En décembre 2019, Silver Don Cameron, devant un tableau de Ronald à Gonzaque Landry portant sur la pêche d’autrefois, parle de pêche et de la lutte des pêcheurs de la région pour des salaires raisonnables.
En décembre 2019, Silver Don Cameron, devant un tableau de Ronald à Gonzaque Landry portant sur la pêche d’autrefois, parle de pêche et de la lutte des pêcheurs de la région pour des salaires raisonnables.

Silver Don Cameron, auteur, s’éteint à l’âge de 82 ans

Robert Fougère
D’ESCOUSSE-ISLEMADAME : Les amis et les gens de l’Isle Madame qui connaissaient bien l’auteur, Silver Don Cameron, ont été surpris et attristés d’apprendre la triste nouvelle de son décès, survenu dans un hôpital de Halifax, le 1er juin dernier.

Celui-ci habitait, depuis de nombreuses années, la région de d’Escousse dans l’Isle Madame. Il avait adopté cette région comme son chez lui. Né à Toronto et ayant grandi à Vancouver, il était venu enseigner, au niveau universitaire, dans notre province, à Dalhousie University. Il avait aussi enseigné au Nouveau-Brunswick, à University of New Brunswick. C’est au moment de changer de carrière, pour devenir écrivain à son propre compte, qu’il s’est installé à d’Escousse, lieu qu’il qualifiait de son pied à terre, de son chez-lui avec pignon sur rue et vue sur mer. D’où il pouvait voir son voilier dans le havre de d’Escousse. Il se disait au paradis, à d’Escousse, vivant à côté de gens sympathiques. Il s’est vite intégré dans une communauté qu’il a voulue et a su épauler dans ses périodes difficiles. 

Silver Don, comme il était connu par les gens d’ici, était un francophile. Il s’entendait bien avec les Acadiens, il était respectueux de leur culture et il voyait dans la culture et la langue des richesses. D’ailleurs, il voyait l’importance de préserver toutes les cultures comme il était, pour lui aussi, très important de préserver et de respecter l’environnement. Pour lui, la culture et la langue faisaient partie de l’environnement. Et un environnement sain lui était cher.  

Silver Don était écrivain, pour avoir 20 livres à son actif, nombreux articles publiés à grande échelle et pour plusieurs documentaires sur divers sujets. Le Courrier de la Nouvelle-Écosse était présent à un relancement, en décembre 2019 à La Picasse, d’un de ses livres écrit en 1977. Il s’agissait du livre, The Education of Everett Richardson, un livre qui traitait de la grève des pêcheurs, en région de l’Isle Madame et Canso, en 1970-71. Cameron était défenseur des gens défavorisés et il voyait ces pêcheurs comme des gens qui avaient besoin d’appui, des gens qui n’avaient pas ce qui leur revenait. Ce livre était un testament à la situation pitoyable du pêcheur qui travaillait au profit des grandes entreprises.    

L’auteur Cameron était écrivain et éducateur, mais il avait aussi plusieurs cordes à son arc. Il était défenseur de l’environnement, mais aussi défenseur des droits de la personne et intéressé au développement communautaire. Quand le moratoire dans les pêcheries est arrivé en 1992 et que les travailleurs d’usines de transformation ont dû se trouver d’autres emplois dans des domaines inconnus, Silver Don a travaillé d’arrache-pied pour amener des emplois en région afin de garder les gens en région. Il a été joueur clé dans le montage d’une télévision communautaire qui assure toujours 4 emplois à temps plein, et ce depuis plus de 25 ans. Il a mis sur pied, encore avec l’aide de gens intéressés de la région, l’organisme Développement Isle Madame, un organisme qui voit toujours au développement économique et social de la communauté de l’Isle Madame. 

Venu de l’extérieur, le regretté Silver Don, a su laisser ses traces sur la petite communauté d’Escousse et de toute l’Isle Madame. La communauté a été enrichie par ce vaillant entrepreneur, éducateur, auteur et ami du peuple.