Quelques bateaux des pêcheurs autochtones autour du quai de Saulnierville lorsqu’ils ont lancé leur pêche hors saison en septembre.  
Quelques bateaux des pêcheurs autochtones autour du quai de Saulnierville lorsqu’ils ont lancé leur pêche hors saison en septembre.  

Les autochtones devront pêcher à l’intérieur de la saison de pêche établie sur la côte est du Canada  

Richard Landry
OTTAWA : Le 3 mars, la ministre des Pêches et Océans, l’honorable Bernadette Jordan, a déclaré qu’elle met davantage ses efforts sur les solutions afin de protéger les droits du peuple autochtone et de toutes les personnes qui travaillent dans les pêcheries de la côte atlantique ainsi que sur le besoin de fournir à tout le monde la possibilité de prospérer en matière de la pêche au homard en Atlantique.

La ministre a donc déclaré que les pêcheurs de subsistance modérée, donc les autochtones, doivent pêcher durant la saison commerciale établie par le ministère des Pêches et Océans pour tous les pêcheurs. « Nous n’avons jamais cessé de travailler avec les Premières Nations pour atteindre une entente et mettre en place leurs droits à une pêche modérée, selon elle. C’est la raison pour laquelle qu’en cette saison, nous allons introduire une nouvelle voie pour que les Premières Nations puissent pêcher selon une subsistance modérée et réaliser une pêche qui s’adresse à la plupart des réactions reçues au cours des dernières années. Ce plan va appuyer les individus, leurs familles et leurs communautés. »


Cette voie flexible et adaptable est basée selon trois principes majeurs : la mise en vigueur des droits des Premières Nations, la conservation et la longévité des stocks du poisson ainsi que la transparence et la gestion stable de la pêcherie. 


« Nous nous sommes engagés sérieusement avec les associations de l’industrie et avec leurs membres. Nous avons nommé un représentant spécial pour tenter de réparer les relations brisées entre les communautés et nous améliorons notre communication avec le public en étant plus ouverts et transparents en ce qui concerne l’avenir », a dit madame Jordan.


La ministre s’engage donc premièrement à travailler avec les communautés impliquées dans la décision Marshall de la Cour suprême de 1999 afin de développer des plans de pêche de subsistance modérée pour les autochtones, deuxièmement à empêcher que les efforts de pêche augmentent par la vente des produits de pêche par les autochtones et troisièmement à voir à ce que les pêches aient lieu durant les saisons établies par le ministère.


« La conservation est visée par tout ce que nous faisons au ministère, selon elle. C’est notre premier mandat et je sais que c’est une priorité partagée entre les Premières Nations, les pêcheurs commerciaux et les gouvernements. Les stocks de homard sont en santé sur la côte est et sont demeurés ainsi en partie à cause des travaux de mon ministère en surveillant les biomasses et à cause de l’établissement des limites et des pratiques de pêche chaque année. Ce travail est vital pour la réussite des pêcheries et continuera avec toutes les captures. »


Elle a précisé que la sécurité doit demeurer aussi une priorité. « De notre part, tous les pêcheurs verront une présence fédérale augmentée et coordonnée sur les eaux et sur terre ce printemps, y compris les agents de pêche appuyés des vaisseaux de la Garde côtière canadienne. Ces agents ont la tâche difficile de renforcer la Loi sur les pêches. Ils sont des membres dévoués de nos communautés. Nous devons tous leur donner l’espace et le respect pour qu’ils fassent leur travail, a-t-elle conclu. »


Le chef de la communauté Sipekne’katik, Mike Sack, dont les pêcheurs s’étaient rendus sur la baie Sainte-Marie l’été dernier pour pêcher le homard hors saison, a vite encouragé les bandes mi’kmaq de rejeter cette position d’Ottawa, selon les reportages de la CBC. Les Premières Nations ont effectivement rejeté l’offre de la ministre Jordan selon le journal provincial de langue anglaise le lendemain. Les chefs autochtones se sentaient insultés et mal respectés, selon le reportage, surtout parce qu’ils n’avaient pas été consultés.


L’honorable Bernadette Jordan a souligné que les agents de conservation et de protection des pêches ont un travail à faire et c’est de défendre la Loi sur les pêches. La ministre a offert de négocier des ententes avec les Premières Nations individuelles qui verraient son ministère délivrer des permis de pêche de subsistance modérée aux groupes autochtones visant une gestion conjointe. 


Pour sa part, Mike Sack, qui avait déjà refusé de négocier avec la ministre Jordan, a réagi en indiquant que ses pêcheurs seront préparés pour une confrontation directe avec les agents de pêche, selon le journal provincial de langue anglaise du 5 mars. Il y aura selon lui une plus grande et meilleure pêche qu’auparavant. Sa bande va délivrer d’autres permis de pêche à ses membres. 

Mike Sack autour de sa bande lors du lancement de la pêche autochtone en septembre dernier à Saulnierville.