Portée par les voix des artistes YAO et Jill Barber, la 23e édition des Rendez-vous de la Francophonie (RVF) s’ouvrira le 1er mars.
Portée par les voix des artistes YAO et Jill Barber, la 23e édition des Rendez-vous de la Francophonie (RVF) s’ouvrira le 1er mars.

Le français est « plus qu’une langue, c’est une façon de vivre »

FRANCOPRESSE : Portée par les voix des artistes YAO et Jill Barber, la 23e édition des Rendez-vous de la Francophonie (RVF) s’ouvrira le 1er mars. Pendant tout le mois, la francophonie canadienne sera célébrée avec l’Acadie comme invitée d’honneur. Des centaines d’activités en ligne permettront aux Canadiens de découvrir les cultures francophones de leur pays.
L’ancien patineur artistique Patrick Chan est l’hôte du « Party de cuisine! » où les Canadiennes et Canadiens sont invités à partager leurs recettes préférées.

 « L’art incite notre âme à se parler ». Ces quelques mots griffonnés à l’adolescence dans le cadre d’un atelier de rap, YAO ne les oubliera jamais. 


À l’époque, ils sonnent comme un déclic pour l’artiste d’origine ivoirienne. « Je venais juste d’arriver à Ottawa avec mes parents, j’étais complètement dépaysé. Cet atelier m’a permis de découvrir mon identité et de prendre conscience du pouvoir de l’écriture », raconte le musicien et poète franco-ontarien. 


Au fil du temps, YAO affirme son identité francophone et, à l’âge adulte, il se met naturellement à chanter en français. « C’est plus qu’une langue, c’est une façon de vivre, un outil de partage, un véritable cadeau », lance le rappeur qui anime également des ateliers d’écriture dans les écoles. 


Alors quand les RVF ont proposé à YAO d’être l’un des deux porte-paroles de l’édition 2021, il n’a pas hésité une seconde. 


« C’est une belle opportunité de rassembler les francophones à travers le pays, surtout en temps de pandémie », souligne le chanteur qui évoque ses concerts aux quatre coins du Canada. Il se souvient des affiches des RVF, accrochées dans les centres communautaires des collectivités plus éloignées : « L’évènement crée du lien, permet de rejoindre les francophones les plus isolés. »


Un aspect cool de notre culture


Un sentiment partagé par Jill Barber, elle aussi porte-parole de cette 23e édition. « Je veux encourager mes amis anglophones à découvrir ce qu’offre la francophonie, c’est un aspect cool de notre culture, j’en suis très fière », ajoute la chanteuse qui vit en Colombie-Britannique. 


Pour Guy Matte, directeur général de la Fondation canadienne pour le dialogue des cultures, responsable de l’organisation de l’événement : « Les RVF, ce n’est pas seulement les francophones qui se parlent entre eux, ce sont les francophones qui s’adressent à la majorité des Canadiens pour se faire connaitre et rappeler leur présence sur tout le territoire. »


Francophile, Jill Barber adore chanter en français. « C’est une façon d’être différente, je bouge plus mon corps, j’y trouve plus de passion et de sensualité », confie l’auteure-compositrice-interprète. 


Ses premiers airs en français, elle les a joués il y a une dizaine d’années au Festival de jazz de Montréal. « Ce n’est pas ma langue maternelle, j’étais très timide, je me sentais plus vulnérable, mais j’ai trouvé le courage grâce aux encouragements du public », se remémore-t-elle. 


Depuis ce moment, la musicienne n’a eu de cesse d’améliorer sa connaissance du français et sa « connexion avec la culture ». « En chantant en français, elle s’engage pour la francophonie et favorise nos liens avec les anglophones », se réjouit Guy Matte. 


L’Acadie, « un phare culturel


Cette année, les RVF ont choisi de mettre l’Acadie à l’avant-scène. L’occasion pour les Canadiens d’en apprendre davantage sur « le berceau de la francophonie canadienne », précise Guy Matte. 


« Les Acadiens ont été les premiers Européens à s’installer sur le territoire qui est devenu le Canada », rappelle-t-il. 


« C’est un phare culturel pour la francophonie et un exemple à suivre en termes de promotion du français et de travail pour maintenir la langue », poursuit YAO. 


À Île-du-Prince-Édouard (Î.-P.-É.), le coordonnateur de la Fédération culturelle de l’Î.-P.-É, Germain Arsenault, est « très excité » par la nouvelle. « On va pouvoir promouvoir notre culture, partager nos traditions avec le reste du pays et expliquer notre bataille pour la langue », souligne-t-il. 


De son côté, YAO regrette que l’histoire de l’Acadie ne soit pas suffisamment enseignée dans les écoles du pays : « Le reste de la francophonie n’est pas au courant, déplore-t-il. Il faut pourtant savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va et apprécier où l’on est. » 


YAO et Jill Barber ont pris conscience de l’importance de la francophonie acadienne alors qu’ils étaient déjà adultes, grâce à des amis artistes. « La musique a été ma première expérience de la culture acadienne », témoigne Jill Barber, qui a habité six ans à Halifax. 


Se réinventer


Dès le 1er mars, les activités des Rendez-vous de la Francophonie s’enchaineront pendant un mois. 


« Avec la pandémie, on a dû se réinventer et trouver des façons différentes de faire, tout sera en virtuel », annonce Guy Matte. 


Il évoque la projection de films sur l’Acadie en collaboration avec l’ONF, des activités avec les écoles, des prestations musicales, un journal Web interactif, un blogue avec des billets bilingues publiés chaque semaine, des vidéos et de la musique, mais aussi des échanges sur les médias sociaux ainsi que trois jeux linguistiques. 


« Pour les plus jeunes, ce sera une dictée sous forme de bande dessinée! On a demandé à Dany Bouffard, coauteur de Capitaine Acadie, d’inventer quelque chose », détaille le directeur général.


Unir les communautés


Le temps fort de cette 23e édition sera le concours Party de cuisine! avec le patineur artistique canadien Patrick Chan. « C’est l’occasion de redécouvrir sa passion pour la cuisine, surtout qu’avec la pandémie, on reste plus à la maison », commente l’athlète, parrain de la compétition. 


L’ancien patineur artistique invite tous les Canadiens à partager, en français ou en anglais, leurs plats préférés sur le site des RVF. « Il faut que ce soit une recette très spéciale, qui ramène de bons souvenirs », précise le sportif bilingue. Les participants devront envoyer les instructions avec des photos ainsi qu’un texte qui explique l’histoire du plat, son importance familiale. 


« D’autres belles surprises attendent les Canadiens », lancent YAO et Jill Barber. Pour les deux porte-paroles, les RVF sont plus que jamais essentiels à l’heure où « il n’y a pas assez de liens » entre les communautés. 


« Les Franco-Albertains ne savent rien de ce que font les Acadiens, beaucoup de Canadiens ne savent pas qu’il y a une francophonie vibrante en Ontario, regrette YAO. La francophonie est trop divisée face à l’anglicisation, chacun est dans sa petite bulle et on n’arrive pas à se rallier quand il y a une décision importante à prendre. »  


Aux yeux de Jill Barber, le plus important est de créer des occasions de voyage pour que les Canadiens découvrent « les richesses des cultures et des arts » au sein de leur propre pays. 


« Ça permettra aux gens de mieux comprendre et apprécier la francophonie », assure-t-elle. En attendant le début du mois de mars, les deux artistes vont continuer à répandre la nouvelle : 2021 est l’année de l’Acadie au Canada!


La 23e édition des Rendez-vous de la Francophonie se déroulera en ligne du 1er au 31 mars 2021.