d’hostilité entre l’Iran et les États-Unis? (2e partie)

C’était en avril 2007, plus d’un an avant l’élection présidentielle qui allait propulser Barack Obama à la Maison-Blanche. Son futur adversaire, feu John McCain, ancien prisonnier de guerre au Viêt Nam et sénateur républicain de l’Arizona depuis 1987, s’est fait poser une question dans une assemblée publique sur la stratégie qu’il envisagerait face à l’Iran, soupçonné de développer des armes nucléaires.

     « Vous connaissez cette vieille chanson des Beach Boys, « Bomb Iran? », a-t-il demandé à la foule, avant d’entonner, sourire en coin : « Bomb, bomb, bomb... bomb, bomb Iran! » Suite à la médiatisation de sa malencontreuse boutade, McCain n’a ni désavoué, ni démordu.

     Petite note d’histoire musicale : il s’agissait d’une parodie d’une chanson que les Beach Boys ont bel et bien popularisée dans les années 1960, c’est-à-dire « Barbara Ann », enregistrée dans un premier temps par le groupe de doo-wop, The Regents. La version à laquelle McCain ferait allusion, et dont les paroles recommandent de « transformer l’Iran en stationnement » à coups de bombardements aériens, a été créée bien plus tard, pendant la Révolution iranienne de 1979.

     C’est ce contexte que nous allons revisiter ici afin de mieux comprendre la sempiternelle rancune qui continue d’envenimer les rapports entre l’Iran et les États-Unis. Signalons que les deux pays n’entretiennent pas de relations diplomatiques formelles depuis 1980, les intérêts iraniens étant représentés à Washington par le Pakistan et la Suisse jouant le rôle d’intermédiaire des États-Unis à Téhéran.

     Ma dernière chronique a mis en lumière le coup d’État monté en 1953 par les États-Unis et le Royaume-Unis contre le premier ministre Mohammad Mossadegh, chef d’un gouvernement dûment élu et parfaitement légitime.

     L’une des conséquences de cette ingérence a été de renforcer le pouvoir autoritaire du monarque Mohammad Reza Chah, deuxième souverain de la dynastie des Pahlavi. Fut créée, peu après, la SAVAK. Cette agence de renseignement intérieur fonctionnera comme une police politique et, pour beaucoup, comme un instrument de terreur pour étouffer toute dissidence.

     Une autre conséquence a été d’intensifier l’influence de plus en plus lourde des États-Unis, soucieux de conserver un allié anticommuniste pendant la guerre froide.

     L’Occident a gardé le souvenir des tentatives de modernisation et de réforme sociale entreprises par le chah, notamment en matière d’égalité des femmes. La population iranienne a été marquée plutôt par la répression impitoyable et la corruption endémique, vices auxquels se joignaient de graves iniquités socioéconomiques, au détriment des milieux modestes et défavorisés.

     Le mouvement de contestation contre le régime du chah aboutira à la Révolution iranienne de 1978-1979. Après avoir réuni plusieurs courants idéologiques, celle-ci sera dominée par le parti de Rouhallah Khomeini, un dissident exilé et un clerc doté du titre d’ayatollah, c’est-à-dire un expert de théologie et de jurisprudence religieuse dans l’islam chiite. C’est sous sa gouverne que l’Iran adoptera le régime théocratique qui passe pour extrémiste et, à sa manière, peu respectueux des droits humains – et surtout des femmes.

     Si un anti-américanisme palpable anime la ferveur révolutionnaire, ce sentiment atteint son paroxysme lorsque l’administration de Jimmy Carter autorise le chah déchu, qui venait de fuir l’Iran, à se rendre à Washington pour des traitements médiaux. Il s’ensuit une explosion de colère. Le 4 novembre 1979, des étudiants radicaux envahissent l’ambassade états-unienne à Téhéran. La détention de plus d’une cinquantaine d’otages bénéficie de l’appui ouvert de Khomeini, désormais « Guide de la Révolution », et du soutien d’une grande partie de la population.

