Devant la menace des zombis, le désaccord éclate entre Ben (Duane Jones), le protagoniste afro-américain de La nuit des morts-vivants, et Harry Cooper (Karl Hardman), père de famille au tempérament autoritaire, avant de dégénérer en bagarre.
Devant la menace des zombis, le désaccord éclate entre Ben (Duane Jones), le protagoniste afro-américain de La nuit des morts-vivants, et Harry Cooper (Karl Hardman), père de famille au tempérament autoritaire, avant de dégénérer en bagarre.

Les zombis à l’assaut de la culture populaire (2e partie)

Avril 1968 : Devant un hôtel de Memphis (Tennessee), Mar tin Luther King Jr, le chef de file visionnaire du mouvement des droits civiques aux États-Unis, est assassiné par un fanatique raciste.

     Quelques mois plus tard, dans une ferme abandonnée de Pennsylvanie, un autre Afro- américain tombe sous les balles des forces de l’ordre. Ce jeune homme s’appelle Ben et, contre toute espérance, il vient de survivre à une bataille nocturne contre des zombis cannibales. Mais la patrouille qui est en train d’éliminer les derniers troupeaux de morts-vivants a pris Ben pour l’un de ces derniers – et un agent lui a tiré dessus.

     Il s’agit bien sûr du film culte Night of the Living Dead (La Nuit des morts-vivants), réalisé par George Romero (1940-1977), surnommé « le Père du cinéma des zombis ». Certes, le zombi des films d’horreur se promenait sur le grand écran, sous diverses variantes, depuis le début des années 1930 (voir notre précédente chronique à ce sujet). Le monstre créé par Romero avait quelque chose de nouveau : il dévorait la chair humaine. Son insatiable appétit a donné lieu à des scènes d’une violence choquante – moyennant des tripes de bœuf obtenues des bouchers de la région de Pittsburgh, où l’équipe de Romero était basée.

     Cen’était pas le seul aspect visuel qui donnait au film sa puissance, pourtant. Le cannibalisme des zombis, c’était l’Amérique se dévorant de l’intérieur. En 1968, alors que la guerre du Viêt Nam faisait rage, que les valeurs traditionnelles faisaient l’objet d’un profond questionnement et que la société tout entière était appelée à se transformer, Night of the Living Dead exprimait parfaitement l’angoisse collective liée à ces grands changements.

     Renfermés avec Ben (Duane Jones) dans la maison de ferme, il y a trois jeunes, Barbra (Judy O’Dea) ainsi que le couple Tom (Keith Wayne) et Judy (Judith Ridley) qui représentent la nouvelle génération aux prises avec la crise sociétale, et la famille nucléaire composée de Harry Cooper (Karl Hardman), Helen Cooper (Marilyn Eastman) et leur fille Karen (Kyra Schon). Ayant subi une morsure par l’un des zombis, la petite Karen finira par manger la chair de ses deux parents.

     Le seul personnage réellement doté d’aplomb et de bon jugement, c’est Ben, dont l’héroïsme renverse la hiérarchie raciale. Même si Romero a toujours nié l’intention initiale d’engager un acteur noir, son choix final aura façonné l’impact symbolique de l’œuvre.

     Nous l’avons dit la dernière fois : le zombi est une métaphore mobile, capable de s’adapter à des contextes socioculturels très divers. Dix ans plus tard, Romero récidivait avec Dawn of the Dead (en français, Zombie : le crépuscule des morts-vivants) dont le scénario a été écrit en consultation avec l’Italien Dario Argento. Cette fois-ci, c’est la société de consommation qui est pointée du doigt.

     L’apocalypse des zombis déclare sur fond de conflit entre la police et des résidents afro- américains de Philadelphie. Un petit groupe de journalistes et de gendarmes s’empare d’un hélicoptère pour se réfugier dans un énorme centre d’achat situé en banlieue. Tous les biens et produits imaginables, de base et de luxe, sont à leur disposition alors qu’ils tentent de repousser les hordes de cadavres ambulants qui rôdent dans le mall. Le comportement des zombis, qui diffère peu de celui des habitués des centres d’achat, ne laisse aucune ambiguïté : nous sommes déjà, même vivants, zombifiés par nos habitudes de consommation.

     À sa sortie en 1978, Dawn of the Dead a connu un grand succès commercial, aussi bien à l’étranger qu’en Amérique du Nord. L ’attention portée aux effets spéciaux, notamment en ce qui concernait le gore, c’est- à-dire les scènes sanglantes jusqu’au dégoût, n’a pas manqué d’impressionner les spectateurs. En Europe, le film s’intitulait, en toute simplicité, Zombi ou Zombie. Et c’est là que des cinéastes en Italien ont saisi leur chance.

