Créé par le graphiste et écrivain Cory Stewart, le drapeau « Acadiana Black » flottait au-dessus de la foule venue exprimer sa solidarité envers George Floyd, le 31 mai dernier à l’Université de Louisiane à Lafayette. En haut, à droite : le drapeau de l’Acadiana dessiné en 1965 par le professeur Thomas.
Créé par le graphiste et écrivain Cory Stewart, le drapeau « Acadiana Black » flottait au-dessus de la foule venue exprimer sa solidarité envers George Floyd, le 31 mai dernier à l’Université de Louisiane à Lafayette. En haut, à droite : le drapeau de l’Acadiana dessiné en 1965 par le professeur Thomas.

« La statue d’Alfred Mouton à Lafayette : le contexte d’une controverse »

L’orage d’une controverse gronde à Lafayette, en Louisiane. Certains croient entendre l’heureux présage d’une pluie qui lavera les péchés collectifs du passé, tandis que d’autres craignent la fureur d’un ouragan susceptible de tout emporter sur son passage, le bon avec le mauvais. L’œil de la tempête, c’est une statue au centre-ville, un monument en souvenir du général Jean-Jacques Alfred Alexandre Mouton (1829-64), mort pour la cause de l’esclavage pendant la guerre de Sécession (1861-65)

Comme il a été souligné dans la dernière chronique, le mouvement antiraciste Black Lives Matter est en train de prendre une ampleur internationale. Dans chaque pays et dans chaque région, les revendications rejoignent des spécificités locales. À Lafayette, fier foyer de la culture cadienne et créole, ville située au cœur de la zone dite « Acadiana » et réputée pour ses festivals, sa gastronomie louisianaise et l’accueil chaleureux qu’y reçoivent les visiteurs, c’est une facette de l’héritage acadien qui est en cause.


Depuis le retour en force du mouvement contre le racisme et la brutalité policière, les manifestations à Lafayette se focalisent sur la statue d’Alfred Mouton plantée devant l’ancien hôtel de ville. Celle-ci est dénoncée comme un symbole raciste, expression d’une pernicieuse nostalgie de la période esclavagiste. Depuis plusieurs années, l’association Move The Mindset réclame sa relocalisation tout en menant une campagne de sensibilisation aux injustices, historiques et actuelles, liées au racisme. Les récentes manifestations s’inscrivent dans cette campagne dont l’issue demeure incertaine.


Qui était Alfred Mouton? Pourquoi existe-t-il un monument en son honneur ? En abordant ces questions, le défi consiste à contextualiser, sans diaboliser, mais en toute lucidité. Il y a va, parmi d’autres facteurs, d’un respect élémentaire pour la communauté noire – d’héritage francophone elle aussi, soit dit en passant – qui compte pour près de 30 % de la population de Lafayette.

 

Né en 1829, Alfred Mouton est issu d’une famille louisianaise d’origine acadienne et française. Son père, Alexandre Mouton (1804-85) a marqué la vie politique en tant que sénateur à Washington (1837-42), gouverneur de l’État (1843-46) et, plus tard, président de la convention qui allait décider de la sécession d’avec les États-Unis en faveur de la Confédération pro-esclavagiste. Son grand-père paternel était Jean Mouton (v. 1754-1834), né en Acadie à la veille de la Déportation et arrivé en Louisiane en 1765, en compagnie de sa famille. Marié avec Marie-Marthe Borda, il devient planteur sucrier et donc propriétaire esclavagiste. C’est grâce à un don de terres de sa part que fut établie Vermillonville, la future Lafayette. Jean Mouton en est ainsi considéré comme le fondateur.


Alfred Mouton a donc grandi dans un milieu profondément esclavagiste, ce qui était le cas de la plupart des familles acadiennes, même celles qui ne faisait pas partie de l’élite. Après des études à la célèbre Académie militaire de West Point, où il apprend l’anglais, il rentre chez lui pour travailler comme ingénieur civil et pour gérer une plantation familiale. Brigadier-général de la milice d’État, il prend en 1859 la tête d’un mouvement paramilitaire, les comités de vigilance, dont les actions incitent des centaines de familles noires à émigrer au Mexique et en Haïti. Quand la guerre éclate en 1861, il rejoint l’armée du Sud et c’est sur le champ de bataille qu’il trouve la mort le 8 avril 1864.


