La couverture du rapport La langue française dans le monde 2015-2018, paru l’an dernier chez Gallimard.
La couverture du rapport La langue française dans le monde 2015-2018, paru l’an dernier chez Gallimard.

20 mars : une Francophonie au diapason d’un monde interconnecté

La propagation galopante du virus Covid-19 vient nous rappeler brutalement la fragilité de nos sociétés globalisées. La pandémie qui sévit actuellement ne reconnaît ni frontières ni nationalités. C’est à ce sujet-là que sera consacrée ma prochaine chronique.

     Celle-ci – que vous lisez très probablement dans l’intimité de votre résidence! – s’en tiendra à une note positive, mais encore sous le signe de l’interconnectivité du monde. Aujourd’hui 20 mars, c’est la Journée internationale de la Francophonie. Malgré l’annulation de plusieurs activités prévues pour marquer cette date, rien ne nous empêche de profiter de l’occasion pour mieux comprendre les dynamiques de l’univers francophone auquel appartiennent nos communautés néo-écossaises.

      Il existe pour cela une fabuleuse ressource : La Langue française dans le monde, un rapport d’envergure préparé par l’Observatoire démographique et statistique de l’espace francophone (ODSEF) de l’Université Laval et l’Observatoire de la langue française de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Publiée sous forme de livre et disponible en librairie, la plus récente édition est sortie l’an dernier, chez Gallimard.

     À sa parution, plusieurs constats ont été relayés dans les médias. Avec 300 millions de locuteurs, le français se range parmi les langues les plus pratiquées au monde. (Les auteurs le situent en cinquième position, après le chinois, l’anglais, l’espagnol et l’arabe, classement qui, à ma grande perplexité, ne tient pas compte du hindi, parlé par environ 340 millions de personnes.) Près de 60 % des francophones se trouvent en Afrique et c’est sur ce continent que se jouera l’avenir de notre langue. Les projections démographiques esquissent une nette progression d’ici 2070, grâce au basculement vers le Sud : entre 477 millions et 747 millions de francophones, selon les scénarios qui dépendront de la croissance démographique et de la place du français dans les systèmes d’éducation.

     Fort d’un statut officiel dans 32 États et gouvernements et dans bon nombre d’organisations internationales, en plus d’être solidement implanté dans des pays comme l’Algérie, le français demeure et demeurera, semble-t-il, une langue mondiale et, de ce fait, l’un des vecteurs de la mondialisation. C’est pour cela qu’il continue d’être enseigné un peu partout.

     Mais attention : les francophonies ne se ressemblent pas. À quelques exceptions près, la pratique du français évolue dans des contextes plurilingues, encadrés par des régimes linguistiques très diversifiés. Entre le Liban, au Moyen-Orient, et Madagascar, dans l’océan Indien, il y a un monde de différence.

     La précédente version de La Langue française dans le monde (2014) en rendait déjà compte. Il était alors question de balayer les catégories jusque-là en vigueur, qui divisaient les francophones entre locuteurs « natifs » et « partiels », pour envisager dorénavant une « galaxie francophone » composée de trois sortes de « planètes » : « naître en français », « vivre (aussi) en français » et « choisir le français comme langue étrangère ». Tous les habitants de ces trois « planètes » ou situations-types font partie de la francophonie.

     Ce qu’il y a d’intéressant et de nouveau dans le rapport de 2019, ce sont les résultats d’enquêtes sur des aires spécifiques ou encore sur des domaines comme l’économie, les médias et le secteur de l’éducation. Voici trois exemples des questions qui sont explorées afin de mieux cerner les francophonies d’aujourd’hui.

1)  « Usages et avenir du français dans l’espace francophone du Sud » – Le projet TRANSLINGA a examiné les enjeux de la transmission du français dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest, à savoir : le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Sénégal. Les résultats donnent l’impression que le français s’implantera de plus en plus comme langue du foyer, sans pourtant évincer les autres langues nationales ou ethniques. Par exemple, au Burkina Faso, 73 % des jeunes interrogés ont déclaré avoir l’intention d’apprendre le français à leurs enfants.

     Un autre sondage sur les attitudes des locuteurs révèle toutefois que la langue de Senghor (enfin, une parmi plusieurs autres...) ne s’est pas encore affranchie des connotations liées au colonialisme. Il y a donc du chemin à faire.

