Jean-Paul Kalwahali, Amy Paradis et Marc-Alexandre Lagacy de Communauté francophone accueillante de Clare lors d’une activité d’accueil à la plage en août 2021.  
Jean-Paul Kalwahali, Amy Paradis et Marc-Alexandre Lagacy de Communauté francophone accueillante de Clare lors d’une activité d’accueil à la plage en août 2021.  

Immigration francophone : la rétention des nouveaux arrivants au cœur des préoccupations

Diana Ombe
Diana Ombe
La 9e édition de la Semaine nationale de l’immigration francophone s’est tenue du 7 au 13 novembre sous le thème «une francophonie aux mille saveurs». Cette année, l’accent a été mis sur la diversité ethnique qui réside au sein des communautés francophones au Canada. Alors que la rétention des nouveaux arrivants représente un défi en Nouvelle-Écosse, certains organismes offrent des pistes de solutions pour que les immigrants francophones choisissent de rester.
Omar Viramontes, résident permanent à Clare d’origine mexicaine, s’entretient avec Ronnie LeBlanc, député pour la circonscription de Clare, et Amy Paradis, coordinatrice de Communauté francophone accueillante de Clare, lors d’une activité d’accueil.  



Coordonnée annuellement par la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, en collaboration avec les Réseaux en immigration francophone (RIF), la Semaine nationale de l’immigration francophone est une occasion de rassemblement et d’échange entre les membres de la communauté francophone, quelles que soient leurs origines. 


La Nouvelle-Écosse a proposé tout au long de la semaine une programmation à la fois diversifiée et interactive. L’objectif derrière ces célébrations était de resserrer les liens entre membres de la communauté et les nouveaux arrivants, en vue d’assurer la bonne intégration de ces derniers. 


Des enjeux migratoires qui varient selon la région


Pour Emmanuel Nahimana, gestionnaire de projet pour l’organisme Immigration francophone de la Nouvelle-Écosse, l’enjeu majeur est la rétention des nouveaux arrivants.


« Dans nos recherches, nous nous sommes rendu compte que certains facteurs sociaux empêchent la rétention des nouveaux arrivants dans la province. La crise du logement, la mobilité des nouveaux arrivants, la recherche d’emploi ou la barrière linguistique sont des facteurs dans le déménagement de ces derniers vers de nouvelles provinces », explique-t-il.


Selon Amy Paradis, responsable du projet Communauté francophone accueillante de Clare, les enjeux migratoires vont beaucoup varier d’une région à l’autre.


« Les gens qui arrivent en Nouvelle-Écosse ne sont pas au courant qu’ils peuvent s’installer en français dans nos régions. On perd souvent nos immigrants au profit du système anglophone. Par moment, ces gens ont la mauvaise impression qu’ils ne pourront pas profiter pleinement de leur vie au Canada s’ils s’installent en français », ajoute-t-elle.


Pour pallier cette situation, la municipalité de Clare, au travers de l’Initiative des communautés francophones accueillantes d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), a décidé de présenter les avantages de s’y établir. 


En fournissant des activités récréatives, des espaces inclusifs et des ressources pour apprendre l’anglais aux nouveaux arrivants, la municipalité espère montrer ses atouts pour mieux retenir les immigrants francophones.


Des difficultés à créer un sentiment d’appartenance


Selon Amy Paradis, un autre facteur du déplacement des populations immigrantes est le manque de sentiment d’appartenance à la communauté acadienne en Nouvelle-Écosse. La responsable souligne qu’il est généralement difficile pour les nouveaux arrivants de faire le premier pas. Cette situation, combinée au fait que l’ensemble de la population vit dans une forme de routine, rend les interactions entre les locaux et les immigrants parfois difficiles.


« Ce n’est pas juste des activités que nous offrons ; nous essayons de bâtir des relations avec les membres de la communauté. Les personnes que je rencontre lors des évènements deviennent des amis sur Facebook […] on bâtit peu à peu des liens dans la réalité. C’est un investissement de temps pour toute la communauté », assure-t-elle.


Pour Emmanuel Nahimana, la solution passe aussi par une plus grande diversité au sein des organismes, afin d’offrir des services et activités permettant aux immigrants de se connecter aux Acadiens et Acadiennes. 


« Les exemples sont multiples. Il faudrait que les organismes communautaires s’adaptent aux besoins des immigrants. Ils devraient insister sur des activités de sensibilisation et sur une bonne communication, avec des messages qui interpellent les nouveaux arrivants », conclut-il. 


Une plus grande représentation des immigrants dans les conseils d’administration, une plus grande diversité dans les ressources humaines ou encore la création de politiques d’inclusion sont des pistes de solutions qui pourront être implantées pour attirer les nouveaux arrivants.