Les candidats Leslyn Lewis, Peter MacKay, Erin O’Toole et Derek Sloan.
Les candidats Leslyn Lewis, Peter MacKay, Erin O’Toole et Derek Sloan.

Molière amoché, francophonie canadienne soulignée

OTTAWA : Il est souvent difficile de déterminer qui a gagné lors des débats entre candidats d’un parti ou aux élections. Dans le cas du débat en français des candidats à la direction du Parti conservateur du Canada (PCC) qui a eu lieu le soir du 17 juin, le gagnant n’était sûrement pas le français.

Leslyn Lewis, Peter MacKay, Erin O’Toole et Derek Sloan ont pris part au débat en français qui se déroulait — pandémie oblige — sans auditoire. Les questions avaient été choisies au préalable et préenregistrées par différentes personnes de partout au pays.


Erin O’Toole et Peter MacKay, les deux meneurs pressentis de la course, avaient un net avantage sur les deux autres candidats en ce qui concerne leur niveau de français, et ont fortement occupé les échanges libres.


Langues officielles et minorités francophones


La question des langues officielles et de la francophonie pancanadienne a été soulevée à quelques reprises au cours de la soirée.


Dans son mot d’ouverture, Peter MacKay a salué les « amis conservateurs du Québec, de l’Acadie et de la francophonie ».


L’une des questions posées aux candidats portait spécifiquement sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles qui se fait attendre. Un échange à deux entre Derek Sloan et Erin O’Toole s’en est suivi.


Erin O’Toole a pris un engagement clair : « Je vais défendre les droits linguistiques au Québec et à travers le pays pour les communautés francophones dans l’Ouest, en Ontario et les Acadiens aussi. Je vais moderniser la Loi sur les langues officielles et c’est très important de faire ça immédiatement. »


Quant à Derek Sloan, il a plutôt dit miser sur le bilinguisme uniquement dans certaines régions : « Dans les régions qui sont unilingues francophones ou unilingues anglophones, le gouvernement du Québec ne devrait offrir des services qu’en français et le gouvernement de l’Alberta ne devrait offrir des services qu’en anglais. »



« « Je vais défendre les droits linguistiques au Québec et à travers le pays pour les communautés francophones dans l’Ouest, en Ontario et les Acadiens aussi. Je vais moderniser la Loi sur les langues officielles et c’est très important de faire ça immédiatement. » »
— Erin O’Toole, candidat à la direction du PCC

Erin O’Toole a poursuivi en proposant d’augmenter le rôle du Commissariat aux langues officielles (CLO) « pour examiner les services en français pour les francophones partout au pays », alors que Derek Sloan soulevait la question des unilingues anglophones et francophones qui ont de la difficulté à trouver de l’emploi.


Plus tard dans le débat, Erin O’Toole a déclaré qu’il allait « renforcer la reconnaissance de la nation québécoise et donner à la province plus d’autonomie pour la culture », ce à quoi Peter MacKay a répondu qu’il y avait « une autre importante contribution à notre parti. On doit reconnaître la nation de l’Acadie. Il y a beaucoup de francophones dans les autres régions du Canada. »


Quant à la candidate Leslyn Lewis, elle n’a abordé la question qu’une seule fois, mais en réponse à une tout autre question, soit sur l’ancien projet d’oléoduc Énergie Est. « Je crois que les Québécois et tous les Canadiens devraient pouvoir être servis par leur gouvernement fédéral dans la langue officielle de leur choix », a-t-elle déclaré.  


Pour Leslyn Lewis, la soirée aura a été un dur labeur pour s’exprimer en français, une langue qu’elle connaît visiblement très peu. Tout au long du débat, elle s’est contentée de lire ses notes — souvent péniblement — et n’a pratiquement pas pris part aux échanges directs.


Même si ces mentions « linguistiques » ont fait rapidement place « aux vraies affaires », Stéphanie Chouinard, politologue au Collège militaire royal du Canada, souligne qu’elles ont pris « une certaine place » dans le débat, avec même une question ciblée. 


« On peut se réjouir que ce soit un enjeu politique qui soit pris au sérieux par le Parti conservateur, d’autant plus qu’on attend toujours la modernisation de la Loi sur les langues officielles. » 


Combat de coqs O’Toole-MacKay


La rivalité entre les deux hommes a été la trame de fond du débat, menant souvent à des épisodes cacophoniques.


Erin O’Toole s’est plaint continuellement que le camp MacKay avait « attaqué » sa plateforme sur le Québec ainsi que son programme environnemental, sans vraiment donner de détails.