La statue a été érigée au début des années 1920, à l’initiative d’une section locale des United Daughters of the Confederacy. Ce regroupement féminin était l’un des principaux promoteurs du mythe de « la cause perdue », une interprétation édulcorée et nostalgique de la guerre civile qui a longtemps fait école aux États-Unis. Tout en minimisant les torts de l’esclavage, l’apologie du Sud allait de pair avec l’oppression raciale sous le régime de la ségrégation. 


En témoigne le discours du gouverneur John Parker, à l’occasion de l’inauguration du monument Mouton en avril 1922 : « Nous sommes rassemblés aujourd’hui pour rendre hommage à un Louisianais qui avait le courage de ses convictions et qui a voulu donner sa vie en combattant pour les principes que nous, gens du Sud, avons fermement défendus aux jours sombres de la guerre. » 


Déguisée en louange patriotique, l’allusion aux « principes » du Sud renvoie bel et bien à la défense d’une nation esclavagiste, heureusement défaite. C’est ce que souligne Frederick Préjean, président de Move The Mindset, dans une lettre ouverte parue dans The Daily Advertiser, 31 août 2017 : « Les contributions de la famille Mouton à Lafayette sont indéniables. Mais la statue n’a pas été érigée pour rendre hommage à ces contributions. La statue subvertit la réalité que toutes les personnes sont créées égales […]. »


Tout cela n’a rien de simple. Débattue par les historiens et par les responsables du patrimoine, les enjeux de la mémoire collective soulèvent les passions et provoquent des réactions vives, jusqu’aux propos à caractère haineux. En observant les discussions dans les médias sociaux, je constate une confusion chez un certain nombre de défenseurs du monument qui le méprennent pour une effigie de Jean Mouton, le grand-père d’Alfred. Il est difficile d’avoir des discussions éclairées sur fond d’une telle ignorance. 


En attendant, d’autres solutions se profilent à l’horizon. On a pu voir flotter au-dessus des manifestations à Lafayette un drapeau qui ressemblait à celui, très populaire, de la région

La statue du général confédéré Alfred Mouton, située devant l’ancienne mairie de Lafayette, a été dévoilée en 1922 à l’initiative des United Daughters of the Confederacy.

de l’Acadiana, mais retouchée d’une manière originale. Les couleurs du tricolore français sont remplacées par celles associées à l’esprit panafricain, et l’étoile par le poing levé du Black Power.


Le concepteur de cet emblème s’appelle Cory Stewart, artiste et écrivain d’origine créole et afro-américaine. Selon ce qu’il m’a expliqué au téléphone, ce natif de Bâton-Rouge ne cherche ni à effacer l’héritage acadien ni à supplanter le drapeau de l’Acadiana qui le représente :


« J’adore ce drapeau, en toute sincérité. Je me sens pleinement investi dans la culture [locale] et je ne dis pas du tout qu’il faille remplacer ce drapeau-là, surtout pas par le mien. C’est l’aspect complémentaire qui en fait la beauté. Les gens peuvent très bien penser : “Je suis un fier Cadien, mais j’appuie aussi les Noirs”, ou bien : “J’habite en Acadiana et je suis fier d’être Noir” — comme moi. Donc, on peut avoir les deux drapeaux. »


En effet, on peut arborer les deux symboles pour mieux assumer la richesse du passé et les exigences du présent. Quant à la statue d’Alfred Mouton, fier esclavagiste mort pour une cause ignoble, sa pertinence semble de moins en moins évidente. 