     « Entre le souverain traqué et le peuple prosterné sur le trottoir, il y a une épaisseur de haine que les États-Unis, semble-t-il, ont complètement sous-estimée », écrivent à l’époque Josette Alia et Pierre Blanchet dans Le Nouvel Obser vateur. « Le petit peuple d’Iran a confondu dans la même haine le chah, “Satan” et son suppôt, l’Amérique, symbole d’un Occident aujourd’hui détesté, rejeté. Alors, le dimanche 4 novembre, l’irréparable se produit. »

     Les jeunes militants sont d’ailleurs convaincus que l’ambassade abrite des agents qui s’apprêtent à renverser le gouvernement révolutionnaire. « Le spectre de 1953 continuait de hanter l’Iran », affirme l’historien Ervand Abrahamian.

     L’occupation de l’ambassade américaine durera 444 jours, jusqu’au 20 janvier 1981, et provoquera l’une des plus grandes crises diplomatiques de notre temps. C’est un désastre pour le président Carter qui sera lessivé aux élections présidentielles de 1980 par le républicain Ronald Reagan.

     Depuis lors, les États-Unis d’Amérique, puissance mondiale jalouse de ses intérêts stratégiques au Moyen-Orient, et la République islamique d’Iran, aux ambitions hégémoniques à l’échelle régionale, se voient et se comportent comme des ennemis.

     Du côté iranien, cette hostilité se manifeste notoirement par le soutien à des groupes considérés comme terroristes par la communauté internationale, comme les milices du Hezbollah, parti chiite au Liban. Elle se manifeste également par son opposition virulente aux alliés de Washington, à commencer par Israël et l’Arabie Saoudite. De plus, l’Iran est accusé d’avoir organisé plusieurs attentats terroristes au fil des ans.

     Du côté des États-Unis, l’Oncle Sam s’efforce en général de contrer l’influence de l’Iran et, dans le meilleur des scénarios, de favoriser la chute du régime. Pendant la longue et sanglante guerre opposant l’Iran à l’Irak, de 1980 à 1988, les États-Unis ont aidé les forces de Saddam Hussein à déployer des armes chimiques illégales. Washington mène la charge pour appliquer des sanctions commerciales et d’autres mesures afin de détourner Téhéran de son programme nucléaire.

     Certes, nous n’en sommes pas à une contradiction près. L’administration Reagan a permis la vente (illégale) d’armes à l’Iran dans les années 1980 tandis que d’autres actions ont souvent eu un effet adverse aux intentions des États-Unis. Lorsque le président George W. Bush a traité l’Iran de parte intégrante de « l’axe du mal », avec l’Irak et la Corée du Nord, ses propos ont nui terriblement à la contestation démocratique à l’intérieur du pays. L’invasion de l’Irak de 2003 aura surtout contribué à accroître l’influence iranienne chez son voisin, et donc à travers la région.

     Nombre d’observateurs croient que cette rivalité a fini par arranger les deux camps et que, devant une sorte d’équilibre précaire, ceux-ci ne souhaitent pas vraiment améliorer leurs relations. Pour l’instant, les tensions si vives il y a un mois se sont calmées. Mais pour combien de temps?

L’occupation de l’ambassade des États-Unis à Téhéran a déchaîné les passions à l’époque et une méfiance qui persiste de nos jours.

Devant le siège social de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à Genève (Suisse), se dresse un monument aussi touchant que saisissant. Trois adultes entourent une jeune fille qui s’apprête à recevoir un vaccin, pratiqué par un agent de santé qui tient dans sa main une aiguille bifurquée. Mis au point au début des années 1960, cet instrument s’était avéré d’une efficacité inespérée dans la réalisation de l’une des grandes réussites de la santé publique au 20e siècle. Il s’agit de l’élimination totale de la variole, proclamée en 1980 et célébrée pour la postérité par cet ensemble statuaire qui fut inauguré en 2010.

C’est d’une ironie qui frise l’absurde : alors que la pandémie de la COVID-19 s’aggrave aux États-Unis du fait d’une gestion erratique, le président Trump souhaite retirer son pays de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qu’il accuse de complicité avec la Chine en cachant l’origine véritable du virus. Une lettre envoyée le 6 juillet dernier signifiait cette intention au directeur de l’OMS, l’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus. Si Trump n’est pas défait en novembre par son rival démocrate, l’ancien vice-président Joe Biden, la décision prendra effet l’été prochain.

