Tom Torlino - Navajo, “Tel qu’il est entré à l’école en 1882” et “Tel qu’il apparaît trois ans plus tard”, extrait de Souvenir of the Carlisle Indian School, 1902.  
Tom Torlino - Navajo, “Tel qu’il est entré à l’école en 1882” et “Tel qu’il apparaît trois ans plus tard”, extrait de Souvenir of the Carlisle Indian School, 1902.  

Éditorial

Amber d'Entremont
Amber d'Entremont
Nous sommes à Mi’kma’ki, le territoire ancestral et non cédé du peuple Mi’kmaq, et nous les reconnaissons comme les gardiens passés, présents et futurs de cette terre. En tant que journal acadien francophone de la province, nous sommes reconnaissants de travailler et de construire une communauté ici.

Je ne sais pas quelles sont vos croyances, mais s’il y a une chance qu’il y ait une vie après la mort et que je n’ai pas d’autre choix que de revenir, je veux être un caillou qui repose dans une rivière et rien de plus. J’ai eu cette pensée il y a trois ans, mais je suis encore plus sérieuse maintenant. Les nouvelles concernant les 215 corps d’enfants autochtones qui ont été découverts, et maintenant les 751 tombes non marquées découvertes près de l’ancien pensionnat autochtone de Marieval ont renforcé mon souhait de revenir sous forme de pierre (si j’ai le choix).


« They might not live for long, but it seemed that the Principal was determined that, with slate and chalk in hand, ...the children would die on the road to civilization. »  – Dr. F. A. Corbett 



La main sur la poitrine, prenant de profondes respirations entre chaque anecdote de notre histoire canadienne, je suis restée réveillée tard, horrifiée. J’ai lu que les écoles étaient surpeuplées, quel que soit le nombre d’élèves malades. Les enfants atteints de tuberculose étaient toujours dans le même dortoir que ceux qui n’étaient pas encore infectés. J’ai lu à propos des conditions dans les chambres : les lits crasseux, la chambre sale et dilapidée, pas de soleil, pas d’air frais et les enfants courbés sur leur lit, la poitrine et le cou enflés. J’ai lu au sujet de l’odeur écœurante provenant de leurs ulcères. Un terrain fertile pour la tuberculose, les dortoirs étant des salles d’incubation.


« Sixteen of the children had ‘suppurating glands’ or, open ulcers and many sit at their desks with unsightly bandages around their necks to cover up their large swellings and foul smelling sores. »



J’ai lu qu’ils étaient soumis à des expériences, battus et abusés sexuellement. Des enfants innocents étaient enfermés dans leurs dortoirs, ce qui rendait leur sortie plus difficile. Je n’ose même pas imaginer ce que ces enfants ont vécu et ce que vivent les enfants des survivants et leurs enfants. Le profond traumatisme intergénérationnel chez les peuples indigènes, dû aux pensionnats, au Sixties Scoop et au Millennial Scoop, dans lesquels les enfants indigènes ont été retirés de leur famille pour être adoptés ou pour grandir dans le système de protection de l’enfance, en dehors de leur communauté. J’ai lu des articles sur la disparition et le meurtre de milliers de femmes et de filles indigènes. C’est tellement accablant!


La recherche continue et je vous encourage à faire de même, à poser des questions et à discuter. Je vous invite à faire vos propres recherches afin d’être mieux informés et de contribuer au processus de guérison qui nous mènera vers un meilleur avenir.


L’histoire n’est qu’un rêve

Le futur n’a pas eu lieu

Le présent est changeable