     Désireux d’exploiter l’enthousiasme suscité par le film de Romero, le producteur Fabrizio De Angelis voulait « une imitation facile » (« a quickie rip-off ») de Dawn of the Dead. Toutefois, sa collaboration avec le réalisateur Lucio Fulci (1927-1996), aujourd’hui reconnu comme un maître du cinéma d’horreur, est allée beaucoup plus loin que cette modeste ambition.

     Malgré son titre « volé », Zombi 2 (1979; parfois L’Enfer des zombis en français) ne constitue pas vraiment la suite de Zombi, c’est-à-dire Dawn of the Dead. D’une part, le récit renoue avec les origines antillaises du genre : l’Américaine Anne Bowles (Tisa Farrow) se rend dans une île de la Caraïbe en compagnie du journaliste Peter West (Ian McCulloch), à la recherche de son père, un scientifique porté disparu. En raison d’un sortilège vodou, les cadavres sont en train de ressusciter et de s’attaquer aux vivants.

     D’autre part, et à la différence de l’œuvre de Romero (qui s’est poursuivie bien au-delà des années 1970), il est futile de chercher ici une quelconque critique sociopolitique. Il n’y en a pas. Le but de Zombi 2, c’est de faire de l’horreur, et plus précisément de révulser le spectateur. En proposant des zombis en état de putréfaction avancée et des scènes d’une violence physique inouïe, Fulci a bien mérité son surnom de « Parrain du gore ». Ça ne s’arrête pas là : blasphème, nudité gratuite... toutes les bienséances sont violées.

     Ma scène préférée est celle où le personnage de Paola (Olga Karlatos), femme du docteur David Menard (Richard Johnson) qui est obsédé par le vodou, se fait crever l’œil par la très longue écharde d’une porte pendant qu’un zombi la tire vers lui, très lentement, par les cheveux. L’incident dure 6 minutes et le point culminant est parfaitement dégueulasse!

     Grâce à Fulci et à ce film bien plus original que le titre ne le suggère, le zombi cinématographique italien a pris forme. Le critique Donato Totaro a décrit sa raison d’être comme « le divertissement comme pur spectacle ». C’est de l’art pour l’art, sans nulle autre prétention.

     Bien entendu, des facteurs socioculturels ne sont jamais absents. Pour Alan Jones, l’auteur de Morti Viventi, une histoire du zombi en Italie, l’extrême violence des films italiens s’explique par la religiosité traditionnelle : « Le zombi italien est unique dans la culture cinématographique parce que l’idée même de l’incapacité de la mort de contenir est une notion catholique très forte. » La résurrection des morts-vivants servirait « d’affirmation à l’inverse de la foi ».

     D’autres voient dans l’engouement des Italiens pour Dawn of the Dead et, à sa suite, Zombi 2, un reflet de leurs propres craintes face à la situation de leur pays, qui traversait une crise politique dans les années 1970.

     Peu importe, la démarche artistique consiste avant tout à pousser les limites du septième art. Pour une bande de cadavres écervelés, ce n’est pas mal comme exploit.

« Le film qui a changé le cinéma d’horreur » : les zombis de Lucio Fulci présentent un état de putréfaction avancée, comme en témoignent les vers de terre qui rongent la cavité oculaire de ce conquistador ressuscité.

Devant le siège social de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à Genève (Suisse), se dresse un monument aussi touchant que saisissant. Trois adultes entourent une jeune fille qui s’apprête à recevoir un vaccin, pratiqué par un agent de santé qui tient dans sa main une aiguille bifurquée. Mis au point au début des années 1960, cet instrument s’était avéré d’une efficacité inespérée dans la réalisation de l’une des grandes réussites de la santé publique au 20e siècle. Il s’agit de l’élimination totale de la variole, proclamée en 1980 et célébrée pour la postérité par cet ensemble statuaire qui fut inauguré en 2010.

C’est d’une ironie qui frise l’absurde : alors que la pandémie de la COVID-19 s’aggrave aux États-Unis du fait d’une gestion erratique, le président Trump souhaite retirer son pays de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qu’il accuse de complicité avec la Chine en cachant l’origine véritable du virus. Une lettre envoyée le 6 juillet dernier signifiait cette intention au directeur de l’OMS, l’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus. Si Trump n’est pas défait en novembre par son rival démocrate, l’ancien vice-président Joe Biden, la décision prendra effet l’été prochain.