De son côté, Peter Mackay a tenté à plusieurs reprises d’amener son principal adversaire à préciser s’il était pro-choix ou anti-avortement. Erin O’Toole a esquivé la question à chaque reprise, mais il a indiqué aux journalistes après le débat qu’il avait une « approche pro-choix ».


Erin O’Toole a tenté de marquer des points en soulignant à quelques reprises que Peter MacKay, lorsqu’il était ministre dans le gouvernement de Stephen Harper, avait voté en faveur d’une loi pro-LBGTQ en 2013. Celui-ci s’est finalement défendu en disant qu’il s’agissait alors de la position du parti.


Peter MacKay a d’ailleurs pris le temps de bien préciser ses positions sur les minorités et les groupes discriminés, voulant démontrer qu’avec lui comme chef, le visage du Parti conservateur prendrait une nouvelle forme.


« Le Parti conservateur est inclusif, c’est évident, mais a-t-on fait des actions pour ça? Je suis pro-choix, je suis d’accord avec le mariage gai et j’ai marché dans les défilés gais. C’est absolument nécessaire d’avoir des positions inclusives, modernes et claires. Il faut présenter un plan pour protéger l’environnement. J’appuie la communauté LGBTQ+ sans réserve. Il faut s’adresser aux Canadiens, aux jeunes, aux communautés culturelles, aux Autochtones et aux francophones. C’est absolument important de se présenter comme un parti qui dit : “Oui, s’il vous plaît, entrez. On vous respecte.” »


Projets énergétiques


L’énergie et les ressources naturelles ont également pris une grande place pendant le débat. 

Erin O’Toole a déclaré la chose suivante : « Je vais être un champion pour tous les secteurs énergétiques du Canada, dans l’Ouest et bien sûr au Québec, avec le grand projet GNL Québec (exportation de gaz naturel liquéfié à Saguenay). Je vais me tenir debout devant la clique du Plateau. »


De son côté, Peter MacKay reprend à son compte l’idée d’un grand « corridor énergétique » dans lequel circuleraient « toutes les ressources », incluant le gaz naturel et l’hydroélectricité, « en consultation avec le Québec ». Curieusement, l’ancien ministre a mentionné à plusieurs reprises le gaz naturel, mais a ignoré le pétrole.


« Nos ressources doivent atteindre nos marchés », a renchéri Leslyn Lewis.


Derek Sloan va plus loin en préconisant que les provinces aient les pouvoirs exclusifs sur les projets énergétiques. Il préconise aussi toutes sortes de mesures fiscales pour relancer le secteur pétrolier et gazier.


Derek Sloan s’oppose à plusieurs mesures environnementales et à d’autres qu’il considère antiénergie : il veut abolir la taxe sur le carbone, retirer le Canada de l’Accord de Paris, abroger les projets de loi C-69 (révision de l’évaluation des projets énergétiques importants), C-48 (transport du pétrole sur la côte nord de la Colombie-Britannique) et C-68 (protection des poissons) et annuler l’adoption de la Déclaration des Nations unies sur les peuples autochtones qui « sapent les intérêts nationaux et les intérêts des Premières Nations ».


Il a aussi rappelé que Stephen Harper avait réussi à élire un gouvernement majoritaire tout en éliminant le financement international des avortements.


Selon Stéphanie Chouinard, les proposions des candidats pour le secteur de l’énergie avaient un air de déjà-vu. « On n’avait pas l’impression de faire face à des idées révolutionnaires. »


Mais, en général, qui a gagné ?



« Le Parti conservateur est inclusif, c’est évident, mais a-t-on fait des actions pour ça? Je suis pro-choix, je suis d’accord avec le mariage gai et j’ai marché dans les défilés gais. C’est absolument nécessaire d’avoir des positions inclusives, modernes et claires. Il faut présenter un plan pour protéger l’environnement. J’appuie la communauté LGBTQ2 sans réserve. Il faut s’adresser aux Canadiens, aux jeunes, aux communautés culturelles, aux Autochtones et aux francophones. C’est absolument important de se présenter comme un parti qui dit : “Oui, s’il vous plait, entrez. On vous respecte.” » »
— Peter MacKay, candidat à la direction du PCC

« C’est difficile à dire, dit-elle. Du point de vue de la clarté des idées, j’ai l’impression qu’O’Toole était plus facile à suivre ; par contre, on voyait que MacKay avait beaucoup plus d’expérience en termes de débat et était peut-être plus combatif à plusieurs égards et tentait de remettre en question ce que M. O’Toole disait. »

Les quatre candidats se sont mesurés à nouveau pour un deuxième round — en anglais cette fois-ci — le 18 juin dernier.