2)  « Usages médiatiques et numériques » – Le français serait la quatrième langue de l’Internet tandis que l’Afrique réunit 362 millions d’internautes sur une population totale de 1,2 milliard. Cette proportion ira grandissant.

     Les jeunes Africains passent en moyenne deux heures, 20 minutes par jour sur Internet et les réseaux sociaux. La Langue française dans le monde en conclut à « un continent très connecté », grâce notamment à l’application mobile Whatsapp.

     Les médias francophones comme Radio France Internationale et TV5 Monde affichent des taux d’écoute très élevés en Afrique francophone. C’est là où la chaîne internationale compte 71% de son audience régulière. Au Maghreb, 10,5 % des téléspectateurs regardent TV5 Monde au moins une fois par semaine.

3)  « Le français pour le développement » – Existe-t-il une économie francophone (EF)? Si oui, comment peut-elle être mise au service des populations désireuses d’améliorer leur sort en tirant profit de la globalisation culturelle? Alors que l’espace francophone représente 7,3 % de la population mondiale, les pays de l’EF assurent 8,7 % du produit intérieur brut à l’échelle mondiale. Si 90 % de ces richesses se réalisent dans les pays du Nord, ceux du Sud connaissent une croissance économique bien supérieure. D’où le besoin d’échanges réellement bénéfiques à tous les partenaires.

     Parmi les défenseurs d’une meilleure coopération économique au sein de la Francophonie, Vincent Jacques a créé une crypto-monnaie à cette fin, Paypite. Faute d’une devise commune à l’instar de l’euro, ce Bitcoin francophone pourra « démultiplier le potentiel de croissance économique des pays francophones, notamment en réduisant les coûts liés au transfert d’argent », dit l’inventeur de Paypite.

     L’un des experts cités dans l’ouvrage est Rada Tirvassen, professeur à l’Université de Pretoria (Afrique du Sud) et originaire de l’île Maurice. Pour lui comme pour beaucoup d’autres, la Francophonie de demain tirera sa force vitale de sa diversité mise au profit du dialogue et du développement. Chaque aire francophone devient un laboratoire des possibles.

     « La Francophonie institutionnelle peut s’appuyer sur ces contextes afin de faire prendre conscience aux décideurs des conditions nécessaires à la création d’un espace francophone qui pourrait être au service de l’harmonie sociale et de l’avancement socio-économique », affirme-t-il.

     « De manière plus générale, la Francophonie peut montrer à quel point il est essentiel de créer les conditions nécessaires au progrès des communautés humaines et à la coexistence des pratiques langagières dans un équilibre, il est vrai difficile à réaliser, entre le respect des traditions et l’évolution vers la modernité. »

     C’est encore une promesse, mais dont l’éventuelle réalisation vaut bien nos efforts.

Une représentante du Togo au Village de la Francophonie pendant le sommet de 2018, à Erevan (Arménie).

Devant le siège social de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à Genève (Suisse), se dresse un monument aussi touchant que saisissant. Trois adultes entourent une jeune fille qui s’apprête à recevoir un vaccin, pratiqué par un agent de santé qui tient dans sa main une aiguille bifurquée. Mis au point au début des années 1960, cet instrument s’était avéré d’une efficacité inespérée dans la réalisation de l’une des grandes réussites de la santé publique au 20e siècle. Il s’agit de l’élimination totale de la variole, proclamée en 1980 et célébrée pour la postérité par cet ensemble statuaire qui fut inauguré en 2010.

C’est d’une ironie qui frise l’absurde : alors que la pandémie de la COVID-19 s’aggrave aux États-Unis du fait d’une gestion erratique, le président Trump souhaite retirer son pays de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qu’il accuse de complicité avec la Chine en cachant l’origine véritable du virus. Une lettre envoyée le 6 juillet dernier signifiait cette intention au directeur de l’OMS, l’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus. Si Trump n’est pas défait en novembre par son rival démocrate, l’ancien vice-président Joe Biden, la décision prendra effet l’été prochain.

