Une grande baleine morte s’est échouée sur les rochers du Cap Sainte-Marie.  
Une grande baleine morte s’est échouée sur les rochers du Cap Sainte-Marie.  

Baleine de Minke échouée sur les rochers du Cap Sainte-Marie

Nesime Atskin
CAP SAINTE-MARIE : Le samedi 27 février 2021, une grande baleine morte s’est échouée sur le sommet des rochers du Cap Sainte-Marie. La baleine était un petit rorqual, balaenoptera acutorostrata. Il s’agissait d’une femelle d’environ 6,87 m de long, et très probablement d’une femelle sub-adulte, car les femelles matures atteignent 8 m de long, avec une longueur maximale de 9 à 11 m.

Cet événement était important pour le Dr Nesime Askin qui est le biologiste de la Oceanographic Environmental Research Society (OERS). L’OERS est une organisation à but non lucratif qui étudie l’impact du changement climatique sur l’environnement marin et dispose également de programmes spéciaux pour l’enseignement des sciences marines dans les universités. Aussi triste que cela puisse être de tomber sur une baleine morte, il est essentiel pour les scientifiques de l’OERS de s’en occuper le plus rapidement possible, surtout avec les marées hautes dans cette partie de la Nouvelle-Écosse. Le Dr Askin travaille pour OERS depuis sept ans et dirige ses programmes de recherche et d’éducation à l’Institut marin de Comeauville (CMI). L’OERS a plusieurs programmes de recherche, dont l’un consiste à étudier la quantité de métaux lourds, comme le mercure et le plomb, chez les mammifères marins tels que les baleines, les dauphins, les marsouins et les phoques.


Avec l’aide du ministère de Pêches et Océans Canada (MPO), le Dr Askin et un agent des pêches du bureau de Meteghan du MPO sont intervenus sur un petit rorqual mort échoué. Ils ont d’abord pris plusieurs photos de la baleine sous différents angles afin de documenter l’état du corps. Ils ont ensuite mesuré la longueur de la baleine ainsi que d’autres mesures corporelles. Étant donné que la baleine se trouvait sur les rochers avec caps pointus, il était un peu difficile de naviguer autour des rochers sans faire de faux pas. Une fois les mesures effectuées, le Dr Askin a prélevé un échantillon de graisse et de muscle dans le haut du dos afin de rechercher des polluants à base de métaux lourds.


La baleine était décomposée et il était difficile de voir la coloration des nageoires pectorales, et la tête était endommagée. Normalement, cette espèce de petit rorqual, qui vit dans le nord de l’océan Atlantique, a un corps de couleur sombre sur la face dorsale et le dos, avec une région ventrale de couleur blanche. Ses bras, ou nageoires pectorales, sont ornés d’une bande blanche qui entoure chaque nageoire pectorale et qui est unique à cette espèce de baleine. Il s’agit d’une baleine à fanons, ce qui signifie qu’elle se nourrit en utilisant les fanons qui pendent du toit de sa bouche pour filtrer la nourriture, comme les crustacés, le plancton et les petits poissons en bancs (par exemple, le hareng, le capelan) de l’eau; cependant, il n’y avait pas de fanons présents et certains os de la mâchoire et du crâne étaient visibles. D’après le degré de décomposition de la baleine, elle était morte depuis quelques semaines et, étant donné les conditions météorologiques et océaniques difficiles de la semaine précédente, cela pourrait expliquer les dommages observés sur la tête.


Des curieux voulaient voir la baleine de près. Mais pour certains, c’est allé un peu trop loin, à tel point que des empreintes de bottes étaient clairement visibles sur le corps de la baleine. Il a été très décourageant d’apprendre que la Gendarmerie royale du Canada a dû être appelée pour demander aux gens de ne pas se tenir sur la baleine. Le Dr Askin aimerait conseiller aux gens de faire preuve de respect et de ne pas se tenir sur une baleine morte. « Premièrement, c’est dangereux, car les gaz s’accumulent rapidement à l’intérieur d’une baleine en décomposition. Deuxièmement, la baleine s’est échouée sur un rivage rocheux et pointu et si vous tombez, vous serez gravement blessé. 


Selon la Commission baleinière internationale, la population de petits rorquals de l’Atlantique Nord est en bonne santé et est estimée à 180 000 animaux. À ce titre, le petit rorqual figure sur la liste rouge de l’UICN dans la catégorie « préoccupation mineure » et sur celle du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) dans la catégorie « non en péril ». Le petit rorqual est une espèce migratrice saisonnière, qui a généralement des aires d’alimentation estivales à haute latitude et des aires de reproduction hivernales à basse latitude. Ce n’est pas le premier petit rorqual mort à s’échouer dans cette partie du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse pendant l’hiver. Le 26 décembre 2018, un petit rorqual mort s’est également échoué sur le rivage près de Yarmouth, et plusieurs baleines à bosse juvéniles se sont également échouées mortes par le passé. En général, il y a un échouage de grande baleine à fanons par an le long de cette partie de la côte.


Pour en savoir plus sur le travail effectué par OERS, veuillez consulter le site www.oers.ca ou envoyer un courriel à getus@oers.ca pour plus d’informations.