Le deuxième épisode du balado Acadiversité retrace le voyage au Nouveau-Brunswick d’un groupe de Broussard (Louisiane), ville-sœur de Cap-Pelé, lors du Congrès mondial acadien 2019. Ici, on voit ces Cadiens au fort Beauséjour.
Le deuxième épisode du balado Acadiversité retrace le voyage au Nouveau-Brunswick d’un groupe de Broussard (Louisiane), ville-sœur de Cap-Pelé, lors du Congrès mondial acadien 2019. Ici, on voit ces Cadiens au fort Beauséjour.

L’une des missions de l’Observatoire Nord/Sud

Clint Bruce
Je vous adresse cette chronique depuis l’État du Maryland, l’une des étapes d’un voyage que j’entreprends actuellement à destination de la Louisiane. Le but : poursuivre mes recherches sur la diaspora acadienne. Pourquoi le Maryland, et plus précisément sa rive orientale formant la plus grande partie de la péninsule de Delmarva (Delaware-Maryland-Virginie), entre l’Atlantique et la baie de Chesapeake ?

Cette région pittoresque est intimement liée à l’histoire de la Déportation, ce que j’expliquerai plus loin.


Mais tout d’abord, quelques nouvelles à propos des activités de l’Observatoire Nord/Sud. 


L’une des missions de l’Observatoire Nord/Sud consiste à accroître la visibilité des projets et initiatives de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT) – et, du coup, de la recherche ici à l’Université Sainte-Anne. Avez-vous Instagram ? Si oui, abonnez-vous à notre compte, lancé l’automne dernier : @observatoire_nord.sud. Nous publions régulièrement des images de nos activités ainsi que des documents liés à nos travaux de recherche sur la diaspora acadienne.


Depuis l’été dernier, nous avons également lancé une initiative majeure pour faire connaître nos thématiques de recherche : le balado Acadiversité, réalisé sous l’étiquette du Studio N/S, notre unité audiovisuelle. Il s’agit d’une série de documentaires sonores mettant en lumière diverses questions liées aux transformations de la société acadienne, historiquement et actuellement. Le format d’Acadiversité se veut dynamique et agréable à écouter. Le balado est disponible sur le site de la CRÉAcT (https://www.usainteanne.ca/creact/acadiversite) ainsi que sur Spotify, Apple Podcasts, iHeartRadio et plusieurs autres plateformes.


Les deux premiers épisodes explorent la naissance et l’évolution du jumelage entre Cap-Pelé, au Nouveau-Brunswick, et Broussard, en Louisiane. Créé dans les années 1980, cet échange était tombé dans l’oubli jusqu’à sa redécouverte à l’approche du Congrès mondial acadien 2019. Il y a là un aspect passionnant et inspirant de la diaspora acadienne de nos jours. 


D’autres épisodes sont sortis depuis le lancement d’Acadiversité, que je vous invite à découvrir. Ici, je me contente de souligner l’implication des membres de l’équipe de l’Observatoire Nord/Sud, qui sont des étudiantes et étudiants. Par exemple, le scénario des épisodes sur Cap-Pelé et Broussard a été développé en collaboration avec Zoe Geddes et Audrey Paquette-Verdon, tandis que la narration est assurée par Audrey et moi-même.


Rappelons qu’Audrey est étudiante dans le programme de maîtrise en Cultures et espaces francophones, qu’elle a intégré à l’automne 2020.


Audrey s’est également fait remarquer à l’occasion d’une table ronde tenue au mois de septembre dans le cadre de l’ouverture des États généraux sur le postsecondaire en milieu francophone minoritaire au Canada, organisés par l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC) et la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA). Cet événement avait pour but d’inaugurer une série d’ateliers sur les défis propres aux établissements comme le nôtre. Les propos d’Audrey, qui ont enrichi considérablement les réflexions, ont été salués et même cités dans un article de Francopresse.


