Tu ne perds rien pour attendre

Madjiguène Thiam
Écrivain de romans policiers, Janis Otsiemi est un Gabonais né en 1976 à Franceville. Doté de multiples talents, il a déjà offert au monde plusieurs œuvres palpitantes parmi lesquelles se trouve Tu ne perds rien pour attendre, un polar qui dépeint les couleurs de la société gabonaise, à travers une énigme qui tombe dans les mains d’un flic luttant déjà avec ses propres démons.


Dans Tu ne perds rien pour attendre, Janis Otsiemi permet au lecteur de voyager en Afrique, plus précisément au Gabon, à Libreville. Tout débute dans un prologue qui nous situe dans une résidence où un inconnu y entre par effraction, se dirige vers la chambre principale avec un seul but en tête : tuer l’homme dans le lit. Au cours de la lecture, on finit par comprendre qu’il s’agit en fait d’un rêve récurrent que notre flic Jean-Marc Ossavou fait chaque soir, tout simplement, car celui-ci à un désir profond de se venger du fils du président de l’Assemblée nationale qui a envoyé aux cieux l’âme de sa mère et de sa jeune sœur, le tout derrière le volant d’une voiture. Puisque celui-ci a filé entre les doigts de la loi, on comprend ainsi que le boulot que Jean-Marc exerce n’est pas une coïncidence, puisqu’il l’utilise comme remède pour calmer cette soif intérieure de vengeance. Seulement, après une bonne soirée dans un bar, notre policier presque ivre se trouve derrière le volant de sa voiture et roule dans les rues fantômes de Libreville, lorsqu’il tombe sur une jolie fille prénommée Svetlana. Il lui offre de la ramener chez elle, affaire de courtoisie. Elle finit par accepter après un moment d’hésitation et notre flic qui se trouve déjà dans une relation avec Marie, femme sage, finit même par obtenir l’adresse de la belle Svetlana. Ce n’est que le lendemain matin lorsqu’il retente sa chance avec celle-ci qu’on apprend l’inattendu : Svetlana est morte il y a déjà deux ans de cela. 


Ce roman noir est un très bel exemple de ce genre, car dans le roman noir on met l’accent sur les mœurs de la société, et on peut le voir dans les cruautés qui se déroulent à Libreville. De plus, après la visite fantastique de la jeune serveuse, Jean-Marc n’hésite pas à suivre, sans en avertir la hiérarchie, les pistes non complètes de cette enquête, ce qui cause la perte de son immunité, puisqu’il tient coûte que coûte à venger Svetlana. En réalité, c’est une autre façon pour lui de calmer son désir de venger le cas de sa mère et de sa sœur. Il prend des risques, se rend vulnérable et fragile ce qui affecte son destin, qui nous est incertain en tant que lecteur. 


Janis Otsiemi parsème également des mots gabonais pour différer un peu du ton froid et brutal que le roman noir a tendance à adopter. Ainsi, il enveloppe le tout avec une enquête qui nous garde sur le bout de la chaise et qui nous donne aussi soif que notre flic de savoir qui a tué Svetlana, comment et surtout pourquoi? 


Tu ne perds rien pour attendre est un roman qui touche plusieurs thèmes tels l’amour, la tromperie et la violence, mais notamment se concentre sur le thème majeur de la vengeance. Janis Otsiemi écrit avec merveille et simplicité une enquête affolante, qui ne manque ni de suspense ni d’action. Bref, tu ne perds rien à le lire.