Lucien Comeau
Creuser pour des palourdes aux premiers rayons du soleil.  
Creuser pour des palourdes aux premiers rayons du soleil.  

Récréation et gastronomie de la palourde

GROSSES COQUES  : Lors de la dernière marée haute, j’ai été invité à ramasser des palourdes avec des amis. J’ai demandé à quelle heure je devais être à Grosses Coques ou à la Pointe-à-Major. Russel Deveau m’a répondu « vers 5 heures du matin pour être sûr d’arriver environ 30 minutes avant la marée la plus basse et avant le lever du soleil ».

Arrivés sur la plage dans l’obscurité, nous sommes descendus avec nos chariots et nos fourches pour trouver les « Palounes » (palourdes), les rois des mollusques. Après avoir marché sur des pierres glissantes et irrégulières, nous sommes arrivés sur les bancs de sable où j’ai vu d’autres individus à la recherche de palourdes. Selon Yvette Deveau « parfois à marée haute il peut y avoir 100 à 200 personnes sur les plages. Le nombre dépend surtout d’un beau soleil avec du vent et une mer calme et bien sûr à une heure agréable. Certaines personnes aiment tellement ça qu’elles y vont presque tous les jours et donnent les récoltes à leurs amis ou les vendent pour se faire un petit revenu ».


C’est toute une affaire pour les ramasseurs de palourdes. Un véritable défilé de chariots artisanaux avec des roues de golf, des sceaux et filets flottants pour les palourdes et des boîtes à fenêtres pour mieux voir le fond. Certains, conscients pour conserver la ressource, attachent un anneau de trois pouces à leur chariot, la mesure légale. Pour d’autres, un seau de cinq gallons suffit avec une fourche improvisée pour piquer le sable où les palourdes se cachent à 2 ou 4 pouces de profondeur.


« Aujourd’hui, il n’y a pas besoin de boussole, parfois le brouillard est si épais que l’on perd l’orientation du rivage avec les marées montantes. À certains endroits, il y a des chenaux d’eau où par hasard des personnes se sont retrouvées coincées jusqu’à la poitrine dans l’eau », me dit Russel.


En tant que novice, j’ai demandé des conseils pour améliorer ma capacité à trouver ce roi des mollusques. Selon Yvette qui a trouvé deux fois plus de palourdes que moi, « c’est avec l’expérience, parfois la taille et la marque distinctive du trou dans le sable sont de bons indices. Les conditions de la météo et de la mer peuvent rendre la récolte plus difficile. Si les palourdes sont immergées sous l’eau, le pic de la fourche à côté d’elles les fait réagir et expulser du sable ».


La récolte arrive vers la fin avec la montée de la mer après 20 minutes entre marées et nous retournons avec nos biens vers le rivage. Selon Eric Saulnier, la limite est de 400 palourdes « mais jamais physiquement possible de les apporter ou d’en trouver suffisamment durant une marée. N’oubliez pas de donner chance aux palourdes de se nettoyer du sable dans l’eau de la mer froide pendant 6 à 12 heures ».


C’est terminé à 8 h 30, mais non… il reste le choix de comment les manger, sois crue ou cuite, ou bien les mettre en conserve. C’est beaucoup de travail de les décortiquer, de les nettoyer, d’exclure les parties non comestibles et de les stériliser dans une bouteille pour la râpure, les coquilles Saint-Jacques ou avec des galettes.

  

Une expérience inoubliable à vivre et à partager avec des amis qui depuis plus de 30 ans ont le plaisir de pratiquer cette activité récréative et gastronomique.

Préparation des palourdes pour la mise en bouteille, par Yvette Deveau.