En visite diplomatique aux États-Unis, Mohammed Mossadegh, premier ministre de l’Iran de 1951 à 1953, admire la Cloche de la Liberté, l’un des grands symboles de l’indépendance américaine, à Philadelphie.
En visite diplomatique aux États-Unis, Mohammed Mossadegh, premier ministre de l’Iran de 1951 à 1953, admire la Cloche de la Liberté, l’un des grands symboles de l’indépendance américaine, à Philadelphie.

Pourquoi tant d’hostilité entre l’Iran et les États-Unis? (1re partie)

« Mort à l’Amérique! » « Mort aux infidèles! » Depuis longtemps maintenant, ces slogans scandés par des foules en Iran traduisent pour nous le sentiment régnant dans ce pays envers l’Occident en général et envers les États-Unis plus particulièrement.

     On les a entendus dans la foulée de l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani lors d’un bombardement américain en Irak, le 3 janvier, sur l’ordre du président Donald Trump. Les événements subséquents ont fait craindre le pire.

     Le matin du 8 janvier, l’Iran ripostait en lançant des missiles contre deux bases américaines en Irak et, ce jour-là, le vol PS 752 fut abattu par la défense anti-aérienne iranienne, laissant 176 victimes, dont 57 Canadiennes et Canadiens. Après avoir nié toute responsabilité, le gouvernement a avoué une erreur de sa part. Cette fois-ci, c’est contre son propre gouvernement que le peuple iranien manifeste pour exprimer son mécontentement et sa solidarité envers les familles touchées par l’accident.

     Qu’il en résulte ou non une guerre entre l’Iran et les États-Unis, le problème de fond demeurera : les relations entre ce premier, un acteur incontournable au Moyen-Orient, et ces derniers, une superpuissance, sont pourries par la méfiance et l’hostilité. Mais pourquoi?

     Cet antagonisme s’explique en grande partie par deux événements du XXe siècle, survenus en 1953 et en 1979, respectivement.

     S’enracinant dans la civilisation perse héritée de l’antiquité, l’Iran compte 82 millions d’habitants. Sa langue dominante est le farsi et sa population pratique en grande majorité l’Islam chiite, une branche distincte et, à l’échelle mondiale, minoritaire de la religion musulmane qui voue un culte particulier aux martyrs Ali, le gendre du prophète Mahomet, et son fils Hussein. La République islamique d’Iran a été établie en 1979, lorsqu’une révolution populaire a renversé la dictature monarchique du chah (ou souverain) Mohammed Reza Pahlavi. Un régime théocratique a été instauré sous la houlette de Rouhollah Khomeini. Celui-ci se fonde, d’une part, sur une interprétation rigoriste de la doctrine religieuse et sur le principe du Velâyat-e Faqih ou « tutelle du juriste », c’est-à-dire l’autorité du clergé sur le gouvernement, et, d’autre part, sur une promesse de justice sociale pour l’ensemble du peuple.

     Sur le plan géopolitique, l’Iran revêt une importance capitale. Son territoire abrite près de 10 % des réserves pétrolières mondiales, derrière le Venezuela, l’Arabie saoudite et le Canada, alors que sa position sur le golfe Persique lui donne une emprise sur les voies navigables les plus convoitées de la planète.

     Sont reprochés à l’Iran, outre le caractère répressif de son modèle politique, ses ambitions nucléaires, qui suscitent l’inquiétude de la communauté internationale, et son appui à des groupes considérés comme terroristes à l’extérieur du pays. Depuis 1979, il existe un conflit larvé, mais bien réel, entre l’Oncle Sam et la République islamique, soit un jeu du chat et de la souris que

     David Crist, historien au sein du Département de la défense des États-Unis, qualifie de « guerre crépusculaire » dans un ouvrage minutieusement documenté (The Twilight War : The Secret History of America’s Thirty-Year Conflict with Iran, 2012).

     Cela n’a pas toujours été comme ça. Jusqu’au milieu du XXe siècle, les États-Unis jouissaient d’une certaine sympathie chez les Iraniens. L ’ennemi, c’était plutôt le Royaume-Uni – du moins aux yeux du peuple.

     Même après l’amorce du déclin de l’empire britannique, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Londres voyait les contrées de l’Asie et de l’Afrique comme des terrains à exploiter, sans égard pour la volonté des « indigènes ». L ’un des exemples les plus flagrants de cette arrogance était l’Anglo-Iranian Oil Company, fondée en 1909 (et initialement nommée Anglo-Persian Oil Company) après la découverte d’un gisement pétrolier dans l’ouest de l’Iran. Ses premiers contrats avec l’État perse ont pratiquement anéanti la souveraineté iranienne.

     Sous le règne de Reza Chah Pahlavi, fondateur d’une nouvelle dynastie à partir de 1925, des négociations se poursuivent avec l’AIOC, car les conditions se comparent très défavorablement avec celles dont bénéficie, par exemple, l’Arabie saoudite avec des sociétés américaines. Mais la compagnie, essentiellement contrôlée par le gouvernement britannique, tient le haut du pavé.

     En 1941, à la suite d’une invasion anglo-soviétique, le chah est évincé en raison de ses affinités avec l’Allemagne nazie. Son fils monte sur le trône, désormais redevable à Westminster.

     Dans les années qui suivent, il se développe au sein du parlement iranien, le Majlis, un puissant bloc nationaliste et démocrate qui veut réformer le pays. Son chef de file s’appelle Mohammad Mossadegh. Fervent constitutionnaliste formé en France et en Suisse, il crée le Front nationaliste iranien, parti d’opposition, avant d’être nommé premier ministre en avril 1951.