L’orage d’une controverse gronde à Lafayette, en Louisiane. Certains croient entendre l’heureux présage d’une pluie qui lavera les péchés collectifs du passé, tandis que d’autres craignent la fureur d’un ouragan susceptible de tout emporter sur son passage, le bon avec le mauvais. L’œil de la tempête, c’est une statue au centre-ville, un monument en souvenir du général Jean-Jacques Alfred Alexandre Mouton (1829-64), mort pour la cause de l’esclavage pendant la guerre de Sécession (1861-65)

Encore une fois, une annonce de l’administration Trump aura contrarié la communauté internationale. Si, en elle-même, la chose ne surprend plus, cette décision-ci tombait on ne peut plus mal. Au beau milieu des efforts pour maîtriser la pandémie de COVID-19, la Maison-Blanche a déclaré, le 14 avril dernier, son intention de suspendre le financement américain à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le dimanche 22 mars dernier, neuf avions Iliouchine des Forces aérospatiales russes ont atterri à l’aéroport militaire de Pratica di Mare, en Italie. En plus d’une équipe de médecins et de virologues, leur cargaison se composait de 600 ventilateurs et d’une grande quantité de masques de protection respiratoire. Les caisses de transport étaient ornées d’un message de solidarité : « De Russie, avec amour ».

Auriez-vous peur de suivre un cours universitaire sur les zombis? Depuis quelques années, ce phénomène de la culture populaire est devenu un sujet de recherche scientifique, après tout. Pas difficile d’imaginer que de futurs enseignants, médecins ou cadres d’entreprise voudraient s’accorder un répit entre leurs leçons de chimie et projets de gestion en explorant le sens profond d’un certain nombre de films, romans et bandes dessinées qui les intéresseraient de toute manière.

C’était en avril 2007, plus d’un an avant l’élection présidentielle qui allait propulser Barack Obama à la Maison-Blanche. Son futur adversaire, feu John McCain, ancien prisonnier de guerre au Viêt Nam et sénateur républicain de l’Arizona depuis 1987, s’est fait poser une question dans une assemblée publique sur la stratégie qu’il envisagerait face à l’Iran, soupçonné de développer des armes nucléaires.

Chère Acadie, À l’heure où j’écris ces lignes, la molle clarté du jour se meurt doucement sur la Méditerranée. Vue de mon balcon, la ville d’Alger, dite « la Blanche » en raison de la couleur de ses façades, s’étale dans toute sa splendeur, des hauteurs de Zeghara, par-delà le centreville et le quartier historique de la Casbah, jusqu’à l’étincelante autoroute qui longe le bord de mer avant de frôler la toute nouvelle Djamaâ El-Djazaïr, la troisième plus grande mosquée du monde après celles de la Mecque et de Médine.

Vert, jaune, rouge : la façade du palais de justice de Nashville, immense et ornée d’imposantes colonnes grecques, brillait de ces trois couleurs du drapeau du peuple kurde, le soir du mardi 15 octobre dernier. Le pont commémoratif des anciens combattants de la Guerre de Corée, aussi.

« Ils n’ont pas vaincu l’État islamique pour les Kurdes seulement, ils ont vaincu l’ÉI pour le monde entier. [...] Les États-Unis, après avoir promis leur protection, ne font que se retirer pour nous jeter aux loups, que sont les Turcs. [Les Kurdes] ont mené votre guerre et maintenant vous les trahissez. »

L’univers des médias ne cesse de se transformer. Les mutations technologiques des dernières décennies ont révolutionné les plateformes de diffusion et, partant, nos habitudes en tant que citoyens et consommateurs. Autant la transition numérique ouvre de nouveaux horizons, notamment grâce aux réseaux socio numériques comme Facebook, autant elle présente des défis pour des organes de presse comme Le Courrier de la Nouvelle-Écosse.

Buvant à longs traits, le petit garçon vide la bouteille d’une boisson gazeuse, si rafraichissante sous la chaleur d’un splendide jour d’été au bord de la mer. Sa grande sœur lui rappelle d’aller déposer le contenant dans le réceptacle destiné à la collecte des matières recyclables. Il y court, fait disparaître la bouteille dans le trou marqué : « plastique », puis retourne à ses jeux.

« Pendant que les nations parlent, les villes agissent. » Cette formule de prédilection de Michael Bloomberg, richissime homme d’affaires et maire de la ville de New York pendant une douzaine d’années (2002-2013), exprime la conviction que les collectivités locales seraient peut-être plus aptes que les États à mener des efforts dans certains domaines traditionnellement réservés aux gouvernements nationaux.

La couverture de l’édition de mai 1980 de Santé du monde, magazine de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), proclamait un miracle : « La variole est morte! » Vaincue donc pour toujours, cette maladie infectieuse d’origine virale, et ce, grâce à une campagne internationale de vaccination lancée en 1959 à l’initiative de l’Union soviétique.