La bénédiction des bateaux a été effectuée par une aînée de la communauté autochtone avant leur mise à l’eau.
La bénédiction des bateaux a été effectuée par une aînée de la communauté autochtone avant leur mise à l’eau.

La tension continue sur la baie Sainte-Marie

Richard Landry
SAULNIERVLLE : Les pêcheurs des Premières nations ont continué de pêcher le homard sur la baie Sainte-Marie suite à la cérémonie de la remise de permis traditionnels le 17 septembre dernier. Et les pêcheurs commerciaux locaux les ont suivi de près et en grand nombre sur la baie. La tension entre les deux groupes se maintient alors que les pêcheurs commerciaux saisissent les casiers des pêcheurs mi’kmaq à mesure qu’elles sont déposées dans la mer.

Des hélicoptères de La Garde côtière et de la Gendarmerie royale du Canada ont circulé pour surveiller les actions des deux groupes. Aussi, de gros navires de La Garde côtière circulaient sur la baie en cas d’incidents graves.


Les bandes autochtones ont établi un campement au quai de Saulnierville pour appuyer leurs pêcheurs qui s’y trouvent. Des centaines d’Autochtones de partout en Atlantique s’y trouvent. 


Aussi, la population locale s’est regroupée le long des côtes de la Baie Sainte-Marie pour appuyer ses pêcheurs locaux du homard. Les deux parties attendent toujours, chacun de leur côté, que le gouvernement fédéral mette fin à cette situation menaçante en Clare en mettant les lois en vigueur, soit les lois des Mi’kmaq qui ont obtenu l’accès à la pêche, soit les lois de Pêches et Océans qui a établi les saisons de pêche fermées afin de protéger le stock.


Nombreux pêcheurs locaux du homard ont aussi manifesté devant les résidences des acheteurs potentiels du homard des Mi’kmaq dans la région afin d’empêcher la vente du homard hors saison. 


Les affrontements rapportés comprennent l’accusation de la part des Mi’kmaq qu’ils ont été attaqués par des fusées éclairantes et l’accusation de la part des pêcheurs commerciaux qu’ils ont été attaqués par des balles en caoutchouc. 


Les pêcheurs locaux se voient, depuis quelques années, aller plus loin dans la baie de Fundy, éloignés de la Baie Sainte-Marie, afin de pêcher le homard qui était jadis abondant près des côtes. Ils voient maintenant le homard pêché en grande quantité par les pêcheurs autochtones et expédiés ailleurs. Ils estiment qu’il y a eu une baisse de 68 % dans les prises du homard au cours des dernières années, soit de 1 720 tonnes en 2017 à 650 tonnes en 2019. Ils craignent pour l’avenir de la pêche.


Les leaders autochtones déclarent qu’ils doivent pêcher afin de sortir leurs communautés de la pauvreté. Les pêcheurs commerciaux déclarent que les Mi’kmaq devraient surtout pêcher dans la région où ils habitent au lieu de se rassembler sur la baie Sainte-Marie.