OTTAWA : La 45e Assemblée générale annuelle (AGA) de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) a eu lieu le samedi 13 juin. La réunion a eu lieu par vidéoconférence, la première fois que la FCFA coordonne ce genre de réunion annuelle. Elle était prévue d’avoir lieu à Québec pendant le sommet de la Francophonie, cependant dû à la pandémie causée par le COVID-19, la FCFA a été obligée de s’adapter à cette nouvelle réalité, de se rencontrer en ligne par des rencontres virtuelles. Les organismes membres de la FCFA étaient tous présents ainsi qu’un grand nombre d’observateurs. Jean Johnson a présidé la rencontre.

OTTAWA :  Féminisation des titres, rédaction épicène, formulation neutre, grammaire non sexiste, écriture inclusive : ces différents courants, tendances ou propositions d’écriture ou de discours verbal visent à réduire ou éliminer de la langue française la discrimination des femmes, des personnes non binaires et d’autres membres de la société, en particulier dans les documents ou les déclarations publiques.

OTTAWA :  Lors de leur assemblée générale annuelle virtuelle, le 13 juin dernier, les associations membres de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada ont tenu des élections pour combler trois des cinq postes à leur conseil de direction pour des mandats de deux ans. De l’Alberta à l’Île-du-Prince-Édouard, les élus sont tous de nouveaux visages à la FCFA.

DARTMOUTH : Bienvenue à la soirée Trivia et Poutine présenté par le Francofest en partenariat avec le Bureau du Québec dans les provinces atlantiques pour célébrer la Saint-Jean-Baptiste, la fête des franco-canadiens, ainsi que la Fête nationale du Québec.

FRANCOPRESSE : La Cour suprême du Canada a donné raison à la communauté francophone de la Colombie-Britannique, qui réclame depuis dix ans devant les tribunaux que le système scolaire de langue française soit mis à égalité avec le système anglophone au niveau des installations et des services disponibles.

ATLANTIQUE : La présidente de la Société Nationale de l’Acadie, Mme Louise Imbeault, la ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Sonia LeBel, et la Commission permanente de concertation entre l’Acadie et le Québec annoncent fièrement qu’elles décernent le prix Acadie-Québec 2020 à Antonine Maillet, une figure emblématique de la littérature de langue française en Amérique depuis plus de 60 ans.

OTTAWA : La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) tiendra le samedi 13 juin sa 45e assemblée générale annuelle (AGA). Les 18 organismes membres voteront pour élire une nouvelle vice-présidence, le Franco-Manitobain Justin Johnson ayant choisi de ne pas solliciter un deuxième mandat, ainsi que pour combler les postes à la trésorerie et à la représentation des organismes nationaux au Bureau de direction.

NOUVEAU-BRUNSWICK : Julie Bissonnette a terminé son mandat à titre de cheffe de poste au Bureau du Québec dans les provinces atlantiques (BQPA), le vendredi 22 mai. Entrée en fonction le 30 juillet 2018, elle était la première femme à occuper ce poste. Depuis son départ, elle occupe le poste de vice-présidente à la Société du Plan Nord au sein du gouvernement du Québec.

OTTAWA (ON) : La rencontre régulière de la Fédération des communautés francophones et acadiennes (FCFA) a eu lieu les 26, 27, 28 et 29 février 2020 à Ottawa. Pendant la première journée, une réunion du bureau de direction de la FCFA a eu lieu dans l’avant-midi et pendant l’après-midi il y a eu une séance d’orientation avec l’équipe francophone. Toutes les rencontres de la FCFA ont eu lieu à l’hôtel Lord Elgin, près de la colline du Parlement au centre-ville.

HALIFAX : Avec près d’une vingtaine d’activités organisées en français durant le mois de mars 2020, les habitants de la région de la Municipalité régionale de Halifax (MRH) pourront célébrer le mois de la Francophonie et découvrir le travail des organismes francophones de la région.

Dans le cadre du mois de la Francophonie, les Rendez-vous de la Francophonie vousoffrentuneprogrammation divertissante et enrichissante du 1er au 31 mars 2020. En rassemblant et en répertoriant les activités organisées par des francophones et francophiles de partout au pays, les Rendez-vous de la Francophonie communiquent le dynamisme des communautés et des régions et font la promotion de ces célébrations dans le calendrier pancanadien pour vous inviter à vous joindre à la fête. Pour consulter la liste des activités et le calendrier, visitez https://rvf.ca

HALIFAX : Le gouvernement du Canada investit dans le parcours d’intégration francophone visant à mieux attirer et retenir les immigrants francophones au pays. Entre autres, le Plan d’action pour les langues officielles 2018-2023 Investir dans notre avenir prévoit un projet pilote mené par l’entremise de l’immigration pour les communautés accueillantes francophones en situation minoritaire.

