Caroline Arsenault, présidente de la Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse.  
Caroline Arsenault, présidente de la Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse.  

Parents et enseignants demandent plus de transparence du gouvernement

Diana Ombe
Diana Ombe
Depuis le mois de septembre, la Nouvelle-Écosse fait face à une éclosion des cas de COVID-19 au sein des établissements scolaires. Cela inquiète plusieurs parents, dont certains décident de garder leurs enfants à la maison, provoquant une baisse des effectifs en salle de classe. La présidente de la Fédération des parents acadiens de Nouvelle-Écosse estime que cette situation se poursuivra tant que le gouvernement ne fournira pas plus de précisions quant aux procédures mises en place réduire la propagation du virus.

Selon la liste des cas d’exposition à la COVID-19 liés aux écoles publiques, plus de 60 écoles ont eu au moins une exposition à la COVID-19 depuis le mois de septembre. Parmi ces écoles, 18 proviennent du Conseil scolaire acadien provincial (CSAP). 


Dans un point de presse tenu en anglais le 6 octobre, le médecin-hygiéniste en chef de la province, le Dr Robert Strang, a affirmé qu’en raison de la circulation du virus dans la communauté, il est logique que les écoles ne soient pas épargnées par le fléau de la COVID-19.


Il a également assuré que toutes les mesures ont été mises en place pour empêcher autant que possible la circulation du virus au sein des établissements. «Et je crois fermement que le risque de ne pas être à l’école est plus grand que le risque de COVID. Je crois que les écoles restent sûres même si nous avons une certaine activité virale», a-t-il ajouté.


« Mais soyez assurés que si la santé publique estime que la fermeture d’une école est nécessaire, nous n’hésiterons pas à collaborer avec nos partenaires du secteur de l’éducation », a nuancé le Dr Robert Strang.


« Les parents et le personnel méritent la vérité »


Au vu de la montée des cas au sein de l’école élémentaire Duc d’Anville, le gouvernement a donc décidé de fermer temporairement l’école. 


Pour le personnel enseignant, il ne faut pas juste fermer l’école. Il est aussi essentiel d’informer les enseignants sur le procédé mis en place pour réduire la propagation.


« L’inquiétude des enseignants repose sur le manque de transparence et le non-signalement des cas. La façon dont les choses ont été rapportées à ce jour n’équivaut pas aux standards de communication du printemps dernier. Nous pensons que les parents et le personnel méritent la vérité », déplore Paul Wozney, président de la Nova Scotia Teachers Union (NSTU).


Par « le non-signalement des cas », il entend que les enseignants n’ont pas accès en temps réel au nombre de cas au sein de leur école. Une fois un cas déclaré, il doit passer par une commission avant d’être reconnu, ce qui laisse les enseignants dans l’ombre pendant une période donnée.


Cette frustration est partagée par Caroline Arsenault, présidente de Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse (FPANE). Elle estime qu’en augmentant les communications relatives aux procédures, on réussirait à rassurer les parents d’élèves. 


« Je pense qu’il serait important d’augmenter les communications de la part de santé publique. Cette démarche devrait inclure des éclaircissements sur la procédure d’identification des contacts rapprochés, sur les échéanciers, sur les procédures à suivre pour les familles […] Cela rassurerait beaucoup les parents», explique-t-elle. 


Baisse des présences en salle de classe


Selon Paul Wozney, les éclosions au sein des écoles ont engendré plusieurs problèmes pour les enseignants. En dehors des risques de contamination, on remarque une baisse des présences en salle de classe. 


« Dans les écoles où il y avait beaucoup de cas, même dans les classes qui n’étaient pas marquées comme à contacts étroits, la fréquentation est en baisse. En tant qu’enseignant, que pouvez-vous apprendre à une classe où moins de la moitié de vos étudiants sont présents? » déplore-t-il.


Selon lui, le manque de communication quant au nombre de cas actifs est directement lié à d’autres problèmes sociaux : des présences aux difficultés que rencontre le personnel enseignant pour effectuer son travail, les impacts du manque de communication se font ressentir à tous les niveaux.


Pour Caroline Arsenault, le retrait des enfants des salles de classe est « l’un des symptômes du manque d’information de la population ». 


Selon elle, tant que l’on n’expliquera pas clairement aux parents les effets de la COVID sur les enfants et les faibles complications médicales que cela entraîne généralement, les parents auront peur de laisser leurs enfants aller à l’école. 


« Quand il n’y a pas d’informations publiques fournies, c’est dans ce temps-là que les rumeurs peuvent commencer à courir. Les parents vont se tourner vers Internet pour trouver de l’information et cette dernière n’est pas toujours fiable », conclut-elle. 

Paul Wozney, président de la Nova Scotia Teachers Union.