(Note : Pour en savoir davantage sur le projet de Cory Stewart, visiter https://acadianablack.com

Encore une fois, une annonce de l’administration Trump aura contrarié la communauté internationale. Si, en elle-même, la chose ne surprend plus, cette décision-ci tombait on ne peut plus mal. Au beau milieu des efforts pour maîtriser la pandémie de COVID-19, la Maison-Blanche a déclaré, le 14 avril dernier, son intention de suspendre le financement américain à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le dimanche 22 mars dernier, neuf avions Iliouchine des Forces aérospatiales russes ont atterri à l’aéroport militaire de Pratica di Mare, en Italie. En plus d’une équipe de médecins et de virologues, leur cargaison se composait de 600 ventilateurs et d’une grande quantité de masques de protection respiratoire. Les caisses de transport étaient ornées d’un message de solidarité : « De Russie, avec amour ».

Auriez-vous peur de suivre un cours universitaire sur les zombis? Depuis quelques années, ce phénomène de la culture populaire est devenu un sujet de recherche scientifique, après tout. Pas difficile d’imaginer que de futurs enseignants, médecins ou cadres d’entreprise voudraient s’accorder un répit entre leurs leçons de chimie et projets de gestion en explorant le sens profond d’un certain nombre de films, romans et bandes dessinées qui les intéresseraient de toute manière.

C’était en avril 2007, plus d’un an avant l’élection présidentielle qui allait propulser Barack Obama à la Maison-Blanche. Son futur adversaire, feu John McCain, ancien prisonnier de guerre au Viêt Nam et sénateur républicain de l’Arizona depuis 1987, s’est fait poser une question dans une assemblée publique sur la stratégie qu’il envisagerait face à l’Iran, soupçonné de développer des armes nucléaires.

Chère Acadie, À l’heure où j’écris ces lignes, la molle clarté du jour se meurt doucement sur la Méditerranée. Vue de mon balcon, la ville d’Alger, dite « la Blanche » en raison de la couleur de ses façades, s’étale dans toute sa splendeur, des hauteurs de Zeghara, par-delà le centreville et le quartier historique de la Casbah, jusqu’à l’étincelante autoroute qui longe le bord de mer avant de frôler la toute nouvelle Djamaâ El-Djazaïr, la troisième plus grande mosquée du monde après celles de la Mecque et de Médine.

Vert, jaune, rouge : la façade du palais de justice de Nashville, immense et ornée d’imposantes colonnes grecques, brillait de ces trois couleurs du drapeau du peuple kurde, le soir du mardi 15 octobre dernier. Le pont commémoratif des anciens combattants de la Guerre de Corée, aussi.

« Ils n’ont pas vaincu l’État islamique pour les Kurdes seulement, ils ont vaincu l’ÉI pour le monde entier. [...] Les États-Unis, après avoir promis leur protection, ne font que se retirer pour nous jeter aux loups, que sont les Turcs. [Les Kurdes] ont mené votre guerre et maintenant vous les trahissez. »

L’univers des médias ne cesse de se transformer. Les mutations technologiques des dernières décennies ont révolutionné les plateformes de diffusion et, partant, nos habitudes en tant que citoyens et consommateurs. Autant la transition numérique ouvre de nouveaux horizons, notamment grâce aux réseaux socio numériques comme Facebook, autant elle présente des défis pour des organes de presse comme Le Courrier de la Nouvelle-Écosse.

Buvant à longs traits, le petit garçon vide la bouteille d’une boisson gazeuse, si rafraichissante sous la chaleur d’un splendide jour d’été au bord de la mer. Sa grande sœur lui rappelle d’aller déposer le contenant dans le réceptacle destiné à la collecte des matières recyclables. Il y court, fait disparaître la bouteille dans le trou marqué : « plastique », puis retourne à ses jeux.

« Pendant que les nations parlent, les villes agissent. » Cette formule de prédilection de Michael Bloomberg, richissime homme d’affaires et maire de la ville de New York pendant une douzaine d’années (2002-2013), exprime la conviction que les collectivités locales seraient peut-être plus aptes que les États à mener des efforts dans certains domaines traditionnellement réservés aux gouvernements nationaux.

La couverture de l’édition de mai 1980 de Santé du monde, magazine de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), proclamait un miracle : « La variole est morte! » Vaincue donc pour toujours, cette maladie infectieuse d’origine virale, et ce, grâce à une campagne internationale de vaccination lancée en 1959 à l’initiative de l’Union soviétique.