Plusieurs personnes de la communauté ont pu bénéficier d’une série d’ateliers que nous avons proposée dans le cadre d’un cercle de lecture, organisé conjointement avec la Société acadienne de Clare, avec l’appui de la Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse. Le troisième et dernier atelier a été offert en décembre par Anne Godin, journaliste à la retraite et auteure, avec Amélie Poirier, d’un livre de recettes, Saveurs d’Acadie (La Grande Ourse, 2019). Ses explications ont témoigné de sa connaissance profonde et de son amour de l’héritage culinaire.


Bien que ce cycle d’ateliers soit clos, nous allons poursuivre sur la même lancée en proposant une série de conférence sur des ouvrages scientifiques parus récemment. C’est une présentation de Darryl Whetter, professeur d’anglais à l’Université Sainte-Anne et romancier de renom, qui donnera le coup d’envoi. Le mardi 25 janvier prochain, à 19 h 30, le professeur Whetter présentera une conférence interactive (sur Zoom) à propos d’un ouvrage collectif qu’il a dirigé, Teaching Creative Writing in Asia (Routledge, 2022). Son intervention puisera dans son expérience à Singapour, où il a monté et coordonné un programme de création littéraire.


Pour ce qui est nos collaborations de recherche, je me suis rendu, fin novembre, à l’Université de Moncton, où j’ai eu l’occasion d’avoir des réunions de travail avec le professeur Gregory Kennedy, directeur scientifique de l’Institut d’études acadiennes et codirecteur, avec moi, du collectif Repenser l’Acadie dans le monde. Cette visite m’a permis de prononcer une conférence invitée et aussi d’effectuer des entretiens qui seront utilisés dans les projets médiatiques de la CRÉAcT comme le balado Acadiversité.


Qu’en est-il alors de mon voyage et sa pertinence pour les recherches de la CRÉAcT ? De janvier à juin, je profite d’un congé sabbatique pour approfondir mes recherches – retardées par la pandémie – dans les archives en Louisiane et pour écrire un livre. Un congé sabbatique, c’est donc une période déterminée pour mener à bien un projet ou des projets. Ce volet de mes recherches traite de l’intégration des Acadiennes et Acadiens en Louisiane, entre le milieu du 18e siècle et la fin du 19e siècle. 


Or, en me rendant en Louisiane en voiture, j’ai eu l’occasion de m’arrêter dans deux endroits qui ont été des lieux d’exil de familles acadiennes à l’époque du Grand Dérangement. Le premier se trouvait à Guilford, dans le Connecticut, où l’on peut voir une « maison acadienne » qui, construite en 1760, aurait hébergé plus tard une famille déportée, que l’on croit avoir été celle de René Hébert et Marie Boudreau. Ma seconde halte s’est faite à Snow Hill, un village dans le Maryland où ont vécu, entre 1755 et 1766/67, plusieurs familles qui allaient s’établir en Louisiane par la suite. Je m’intéresse tout particulièrement à la famille d’Alexandre Melançon et Osite Hébert ainsi qu’à Osite Gauthreaux, veuve Olivier Forest. Ces gens, qui ont subi l’injustice de la Déportation et ont connu une odyssée incroyable, sont les ancêtres de plusieurs Louisianaises et Louisianais qui font l’objet de mes travaux en cours.


Pour les personnes désireuses de prendre connaissance de ce projet, je donnerai une conférence organisée par le Groupe de recherche sur les femmes et les archives en Acadie (GRAFA), le 9 février prochain : « Les Acadiennes louisianaises de la Société du Sacré-Cœur de Jésus, entre interculturalité et mobilité transnationale ». Les renseignements sur ma conférence et sur la présentation de Darryl Whetter seront indiqués sur la page Facebook de l’Observatoire Nord/Sud : https://www.facebook.com/usainteanneONS.

La « maison acadienne » à Guilford (Connecticut) aurait hébergé une famille déportée dans cette colonie. Restaurée au début du 20e siècle, la demeure est aujourd’hui une résidence privée.