HALIFAX : Suite à la consultation auprès de la communauté acadienne et francophone de 2017, la Municipalité régionale d’Halifax a mis en œuvre des initiatives pour répondre à certains besoins pressants identifiés lors de la consultation, y compris l’augmentation des documents de communication bilingues, la création d’un poste permanent pour les services en français et la création du microsite en français Halifax.ca/fr, entre autres.

HALIFAX : Cette quatrième Réception des conseillers municipaux acadiens et francophones a été organisée par le Conseil de développement économique de la Nouvelle-Écosse (CDÉNÉ) en marge de la conférence annuelle de la Fédération des municipalités de la Nouvelle-Écosse et en partenariat avec le ministère des Affaires municipales de la Nouvelle-Écosse. Cette soirée, organisée sous l’impulsion de Julie Oliver, directrice générale du CDÉNÉ, fut l’occasion pour les participants de réseauter en français, d’échanger au sujet de leurs pratiques professionnelles.

HALIFAX : Les années passent et les éditions du Francofest Halifax se succèdent, mais ne se ressemblent pas. Pour cette 9e édition, le comité organisateur et ses partenaires nous auront proposé une programmation épurée et bien équilibrée et une panoplie d’activités diversifiées et gratuites, pour la plupart, le tout, sur une période de presque trois semaines de festivités.

DARTMOUTH : C’est en fin de semaine que la Fédération culturelle acadienne de la Nouvelle-Écosse (FéCANE) a tenu, au Delta de Dartmouth, sa 16e assemblée générale annuelle. Celle-ci a donné l’occasion aux membres de la FéCANE de se réunir et de faire le point sur le changement de leur direction générale.

COMEAUVILLE : Quatre élèves du cours de Civisme à l’École secondaire de Clare continuent de travailler à leur projet de panneaux d’arrêt bilingues sur les chemins de Clare. Le mardi 29 octobre, ils ont rencontré l’honorable Loyd Hines, ministre provincial des Transports et du Renouvellement des infrastructures, pour discuter du projet.

DARTMOUTH : L’assemblée générale annuelle de la Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse (FPANE) a eu lieu le 20 octobre 2019, à Dartmouth.

HALIFAX : Quelque 300 élèves de la région d’Halifax seront réunis le mercredi 13 novembre à l’édifice Seton à l’université Mount Saint-Vincent à Halifax pour le Forum local du Français pour l’avenir. Des jeunes de français langue première et des jeunes de français langue seconde de la 7e et la 8e année auront l’opportunité de par ticiper à une expérience inoubliable entièrement en français.

POINTE-de-l’ÉGLISE : Par décrets du premier ministre en date du 9 janvier 2018 et du 7 janvier 2019, Jean-Douglas Comeau ainsi que Allister Surette ont été nommés au grade de Chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques. Cette distinction honorifique leur sera formellement remise par Johan Schitterer, Consul général de France dans les provinces de l’Atlantique vendredi 1er novembre lors d’une cérémonie qui aura lieu à 17 h 30 à la chapelle de l’Université Sainte-Anne, campus de Pointe-de-l’Église.

VILLE de QUÉBEC : Lors de la cérémonie de remise des insignes de l’Ordre des francophones d’Amérique et du Prix du 3-Juillet-1608, Allister Surette figurait parmi les récipiendaires honorés. Avaient été distingués avec lui : des autres continents, Ekaterina Isaeva; des Amériques, Miléna Santoro; de l’Acadie, Allister Surette; et des autres provinces canadiennes soit de l’Ontario, François Larocque; de l’Ouest canadien, Suzanne de Courville Nicol; du Québec, Guy Breton et Michel Tremblay.

POINTE-de-l’ÉGLISE : La 41e cérémonie de remise des insignes de l’Ordre des francophones d’Amérique s’est tenue le 9 octobre 2019 à l’hôtel du Parlement de Québec, sous la présidence d’honneur de Simon Jolin-Barrette, ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration et ministre responsable de la Langue française, en présence d’Alicia Despins, membre du comité exécutif de la Ville de Québec et conseillère municipale responsable de la culture, de la techno-culture et des grands événements, et de Pierre Boutet, président du Conseil supérieur de la langue française.