La Commission intermédiaire de l’OMS réunie au sujet de la malaria en 1947.
La Commission intermédiaire de l’OMS réunie au sujet de la malaria en 1947.

L’Organisation mondiale de la santé : origines et évolution (3e partie)

C’est d’une ironie qui frise l’absurde : alors que la pandémie de la COVID-19 s’aggrave aux États-Unis du fait d’une gestion erratique, le président Trump souhaite retirer son pays de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qu’il accuse de complicité avec la Chine en cachant l’origine véritable du virus. Une lettre envoyée le 6 juillet dernier signifiait cette intention au directeur de l’OMS, l’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus. Si Trump n’est pas défait en novembre par son rival démocrate, l’ancien vice-président Joe Biden, la décision prendra effet l’été prochain.

Pourquoi est-ce important? Agence spécialisée de l’Organisation des Nations Unies, l’OMS s’occupe d’améliorer le niveau de santé de l’ensemble des peuples du monde. Pour ce faire, elle coordonne des initiatives visant, d’une part, à combattre les maladies infectieuses et, d’autre part, à aider les pays à atteindre leurs stratégies nationales en matière de santé, notamment à travers ses six bureaux régionaux et ses nombreux partenariats. L’institution compte 194 États membres. Parmi ceux-ci, les États-Unis apportent la plus grande contribution annuelle au financement de l’OMS, soit 15,9 % de son budget en 2019.


En plus de couper les ailes aux collaborations avec les agences de santé américaines, le retrait des États-Unis aura des conséquences budgétaires éventuellement très nuisibles.


Dans la précédente chronique sur ce sujet (15 mai 2020), nous avons appris que l’un des prédécesseurs de l’OMS était l’Organisation d’hygiène de la Société des Nations et que, sous la direction de Ludwik Rajchman (1881-1965), médecin et bactériologiste polonais, celle-ci avait favorisé dans les années 1930 l’approche de la médecine sociale. Selon cette perspective, les interventions sanitaires doivent s’adapter aux cultures locales, et non l’inverse. S’étant prononcé contre la montée des régimes fascistes en Allemagne et en Italie, Rajchman perd son poste. Plus tard, il fondera l’UNICEF, ou le Fonds des Nations unies pour l’enfance.


La Seconde Guerre mondiale (1939-45), on le sait bien, viendra bouleverser l’ordre mondial. Les puissances victorieuses en sortent convaincues de la nécessité d’instaurer de meilleurs mécanismes de concertation multilatérale, sans imposer toutefois un gouvernement mondial. Sur le terrain en Europe, l’Administration des Nations unies pour le secours et la reconstruction (UNRRA), active dès 1943, est confrontée à l’effondrement des systèmes de santé et à la menace des épidémies. Lorsque l’ONU voit le jour en juin 1945, à la conférence de San Francisco, la création d’une agence internationale de santé publique est envisagée pour relayer celles qui avaient existé sous la défunte Société des Nations. La proposition est avancée par le Brésil et la Chine. Un Comité technique préparatoire (CTP) est mis sur pied pour poser les bases de la future OMS. 


Certes, il reste à démontrer le bien-fondé de la collaboration dans le nouveau contexte. L’occasion survient en 1947 lorsque se déclare une épidémie de choléra en Égypte. Grâce à une campagne de vaccination musclée et efficace sous la coordination de la Commission intérimaire de l’OMS, la situation est vite maîtrisée.


Entre-temps, le CTP commence à rédiger une constitution qui sera approuvée par l’ONU le 7 avril 1948, au terme d’une série de conférences internationales. Cette charte énonce des principes progressistes et solidaires, son premier article affirmant : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. » C’est donc une notion positive de la santé qui prévaut.


Le texte fait preuve d’un universalisme auquel fera écho, peu après, la Déclaration universelle des droits de l’Homme (10 décembre 1948) : « La possession du meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre constitue l’un des droits fondamentaux de tout être humain, quelles que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale. »


Enfin, la santé publique est liée aux enjeux géopolitiques : « La santé de tous les peuples est une condition fondamentale de la paix du monde et de la sécurité; elle dépend de la coopération la plus étroite des individus et des États. »


La formation pratique des étudiantes infirmières à Athènes comprenait l’alimentation des enfants, même lorsqu’ils étaient en poumon d’acier.