L’orage d’une controverse gronde à Lafayette, en Louisiane. Certains croient entendre l’heureux présage d’une pluie qui lavera les péchés collectifs du passé, tandis que d’autres craignent la fureur d’un ouragan susceptible de tout emporter sur son passage, le bon avec le mauvais. L’œil de la tempête, c’est une statue au centre-ville, un monument en souvenir du général Jean-Jacques Alfred Alexandre Mouton (1829-64), mort pour la cause de l’esclavage pendant la guerre de Sécession (1861-65)

Encore une fois, une annonce de l’administration Trump aura contrarié la communauté internationale. Si, en elle-même, la chose ne surprend plus, cette décision-ci tombait on ne peut plus mal. Au beau milieu des efforts pour maîtriser la pandémie de COVID-19, la Maison-Blanche a déclaré, le 14 avril dernier, son intention de suspendre le financement américain à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le dimanche 22 mars dernier, neuf avions Iliouchine des Forces aérospatiales russes ont atterri à l’aéroport militaire de Pratica di Mare, en Italie. En plus d’une équipe de médecins et de virologues, leur cargaison se composait de 600 ventilateurs et d’une grande quantité de masques de protection respiratoire. Les caisses de transport étaient ornées d’un message de solidarité : « De Russie, avec amour ».

Auriez-vous peur de suivre un cours universitaire sur les zombis? Depuis quelques années, ce phénomène de la culture populaire est devenu un sujet de recherche scientifique, après tout. Pas difficile d’imaginer que de futurs enseignants, médecins ou cadres d’entreprise voudraient s’accorder un répit entre leurs leçons de chimie et projets de gestion en explorant le sens profond d’un certain nombre de films, romans et bandes dessinées qui les intéresseraient de toute manière.

Chère Acadie, À l’heure où j’écris ces lignes, la molle clarté du jour se meurt doucement sur la Méditerranée. Vue de mon balcon, la ville d’Alger, dite « la Blanche » en raison de la couleur de ses façades, s’étale dans toute sa splendeur, des hauteurs de Zeghara, par-delà le centreville et le quartier historique de la Casbah, jusqu’à l’étincelante autoroute qui longe le bord de mer avant de frôler la toute nouvelle Djamaâ El-Djazaïr, la troisième plus grande mosquée du monde après celles de la Mecque et de Médine.

Vert, jaune, rouge : la façade du palais de justice de Nashville, immense et ornée d’imposantes colonnes grecques, brillait de ces trois couleurs du drapeau du peuple kurde, le soir du mardi 15 octobre dernier. Le pont commémoratif des anciens combattants de la Guerre de Corée, aussi.

« Ils n’ont pas vaincu l’État islamique pour les Kurdes seulement, ils ont vaincu l’ÉI pour le monde entier. [...] Les États-Unis, après avoir promis leur protection, ne font que se retirer pour nous jeter aux loups, que sont les Turcs. [Les Kurdes] ont mené votre guerre et maintenant vous les trahissez. »

L’univers des médias ne cesse de se transformer. Les mutations technologiques des dernières décennies ont révolutionné les plateformes de diffusion et, partant, nos habitudes en tant que citoyens et consommateurs. Autant la transition numérique ouvre de nouveaux horizons, notamment grâce aux réseaux socio numériques comme Facebook, autant elle présente des défis pour des organes de presse comme Le Courrier de la Nouvelle-Écosse.

Buvant à longs traits, le petit garçon vide la bouteille d’une boisson gazeuse, si rafraichissante sous la chaleur d’un splendide jour d’été au bord de la mer. Sa grande sœur lui rappelle d’aller déposer le contenant dans le réceptacle destiné à la collecte des matières recyclables. Il y court, fait disparaître la bouteille dans le trou marqué : « plastique », puis retourne à ses jeux.

« Pendant que les nations parlent, les villes agissent. » Cette formule de prédilection de Michael Bloomberg, richissime homme d’affaires et maire de la ville de New York pendant une douzaine d’années (2002-2013), exprime la conviction que les collectivités locales seraient peut-être plus aptes que les États à mener des efforts dans certains domaines traditionnellement réservés aux gouvernements nationaux.

La couverture de l’édition de mai 1980 de Santé du monde, magazine de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), proclamait un miracle : « La variole est morte! » Vaincue donc pour toujours, cette maladie infectieuse d’origine virale, et ce, grâce à une campagne internationale de vaccination lancée en 1959 à l’initiative de l’Union soviétique.