Sandrine Pagé

La grammaire est une chanson douce

La grammaire est une chanson douce, roman d’Erik Orsenna, paru en France aux éditions Le Livre de Poche, relate l’histoire à la fois dramatique, magique et épique de deux jeunes enfants ayant perdu la voix suite à un naufrage. Vous y trouverez, comme lecteur, une apologie du français et une centaine de raisons qui vous amèneront à vouloir garder cette langue comme trésor.

     Lorsque le bateau de Jeanne et son frère Thomas, est pris dans une tempête dans laquelle il finit par sombrer, les deux jeunes gens se retrouvent sur une île inconnue et découvrent qu’ils ont perdu la voix. Alors qu’ils sont sur la plage à reprendre leur souffle, ils se rendent compte que des mots flottent sur la rive. Ils font par la suite la rencontre de Monsieur Henri, grand homme noir, poète et musicien, qui sera leur guide et qui les aidera à retrouver la parole. S’ensuit une découverte de ce nouveau territoire, où Jeanne apprend que l’île est magique, car les mots y vivent. C’est grâce à ce fait que Monsieur Henri saura axer l’attention des deux jeunes sur le français; la découverte d’une ville de la grammaire avec les mots qui se marient afin de s’accorder, l’existence d’une usine de mots où on ne cesse de créer et la rencontre avec La Nommeuse, qui veille sur les mots rares, tout cela saura redonner envie à Jeanne et Thomas de parler.

     Si le roman La grammaire est une chanson douce a été publié afin de donner à ses lecteurs le goût du français, alors ces derniers ont ici une intrigue idéale. Celle-ci offre des situations qui mettent non seulement en valeur la langue française — et ce, d’une manière très douce et non contraignante — mais qui donne aussi des raisons de continuer son apprentissage : comme Jeanne le découvre, le français est profond et plaisant, et pour Thomas, il est musical et magnifique de par ses mots. Le lecteur arrive alors à se mettre à la place des personnages et à redécouvrir ce monde qu’est la francophonie ainsi qu’à en apprendre davantage sur un langage qui apparaît comme étant merveilleux et salvateur. La grammaire est une chanson douce fait donc office, à sa manière, de porte d’entrée pour des francophones intéressés par leur langue maternelle, mais aussi pour ceux qui peuvent penser se perdre dans cette langue complexe et parfois obscure.

     Si le roman peut sembler à première approche une déclaration d’amour envers la langue française, à en croire la quatrième de couverture du livre, il se fera facilement révélateur de son contenu dès la lecture des premières pages. Bien qu’il soit bel et bien concentré sur la question de la grammaire, il l’est d’une manière qui donne envie de continuer à lire. Le fait qu’il soit aussi facile de s’identifier aux personnages principaux rend la lecture simple et amusante. Pour tous les lecteurs qui cherchent une raison de garder le français comme langue première ou qui ont envie de lire une œuvre mettant le français de l’avant, La grammaire est une chanson douce est définitivement une lecture pouvant exaucer vos souhaits.