L’orage d’une controverse gronde à Lafayette, en Louisiane. Certains croient entendre l’heureux présage d’une pluie qui lavera les péchés collectifs du passé, tandis que d’autres craignent la fureur d’un ouragan susceptible de tout emporter sur son passage, le bon avec le mauvais. L’œil de la tempête, c’est une statue au centre-ville, un monument en souvenir du général Jean-Jacques Alfred Alexandre Mouton (1829-64), mort pour la cause de l’esclavage pendant la guerre de Sécession (1861-65)

Encore une fois, une annonce de l’administration Trump aura contrarié la communauté internationale. Si, en elle-même, la chose ne surprend plus, cette décision-ci tombait on ne peut plus mal. Au beau milieu des efforts pour maîtriser la pandémie de COVID-19, la Maison-Blanche a déclaré, le 14 avril dernier, son intention de suspendre le financement américain à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le dimanche 22 mars dernier, neuf avions Iliouchine des Forces aérospatiales russes ont atterri à l’aéroport militaire de Pratica di Mare, en Italie. En plus d’une équipe de médecins et de virologues, leur cargaison se composait de 600 ventilateurs et d’une grande quantité de masques de protection respiratoire. Les caisses de transport étaient ornées d’un message de solidarité : « De Russie, avec amour ».

Auriez-vous peur de suivre un cours universitaire sur les zombis? Depuis quelques années, ce phénomène de la culture populaire est devenu un sujet de recherche scientifique, après tout. Pas difficile d’imaginer que de futurs enseignants, médecins ou cadres d’entreprise voudraient s’accorder un répit entre leurs leçons de chimie et projets de gestion en explorant le sens profond d’un certain nombre de films, romans et bandes dessinées qui les intéresseraient de toute manière.

C’était en avril 2007, plus d’un an avant l’élection présidentielle qui allait propulser Barack Obama à la Maison-Blanche. Son futur adversaire, feu John McCain, ancien prisonnier de guerre au Viêt Nam et sénateur républicain de l’Arizona depuis 1987, s’est fait poser une question dans une assemblée publique sur la stratégie qu’il envisagerait face à l’Iran, soupçonné de développer des armes nucléaires.

Chère Acadie, À l’heure où j’écris ces lignes, la molle clarté du jour se meurt doucement sur la Méditerranée. Vue de mon balcon, la ville d’Alger, dite « la Blanche » en raison de la couleur de ses façades, s’étale dans toute sa splendeur, des hauteurs de Zeghara, par-delà le centreville et le quartier historique de la Casbah, jusqu’à l’étincelante autoroute qui longe le bord de mer avant de frôler la toute nouvelle Djamaâ El-Djazaïr, la troisième plus grande mosquée du monde après celles de la Mecque et de Médine.

Vert, jaune, rouge : la façade du palais de justice de Nashville, immense et ornée d’imposantes colonnes grecques, brillait de ces trois couleurs du drapeau du peuple kurde, le soir du mardi 15 octobre dernier. Le pont commémoratif des anciens combattants de la Guerre de Corée, aussi.

« Ils n’ont pas vaincu l’État islamique pour les Kurdes seulement, ils ont vaincu l’ÉI pour le monde entier. [...] Les États-Unis, après avoir promis leur protection, ne font que se retirer pour nous jeter aux loups, que sont les Turcs. [Les Kurdes] ont mené votre guerre et maintenant vous les trahissez. »

L’univers des médias ne cesse de se transformer. Les mutations technologiques des dernières décennies ont révolutionné les plateformes de diffusion et, partant, nos habitudes en tant que citoyens et consommateurs. Autant la transition numérique ouvre de nouveaux horizons, notamment grâce aux réseaux socio numériques comme Facebook, autant elle présente des défis pour des organes de presse comme Le Courrier de la Nouvelle-Écosse.

Buvant à longs traits, le petit garçon vide la bouteille d’une boisson gazeuse, si rafraichissante sous la chaleur d’un splendide jour d’été au bord de la mer. Sa grande sœur lui rappelle d’aller déposer le contenant dans le réceptacle destiné à la collecte des matières recyclables. Il y court, fait disparaître la bouteille dans le trou marqué : « plastique », puis retourne à ses jeux.

« Pendant que les nations parlent, les villes agissent. » Cette formule de prédilection de Michael Bloomberg, richissime homme d’affaires et maire de la ville de New York pendant une douzaine d’années (2002-2013), exprime la conviction que les collectivités locales seraient peut-être plus aptes que les États à mener des efforts dans certains domaines traditionnellement réservés aux gouvernements nationaux.

La couverture de l’édition de mai 1980 de Santé du monde, magazine de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), proclamait un miracle : « La variole est morte! » Vaincue donc pour toujours, cette maladie infectieuse d’origine virale, et ce, grâce à une campagne internationale de vaccination lancée en 1959 à l’initiative de l’Union soviétique.