C’est grâce à une suggestion de la délégation chinoise que l’organisme sera qualifié de « mondial », plutôt que d’« international », pour souligner l’unité du genre humain. Le premier directeur de l’OMS, le psychiatre canadien Brock Chisholm (1896-1971), exprimera ce sentiment dans ces termes : « L’environnement de chaque personne dans le monde est désormais le monde entier. »


Même si les États-Unis appuient fortement la création de l’OMS, les tendances isolationnistes de l’ère Trump, ancrées, en fait, dans une longue tradition états-unienne, se profilent déjà dans la mesure où Washington se réserve le droit exceptionnel de quitter l’organisme moyennent un préavis d’un an. (C’est ce qui vient de se produire.) Mais ce n’est pas le seul obstacle à l’épanouissement de l’esprit humanitaire et désintéressé de l’institution, comme le souligne l’ouvrage The World Health Organization: A History, de Marcos Cueto, Theodore M. Brown et Elizabeth Fee (Cambridge University Press, 2019). 


« Dès le milieu des années 1950, l’OMS avait trouvé sa place au sein d’un réseau grandissant d’agences multilatérales, s’était assuré les contributions des pays membres à son budget et avait mené une campagne remarquable, quoique problématique, contre la tuberculose. En même temps, elle faisait face à des défis de taille. L’agence devait composer avec la Guerre froide qui s’intensifiait […] et devait tenir compte des angoisses des gouvernements britanniques, français, néerlandais et portugais qui tentaient de maintenir ou de reconstruire leurs empires coloniaux alors que ceux-ci commençaient à s’effriter. Elle devait également répondre aux demandes et attentes des pays en développement. »


Un casse-tête déconcertant, voire impossible à résoudre, d’autant plus qu’en 1949 l’Union soviétique, accompagnée de l’Ukraine et de la Biélorussie, quittait l’organisation pour manifester son mécontentement face à ce qu’elle percevait comme l’ingratitude des États-Unis pour ses sacrifices durant la guerre. Dans la même foulée, il était question de l’incompatibilité de la vision communiste de la santé publique avec l’approche des pays capitalistes, peu enclins, prétendait Moscou, à reconnaître les causes socioéconomiques des problèmes sanitaires. 


Les auteurs résument ainsi la situation : « Comme d’autres agences de l’ONU, l’OMS allait abandonner ses rêves d’une communauté collaborative des nations et s’adapter aux nouvelles réalités de la politique internationale […] L’agence s’est aussi rapprochée davantage de la politique étrangère états-unienne […]. » Au bout du compte, « l’OMS a fini par poursuivre une voie pragmatique d’objectifs limités. »


Bien que plus restreinte, cette orientation ne signe pas pour autant l’échec de l’institution, malgré les réalités freinant l’idéalisme qui en demeurera le cœur battant.


Devant le siège social de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à Genève (Suisse), se dresse un monument aussi touchant que saisissant. Trois adultes entourent une jeune fille qui s’apprête à recevoir un vaccin, pratiqué par un agent de santé qui tient dans sa main une aiguille bifurquée. Mis au point au début des années 1960, cet instrument s’était avéré d’une efficacité inespérée dans la réalisation de l’une des grandes réussites de la santé publique au 20e siècle. Il s’agit de l’élimination totale de la variole, proclamée en 1980 et célébrée pour la postérité par cet ensemble statuaire qui fut inauguré en 2010.

L’orage d’une controverse gronde à Lafayette, en Louisiane. Certains croient entendre l’heureux présage d’une pluie qui lavera les péchés collectifs du passé, tandis que d’autres craignent la fureur d’un ouragan susceptible de tout emporter sur son passage, le bon avec le mauvais. L’œil de la tempête, c’est une statue au centre-ville, un monument en souvenir du général Jean-Jacques Alfred Alexandre Mouton (1829-64), mort pour la cause de l’esclavage pendant la guerre de Sécession (1861-65)

Encore une fois, une annonce de l’administration Trump aura contrarié la communauté internationale. Si, en elle-même, la chose ne surprend plus, cette décision-ci tombait on ne peut plus mal. Au beau milieu des efforts pour maîtriser la pandémie de COVID-19, la Maison-Blanche a déclaré, le 14 avril dernier, son intention de suspendre le financement américain à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le dimanche 22 mars dernier, neuf avions Iliouchine des Forces aérospatiales russes ont atterri à l’aéroport militaire de Pratica di Mare, en Italie. En plus d’une équipe de médecins et de virologues, leur cargaison se composait de 600 ventilateurs et d’une grande quantité de masques de protection respiratoire. Les caisses de transport étaient ornées d’un message de solidarité : « De Russie, avec amour ».

