Audrey Paquette-Verdon, coordinatrice de l'observatoire Nord/Sud et étudiante de maîtrise en Cultures et espaces francophones.
Audrey Paquette-Verdon, coordinatrice de l'observatoire Nord/Sud et étudiante de maîtrise en Cultures et espaces francophones.

Du côté de l’Observatoire Nord/Sud

Clint Bruce
Depuis deux ans maintenant, la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT), que j’ai l’honneur d’exercer au département des Sciences humaines, à côté de la CRÉAF (titulaire – Jimmy Thibeault) en Études françaises, se déploie à partir de ses locaux situés au deuxième étage de la Bibliothèque Louis-R.-Comeau. Ce centre s’appelle l’Observatoire Nord/Sud.
Un atelier en rechercher documentaire offert en novembre 2019 par le professeur Gregory Kennedy de l'Institut d'études acadiennes de l'Université de Moncton, l'un des partenaires de l'Observatoire Nord/Sud.

(Note : Une version abrégée de cette chronique est parue dans le numéro 40 [2 octobre 2020] du Trait d’union, bulletin trimestriel destiné aux membres du personnel de l’Université Sainte-Anne.)


Qu’est-ce qu’un observatoire? Quel rapport y a-t-il avec l’astronomie? Ce sont des questions qui m’ont été posées à plusieurs reprises. Il s’agira ici d’élucider la vocation et les activités de ce laboratoire qui a été établi grâce à une subvention conjointe de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI) et de la Nova Scotia Research and Innovation Trust (NSRIT), avec une importante contribution de l’Université Sainte-Anne.


Si vous vous rendez à l’Observatoire Nord/Sud, vous n’y trouverez pas de télescopes. Un observatoire en sciences humaines et sociales, c’est plutôt un établissement scientifique destiné à suivre un phénomène social, culturel ou économique. Conformément au programme de recherche de la CRÉAcT, l’Observatoire Nord/Sud est voué à l’étude de la diaspora acadienne, de l’Acadie dans sa dimension internationale et, plus largement, de la francophonie multiculturelle. Cette mission se concrétise, bien sûr, à travers des projets sur des thèmes spécifiques : par exemple, les jumelages internationaux de villes ou, du côté historique, l’émergence des contacts entre l’Acadie des Maritimes et la communauté d’origine acadienne en Louisiane.


Au départ, le binaire Nord/Sud renvoie justement aux Maritimes et à la Louisiane. Toutefois, plus ça ira, plus il s’agira de développer des liens avec le Sud global, aux Antilles et en Afrique. Le passage du professeur Luné Roc Pierre Louis, de l’Université d’État d’Haïti, lors du colloque sur les médias francophones tenu en octobre dernier, aura ouvert la voie à d’autres collaborations. Notre prochaine invitée sera Amal Madibbo, sociologue de l’Université de Calgary. Originaire du Soudan, elle est spécialiste de l’immigration africaine au Canada en milieu francophone.


Les locaux de l’Observatoire Nord/Sud sont composés de plusieurs aires. Il y a des postes de travail pour moi, en tant que directeur et titulaire de la CRÉAcT, et pour les assistantes et assistants de recherche qui forment l’équipe de la chaire. L’aire principale est occupée par l’Espace d’animation Murielle-Comeau, où se tiennent réunions, conférences et ateliers. L’Observatoire est également doté d’un studio multimédia pour la création de produits audiovisuels et pour la webdiffusion. Enfin, une autre salle sert de laboratoire de numérisation, avec des équipements à cet effet, et de bibliothèque de la CRÉAcT.


L’une des priorités de la CRÉAcT et de l’Observatoire Nord/Sud concerne « la mobilisation des connaissances » ou l’utilisation du savoir pour le bien commun. En plus des travaux érudits, celle-ci s’incarne aussi par la formation des étudiantes et des étudiantes et par des activités destinées au public en général. C’est pour cela que la CRÉAcT s’associe à plusieurs partenaires, dont le Centre acadien au premier chef. 


D’ailleurs, une partie importante de notre subvention a été consacrée à des travaux de réfection de la voûte d’archives du Centre acadien, qui a été agrandie et modernisée. Notre patrimoine documentaire sera d’autant mieux protégé et accessible pour les générations futures. 


Dans l’immédiat, plusieurs collections vont alimenter un projet de recherche sur l’émigration acadienne en Nouvelle-Angleterre aux 19e et 20e siècles, sous l’égide d’une vaste initiative intitulée « Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord, 1640-1940 ». La Société historique acadienne de la Baie Sainte-Marie collabore également à ce projet qui aboutira à la création de ressources et d’activités dans le cadre du Congrès mondial acadien 2024.


La coordination de l’Observatoire Nord/Sud est assurée actuellement par Audrey Paquette-Verdon, étudiante à la maîtrise en Cultures et espaces francophones. Ayant récemment décroché son B.A./B.Ed., elle vient d’effectuer un stage d’été – à distance en raison de la pandémie – en compagnie de Bailey Ross, autre assistant de la chaire. Audrey sera impliquée de manière fondamentale dans les initiatives qui seront traitées dans les prochaines chroniques « Du côté de l’Observatoire Nord/Sud ». 


Cette fois-ci, je tiens surtout à souligner l’appui précieux de celles et ceux qui ont rendu possible la mise sur pied de l’Observatoire Nord/Sud, à commencer par les vice-recteurs Kenneth Deveau et Eric Tufts et avec une infinie gratitude envers les personnes suivantes : Mireille Michaud, Darren Blinn, Julien Comeau, Rachel Doherty (stagiaire de la CRÉAcT en 2017-18), Carmen d’Entremont, Rachelle LeBlanc, Liam Hanks, Pamela Maher et André Roberge.