     Mossadegh va prendre une décision monumentale : contre l’avis du chah qui subit la pression des Britanniques, le Majlis vote l’expropriation de l’AIOC et la création du National Iranian Oil Company. L’objectif de cette mesure est d’assurer à la nation iranienne la maîtrise de ses propres ressources et, par conséquent, de son destin.

     Débouté par la Cour internationale de justice, le Royaume-Uni convainc le président Eisenhower de lui prêter main-forte, en jouant la carte de la menace de l’expansion communiste au Moyen-Orient. En août 1952, la CIA et le MI6 coordonnent l’opération Ajax au terme duquel le gouvernement dûment élu – et très populaire – de Mossadegh est renversé.

     Tandis que les espoirs démocratiques de l’Iran sont brisés, un fort anti-américanisme s’insinuera dans le futur mouvement de contestation contre la monarchie.

     Stephen Kinzer, l’auteur d’un livre sur le coup d’État de 1953, en résume les effets : « Sa conséquence la plus directe était de donner à Mohammed Reza Chah la chance de devenir un dictateur. Il a reçu d’énormes sommes d’aide de la part des États-Unis [...], mais son règne oppressif a fini par dresser les Iraniens contre lui. En 1979 leur colère a explosé dans une révolution fracassante menée par des intégristes islamiques. »

     La prochaine chronique traitera de la crise diplomatique de cette époque et de ses longues et douloureuses séquelles.

Des soldats indiens de l’armée britannique montent la garde devant une raffinerie de l’Anglo-Iranian Oil Company.

Encore une fois, une annonce de l’administration Trump aura contrarié la communauté internationale. Si, en elle-même, la chose ne surprend plus, cette décision-ci tombait on ne peut plus mal. Au beau milieu des efforts pour maîtriser la pandémie de COVID-19, la Maison-Blanche a déclaré, le 14 avril dernier, son intention de suspendre le financement américain à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le dimanche 22 mars dernier, neuf avions Iliouchine des Forces aérospatiales russes ont atterri à l’aéroport militaire de Pratica di Mare, en Italie. En plus d’une équipe de médecins et de virologues, leur cargaison se composait de 600 ventilateurs et d’une grande quantité de masques de protection respiratoire. Les caisses de transport étaient ornées d’un message de solidarité : « De Russie, avec amour ».

Auriez-vous peur de suivre un cours universitaire sur les zombis? Depuis quelques années, ce phénomène de la culture populaire est devenu un sujet de recherche scientifique, après tout. Pas difficile d’imaginer que de futurs enseignants, médecins ou cadres d’entreprise voudraient s’accorder un répit entre leurs leçons de chimie et projets de gestion en explorant le sens profond d’un certain nombre de films, romans et bandes dessinées qui les intéresseraient de toute manière.

C’était en avril 2007, plus d’un an avant l’élection présidentielle qui allait propulser Barack Obama à la Maison-Blanche. Son futur adversaire, feu John McCain, ancien prisonnier de guerre au Viêt Nam et sénateur républicain de l’Arizona depuis 1987, s’est fait poser une question dans une assemblée publique sur la stratégie qu’il envisagerait face à l’Iran, soupçonné de développer des armes nucléaires.

Chère Acadie, À l’heure où j’écris ces lignes, la molle clarté du jour se meurt doucement sur la Méditerranée. Vue de mon balcon, la ville d’Alger, dite « la Blanche » en raison de la couleur de ses façades, s’étale dans toute sa splendeur, des hauteurs de Zeghara, par-delà le centreville et le quartier historique de la Casbah, jusqu’à l’étincelante autoroute qui longe le bord de mer avant de frôler la toute nouvelle Djamaâ El-Djazaïr, la troisième plus grande mosquée du monde après celles de la Mecque et de Médine.

Vert, jaune, rouge : la façade du palais de justice de Nashville, immense et ornée d’imposantes colonnes grecques, brillait de ces trois couleurs du drapeau du peuple kurde, le soir du mardi 15 octobre dernier. Le pont commémoratif des anciens combattants de la Guerre de Corée, aussi.

« Ils n’ont pas vaincu l’État islamique pour les Kurdes seulement, ils ont vaincu l’ÉI pour le monde entier. [...] Les États-Unis, après avoir promis leur protection, ne font que se retirer pour nous jeter aux loups, que sont les Turcs. [Les Kurdes] ont mené votre guerre et maintenant vous les trahissez. »

L’univers des médias ne cesse de se transformer. Les mutations technologiques des dernières décennies ont révolutionné les plateformes de diffusion et, partant, nos habitudes en tant que citoyens et consommateurs. Autant la transition numérique ouvre de nouveaux horizons, notamment grâce aux réseaux socio numériques comme Facebook, autant elle présente des défis pour des organes de presse comme Le Courrier de la Nouvelle-Écosse.

Buvant à longs traits, le petit garçon vide la bouteille d’une boisson gazeuse, si rafraichissante sous la chaleur d’un splendide jour d’été au bord de la mer. Sa grande sœur lui rappelle d’aller déposer le contenant dans le réceptacle destiné à la collecte des matières recyclables. Il y court, fait disparaître la bouteille dans le trou marqué : « plastique », puis retourne à ses jeux.

« Pendant que les nations parlent, les villes agissent. » Cette formule de prédilection de Michael Bloomberg, richissime homme d’affaires et maire de la ville de New York pendant une douzaine d’années (2002-2013), exprime la conviction que les collectivités locales seraient peut-être plus aptes que les États à mener des efforts dans certains domaines traditionnellement réservés aux gouvernements nationaux.

La couverture de l’édition de mai 1980 de Santé du monde, magazine de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), proclamait un miracle : « La variole est morte! » Vaincue donc pour toujours, cette maladie infectieuse d’origine virale, et ce, grâce à une campagne internationale de vaccination lancée en 1959 à l’initiative de l’Union soviétique.