Auriez-vous peur de suivre un cours universitaire sur les zombis? Depuis quelques années, ce phénomène de la culture populaire est devenu un sujet de recherche scientifique, après tout. Pas difficile d’imaginer que de futurs enseignants, médecins ou cadres d’entreprise voudraient s’accorder un répit entre leurs leçons de chimie et projets de gestion en explorant le sens profond d’un certain nombre de films, romans et bandes dessinées qui les intéresseraient de toute manière.

C’était en avril 2007, plus d’un an avant l’élection présidentielle qui allait propulser Barack Obama à la Maison-Blanche. Son futur adversaire, feu John McCain, ancien prisonnier de guerre au Viêt Nam et sénateur républicain de l’Arizona depuis 1987, s’est fait poser une question dans une assemblée publique sur la stratégie qu’il envisagerait face à l’Iran, soupçonné de développer des armes nucléaires.

Chère Acadie, À l’heure où j’écris ces lignes, la molle clarté du jour se meurt doucement sur la Méditerranée. Vue de mon balcon, la ville d’Alger, dite « la Blanche » en raison de la couleur de ses façades, s’étale dans toute sa splendeur, des hauteurs de Zeghara, par-delà le centreville et le quartier historique de la Casbah, jusqu’à l’étincelante autoroute qui longe le bord de mer avant de frôler la toute nouvelle Djamaâ El-Djazaïr, la troisième plus grande mosquée du monde après celles de la Mecque et de Médine.

Vert, jaune, rouge : la façade du palais de justice de Nashville, immense et ornée d’imposantes colonnes grecques, brillait de ces trois couleurs du drapeau du peuple kurde, le soir du mardi 15 octobre dernier. Le pont commémoratif des anciens combattants de la Guerre de Corée, aussi.

« Ils n’ont pas vaincu l’État islamique pour les Kurdes seulement, ils ont vaincu l’ÉI pour le monde entier. [...] Les États-Unis, après avoir promis leur protection, ne font que se retirer pour nous jeter aux loups, que sont les Turcs. [Les Kurdes] ont mené votre guerre et maintenant vous les trahissez. »

L’univers des médias ne cesse de se transformer. Les mutations technologiques des dernières décennies ont révolutionné les plateformes de diffusion et, partant, nos habitudes en tant que citoyens et consommateurs. Autant la transition numérique ouvre de nouveaux horizons, notamment grâce aux réseaux socio numériques comme Facebook, autant elle présente des défis pour des organes de presse comme Le Courrier de la Nouvelle-Écosse.

Buvant à longs traits, le petit garçon vide la bouteille d’une boisson gazeuse, si rafraichissante sous la chaleur d’un splendide jour d’été au bord de la mer. Sa grande sœur lui rappelle d’aller déposer le contenant dans le réceptacle destiné à la collecte des matières recyclables. Il y court, fait disparaître la bouteille dans le trou marqué : « plastique », puis retourne à ses jeux.

« Pendant que les nations parlent, les villes agissent. » Cette formule de prédilection de Michael Bloomberg, richissime homme d’affaires et maire de la ville de New York pendant une douzaine d’années (2002-2013), exprime la conviction que les collectivités locales seraient peut-être plus aptes que les États à mener des efforts dans certains domaines traditionnellement réservés aux gouvernements nationaux.

La couverture de l’édition de mai 1980 de Santé du monde, magazine de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), proclamait un miracle : « La variole est morte! » Vaincue donc pour toujours, cette maladie infectieuse d’origine virale, et ce, grâce à une campagne internationale de vaccination lancée en 1959 à l’initiative de l’Union soviétique.