Un béluga est vu sur cette photo non datée. Un groupe de conservation basé aux États-Unis a choisi une communauté de la côte est de la Nouvelle-Écosse pour y installer une sorte de maison de retraite pour  
Un béluga est vu sur cette photo non datée. Un groupe de conservation basé aux États-Unis a choisi une communauté de la côte est de la Nouvelle-Écosse pour y installer une sorte de maison de retraite pour  

La création du premier refuge pour baleines d’Amérique du Nord, ici en Nouvelle-Écosse

Thibault Jacquot-Paratte
C’est à Sherbrooke, dans le comté de Guysborough, que le centre d’opérations de l’ONG à but non lucratif Whale Sanctuary Project a ouvert ses portes ce 29 octobre. Le centre d’opérations servira de bureau pour l’ONG et de centre d’information ouvert à tous. Le centre a été inauguré par l’hon. Arthur Leblanc, le gardien de connaissances mi’kmaw de la communauté Paq’tnekek Kerry Prosper, ainsi que l’honorable sénateur Wilfred Moore.

L’ONG prévoit d’ouvrir le premier refuge (sanctuaire) pour baleines en Amérique du Nord à Port Hilford, non loin de Sherbrooke. Selon les plans, ce refuge mesurera 40 acres délimités par un enclos sous-marin. Les baleines pour lesquelles le refuge est destiné seraient principalement des bélugas et des épaulards issus de parcs aquatiques. L’accueil de dauphins et autres cétacés est également envisagé. La construction du refuge est prévue pour l’année prochaine, ce qui permettrait d’accueillir les premières baleines en 2023, si les gouvernements provinciaux et fédéraux lui accordent les permissions nécessaires.


Le refuge dans les prévisions actuelles pourrait accueillir jusqu’à 8 bélugas qui, dû à leur temps en captivité, ne pourraient pas survivre à l’état naturel. D’après l’ONG, Port Hilford est optimal, car sa position offre notamment une protection naturelle contre les intempéries (dont les tempêtes tropicales), et les courants ainsi que les marées fortes dans la région évacueraient les excréments des baleines (bien que de nombreux autres critères soient listés sur son site internet).


D’après l’administration de la municipalité, la population locale serait favorable au projet, soulignant également les emplois et autres retombés économiques que le refuge pourrait engendrer (notamment en tant qu’attrait touristique). 


Il faut néanmoins que l’ONG puisse lever 20 millions de dollars pour la construction du refuge, ce qui incorporera une clinique vétérinaire ainsi qu’un centre d’interprétation. Les coûts opérationnels du refuge sont évalués à deux millions de dollars annuellement. Le groupe ne cherche pas de support gouvernemental, et cherche plutôt à ses fins le support de grands donateurs; une campagne de financement est également en cours. 


En plus d’œuvrer pour la création du refuge, l’association désormais basée en Nouvelle-Écosse partage un nombre important d’articles et de vidéos en lien avec ces mammifères marins, pour la plupart de nature scientifique et conservationniste, sur sa page internet whalesanctuaryproject.org. L’on y trouve également des plans détaillés et des descriptifs techniques du refuge, tel que ceux de la barrière aquatique et du centre vétérinaire, pour toute personne souhaitant être davantage informée sur ce sujet.


Il est estimé que plus de 200 bélugas et 50 épaulards vivent en captivité dans le monde. Si le gouvernement du Canada a interdit en 2019 la reproduction et le maintient en captivité des cétacés, cela ne s’applique pas aux plus de 40 bélugas et à l’épaulard déjà en captivité au parc Marineland de Niagara (seul lieu au Canada où des baleines se trouvent en captivité).


Il n’existe actuellement qu’un seul autre refuge pour baleines dans le monde. Établi par l’organisme Sea Life Trust, celui-ci se situe dans les îles Westman en Islande, et a accueilli ses deux premières baleines en 2019, pouvant accueillir jusqu’à une dizaine de cétacés. Le refuge prévu à Port Hilford et le refuge des îles Westman seraient donc les seuls refuges dans le monde où les baleines ayant vécu en captivité pourraient retrouver un environnement adéquat à leurs besoins naturels.