Michael Hatt, pharmacien et propriétaire de la Medecine Shoppe Pharmacy à Port Hawkesbury.  
Michael Hatt, pharmacien et propriétaire de la Medecine Shoppe Pharmacy à Port Hawkesbury.  

La lutte contre la COVID-19, idée novatrice

Robert Fougère
PORT HAWKESBURY : L’ambulance est un véhicule qui sert, le plus souvent, à transporter, vers des hôpitaux, des malades en situation de crise ou des accidentés et blessés. C’est ça sa vocation première, sans conteste.
L’ambulance d’occasion qui fut réparée et aménagée en clinique mobile, dans le stationnement de la Medecine Shoppe Pharmacy à Port Hawkesbury.  

Michael Hatt, pharmacien et propriétaire de la Medecine Shoppe Pharmacy à Port Hawkesbury a cru et a pensé qu’il pouvait y avoir autres vocations pour une ambulance; c’est-à-dire, une ambulance d’occasion. Après avoir pensé à l’achat d’une ambulance d’occasion, découvert sur Kijiji il y a plusieurs années de cela, il avait rangé l’idée. L’idée a muri davantage et avec l’arrivée de la COVID-19, il a vu comment pourrait servir cette ambulance, ce véhicule qui avait servi son temps ou sa première vocation, si on peut dire ainsi. M. Hatt a donc acheté l’ambulance qui avait fait l’objet de ses pensées, de ses rêves depuis assez longtemps. 


Le pharmacien de Port Hawkesbury a réparé et a transformé l’ambulance en clinique mobile. L’automne dernier, il a su s’installer dans certains villages de la région du détroit de Canso pour offrir des vaccins contre la grippe, à partir de son ambulance, adaptée à ces fins. La COVID-19 avait rendu difficile l’accès aux salles communautaires, les endroits que le pharmacien Hatt utilisait dans le passé, comme lieux de vaccinations contre la grippe. Il le ferait, dorénavant, de son ambulance, sa clinique mobile. 


Dans une entrevue au micro d’Amélie Gosselin le 8 avril dernier, à l’émission matinale, édition Nouvelle-Écosse de Radio Canada, M. Hatt a expliqué qu’il avait pensé que son projet faciliterait la vaccination des gens en région rurale sans toutefois les mettre en danger, face è la COVID-19. Son ambulance serait plus facile à nettoyer et à désinfecter. Les règlements de distanciation seraient plus facilement suivis comme les gens devraient attendre dans leurs voitures et rien qu’une personne à la fois pourrait se présenter dans l’ambulance. Il a dit à Amélie Gosselin : « On ne pensait pas avoir autant de succès. »

Aujourd’hui, au printemps 2021, Michael Hatt est organisé pour offrir des services de vaccinations, contre la COVID-19, de sa clinique mobile dans le stationnement de sa pharmacie, Medecine Shoppe, à Port Hawkesbury. L’option est offerte d’entrer dans la pharmacie, mais pour celles et ceux qui préfèrent, ils utilisent l’ambulance qui sert aussi de lieu de vaccination. On arrive à l’heure indiquée et une préposée à l’accueil s’occupe de l’inscription. On attend dans sa voiture et au signal de la réceptionniste on entre dans l’ambulance et on reçoit son vaccin contre la COVID-19. Après avoir été piqué contre la COVID-19, on retourne à sa voiture pour une période de 15 minutes, le temps requis selon les protocoles. Et puis on est en route, si tout va à la normale. C’est l’expérience que votre pigiste a vécue le 5 avril dernier. Vite fait et toujours en suivant les protocoles de Santé publique, Nouvelle-Écosse.


Michael Hatt dit qu’un jour, il espère pouvoir aller en région offrir des doses contre la COVID-19. Pour l’instant, il n’a pas la permission et il doit se limiter à ce qu’il fait dans le stationnement de sa pharmacie à Port Hawkesbury. Lors d’un entretien avec Adam Cooke, à l’émission Notre Côté, diffusée sur les ondes de la télévision communautaire de l’Isle Madame, M. Hatt répète que son objectif, avec l’achat de cette ambulance, était de rendre un meilleur service aux gens en régions rurales. Il dit : « Par exemple, il y a des régions comme Louisdale, Judique, Mulgrave et d’Escousse qui n’ont pas de pharmacie. Je veux aider ces régions à recevoir des services plus près de chez eux. » Pour le moment, ce sont les vaccins qui sont d’importance et dès qu’on lui donne feu vert, il saura se rendre en région faire ce qu’il a commencé l’automne 2020; cette fois-ci avec des vaccins contre la COVID-19. Il pense qu’il y a aussi d’autres façons de rendre service, après COVID.  


Michael Hatt a dit être content d’avoir pu présenter, en français, le service qu’il offre et parler des services qu’il sera possible d’offrir dans un avenir rapproché. Il dit : « le français n’est pas ma langue maternelle, mais je profite d’occasions comme celle-ci pour parler le français. Je vous remercie de l’invitation pour faire ceci en français. » 


Il ne faudrait pas oublier que ce francophile est là quand on dressera la liste des personnes, dans le domaine de la santé, qui puissent offrir des services en français. 


Un brin d’histoire  


Les gens d’un certain âge se rappellent l’arrivée du boucher, dans le village, allant de porte-à-porte pour vendre de la viande. Pareillement pour le laitier qui arrivait avec le lait chaque matin, du lait dans des bouteilles en verre. Pour ne rien dire des marchands de vêtements qui arrivaient, avec leurs grosses valises, pour ouvrir et mettre en montre, dans votre cuisine, des belles chemises en flanelle ou des pantalons en laine pour les durs mois d’hiver. Dirait-on le Amazon, à l’ancienne?


Pour en revenir à l’ambulance d’occasion ou la clinique mobile. Est-ce qu’on ira de porte-à-porte? Il est douteux. Mais si on va de village à village offrir des services à ceux qui n’ont pas de services de pharmacie et si on peut aller rejoindre les gens qui n’ont pas les moyens de transport, c’est déjà beaucoup. C’est répondre à un réel besoin. Ça cadre bien avec le développement des communautés, amies des aînés.


Le rêve de Michael Hatt est devenu réalité et les gens en sont contents.