Marche des zombis de Buenos Aires (Argentine), 2009 : un participant vend des sacs de barbe à papa aux autres « mort-vivants » qui après tout ne désirent pas manger de chair humaine.
Marche des zombis de Buenos Aires (Argentine), 2009 : un participant vend des sacs de barbe à papa aux autres « mort-vivants » qui après tout ne désirent pas manger de chair humaine.

Les zombis à l’assaut de la culture populaire (2e partie)

Auriez-vous peur de suivre un cours universitaire sur les zombis? Depuis quelques années, ce phénomène de la culture populaire est devenu un sujet de recherche scientifique, après tout. Pas difficile d’imaginer que de futurs enseignants, médecins ou cadres d’entreprise voudraient s’accorder un répit entre leurs leçons de chimie et projets de gestion en explorant le sens profond d’un certain nombre de films, romans et bandes dessinées qui les intéresseraient de toute manière.

     C’est le pari que j’ai osé en proposant un séminaire de première année à l’époque où j’enseignais à l’Université du Maine à Farmington, en 2014-2015, juste avant de rejoindre l’Université Sainte-Anne. Le cours s’intitulait Zombies : Haïti to Hollywood. Une vingtaine d’étudiants ont répondu à l’appel. Une surprise les attendait : en plus d’étudier des œuvres cinématographiques et littéraires, les membres de la classe devaient aussi, par un joli samedi du mois d’octobre, se déguiser pour participer à la marche des zombis de Bangor.

Affiche du film cubain Juan de los muertos, sorti en 2010.

     Les rassemblements de ce genre remontent au début des années 2000. Par centaines, voire par milliers, des fans des films de George A. Romero, de la série The Walking Dead et du roman World War Z de Max Brooks se transforment en morts-vivants pour envahir les rues d’une ville donnée. Au début, ces activités étaient qualifiées de « défilés ». C’est à partir de celui organisé à Toronto en 2003 que ces manifestations ont commencé à être appelées des « zombie walks ».

     De nos jours, des marches de zombis ont lieu un peu partout à travers la planète, de Tel Aviv à Tokyo en passant par Brisbane et Buenos Aires. Celle de Mexico de 2010 a réuni près de 10 000 personnes – bien au-delà du record mondial d’alors selon le Livre Guinness, qui avait signalé 4 093 participants à Asbury Park (États-Unis) l’année précédente. L ’automne prochain, ce sera peut- être au tour de Cape Town (Afrique du Sud) qui tentera d’attirer une horde de plus de 15 458 zombis pour battre le record actuel.

     La marche des zombis de Bangor, à laquelle ma classe a pris part en octobre 2014, n’avait pas cette ampleur-là. Son effrayant cortège était composé de 300 à 400 personnes, dont plusieurs en faisaient une tradition annuelle depuis sa première édition, en 2010. Dès sa fondation par Phil Smith, qui a eu la gentillesse de visiter ma classe vers la fin de la session, la Bangor Zombie Walk a servi à recueillir des fonds pour une cause communautaire ou humanitaire. Cette année-là, c’était pour en venir en aide à la grand-mère de M. Smith, qui souffrait d’un cancer.

     Sur le plan métaphorique, la figure du zombi et les scénarios post-apocalyptiques qu’elle engendre sont intimement liés, on se le rappellera, à la mise en relief des problèmes sociaux. Comme tous les monstres, le zombi traduit les angoisses collectives, qu’il s’agisse du souvenir de l’esclavage dans le folklore haïtien; de la peur de l’Autre, comme dans les films des années 1930 et 1940 sur fond de décor antillais; de la menace nucléaire dans Plan 9 from Outer Space (1959); et, avec la refonte du genre par Romero, des transformations sociales dans années 1960 (La Nuit des mor ts-vivants) et le consumérisme (L’Aube des morts). Premier film à exploiter d’une manière convaincante les zombis, 28 Jours plus tard (2002), du cinéaste britannique Danny Boyle, traite des excès provoqués par une épidémie – thème d’actualité s’il en est.

     L ’allégorie politique n’est jamais loin. Ce qui m’amène à clore cette série de chroniques en signalant deux de mes coups de cœur dans ce genre qui ne cesse d’être réinventé, d’une décennie à l’autre.

     Le premier est un film canadien, Pontypool (2008), basé sur un roman qu’avait signé l’écrivain Tony Burgess (Pontypool Changes Everything, 1995) avant d’en tirer un scénario. Le protagoniste Grant Mazzy est animateur de radio dans une petite ville de l’Ontario. Après l’apparition d’un virus qui transforme les infectés en cannibales enragés, il découvre que la maladie se transmet par certains vocables de la langue anglaise. Grâce à des jeux de mots et au recours stratégique au français, sa gérante Sydney et lui survivront à la catastrophe.

     Interprétation possible : il serait périlleux de s’enfermer dans une seule culture.

     Tous les films de zombis ne sont pas si sérieux. Juan de los muertos (Juan of the Dead, en anglais; 2010) met à nu les contradictions de la société cubaine tout en faisant rire des situations absurdes auxquelles sont confrontés ses personnages après que l’apocalypse des zombis réduit à néant le régime castriste. Son titre fait allusion au film anglais Shaun of the Dead (2004), chef d’œuvre parmi les comédies de zombis, dont le titre rappelle à son tour Dawn of the Dead.

     Écrite et réalisée par Alejandro Brugués, cette production hispano-cubaine met en scène les stratégies de Juan, qui, à quarante ans, mène une existence peu glorieuse, et de ses amis pour composer avec l’écroulement des structures de l’État. Le communisme disparu, ils s’improvisent entrepreneurs. Leur compagnie propose un service très en demande, celle d’exterminateurs de cadavres ressuscités.

     Les comédies d’horreur ont ceci de particulier qu’elles peuvent toucher à des questions très sensibles sans en avoir l’air. Juan de los muertos réussit sur ce plan-là.

     Avez-vous un film de zombis à me recommander? Ne me dites pas le titre par courriel : donnons-nous plutôt rendez-vous au Halifax Zombie Walk, le 19 septembre prochain, pour en discuter!

L’orage d’une controverse gronde à Lafayette, en Louisiane. Certains croient entendre l’heureux présage d’une pluie qui lavera les péchés collectifs du passé, tandis que d’autres craignent la fureur d’un ouragan susceptible de tout emporter sur son passage, le bon avec le mauvais. L’œil de la tempête, c’est une statue au centre-ville, un monument en souvenir du général Jean-Jacques Alfred Alexandre Mouton (1829-64), mort pour la cause de l’esclavage pendant la guerre de Sécession (1861-65)

Encore une fois, une annonce de l’administration Trump aura contrarié la communauté internationale. Si, en elle-même, la chose ne surprend plus, cette décision-ci tombait on ne peut plus mal. Au beau milieu des efforts pour maîtriser la pandémie de COVID-19, la Maison-Blanche a déclaré, le 14 avril dernier, son intention de suspendre le financement américain à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le dimanche 22 mars dernier, neuf avions Iliouchine des Forces aérospatiales russes ont atterri à l’aéroport militaire de Pratica di Mare, en Italie. En plus d’une équipe de médecins et de virologues, leur cargaison se composait de 600 ventilateurs et d’une grande quantité de masques de protection respiratoire. Les caisses de transport étaient ornées d’un message de solidarité : « De Russie, avec amour ».

C’était en avril 2007, plus d’un an avant l’élection présidentielle qui allait propulser Barack Obama à la Maison-Blanche. Son futur adversaire, feu John McCain, ancien prisonnier de guerre au Viêt Nam et sénateur républicain de l’Arizona depuis 1987, s’est fait poser une question dans une assemblée publique sur la stratégie qu’il envisagerait face à l’Iran, soupçonné de développer des armes nucléaires.

Chère Acadie, À l’heure où j’écris ces lignes, la molle clarté du jour se meurt doucement sur la Méditerranée. Vue de mon balcon, la ville d’Alger, dite « la Blanche » en raison de la couleur de ses façades, s’étale dans toute sa splendeur, des hauteurs de Zeghara, par-delà le centreville et le quartier historique de la Casbah, jusqu’à l’étincelante autoroute qui longe le bord de mer avant de frôler la toute nouvelle Djamaâ El-Djazaïr, la troisième plus grande mosquée du monde après celles de la Mecque et de Médine.

Vert, jaune, rouge : la façade du palais de justice de Nashville, immense et ornée d’imposantes colonnes grecques, brillait de ces trois couleurs du drapeau du peuple kurde, le soir du mardi 15 octobre dernier. Le pont commémoratif des anciens combattants de la Guerre de Corée, aussi.

« Ils n’ont pas vaincu l’État islamique pour les Kurdes seulement, ils ont vaincu l’ÉI pour le monde entier. [...] Les États-Unis, après avoir promis leur protection, ne font que se retirer pour nous jeter aux loups, que sont les Turcs. [Les Kurdes] ont mené votre guerre et maintenant vous les trahissez. »

L’univers des médias ne cesse de se transformer. Les mutations technologiques des dernières décennies ont révolutionné les plateformes de diffusion et, partant, nos habitudes en tant que citoyens et consommateurs. Autant la transition numérique ouvre de nouveaux horizons, notamment grâce aux réseaux socio numériques comme Facebook, autant elle présente des défis pour des organes de presse comme Le Courrier de la Nouvelle-Écosse.

Buvant à longs traits, le petit garçon vide la bouteille d’une boisson gazeuse, si rafraichissante sous la chaleur d’un splendide jour d’été au bord de la mer. Sa grande sœur lui rappelle d’aller déposer le contenant dans le réceptacle destiné à la collecte des matières recyclables. Il y court, fait disparaître la bouteille dans le trou marqué : « plastique », puis retourne à ses jeux.

« Pendant que les nations parlent, les villes agissent. » Cette formule de prédilection de Michael Bloomberg, richissime homme d’affaires et maire de la ville de New York pendant une douzaine d’années (2002-2013), exprime la conviction que les collectivités locales seraient peut-être plus aptes que les États à mener des efforts dans certains domaines traditionnellement réservés aux gouvernements nationaux.

La couverture de l’édition de mai 1980 de Santé du monde, magazine de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), proclamait un miracle : « La variole est morte! » Vaincue donc pour toujours, cette maladie infectieuse d’origine virale, et ce, grâce à une campagne internationale de vaccination lancée en 1959 à l’initiative de l’Union soviétique.