Une classe à l’École Beau-Port qui se livre en plein air au début septembre 2020. Les jeunes ont des bûches qui servent de bancs d’école.
Une classe à l’École Beau-Port qui se livre en plein air au début septembre 2020. Les jeunes ont des bûches qui servent de bancs d’école.

Une rentrée scolaire 2020 à la COVID-19, à l’École Beau-Port

Robert Fougère
ARICHAT : Il était impossible de prédire comment se passerait la rentrée scolaire 2020 à l’École Beau-Port à Arichat. Comme pour toutes les écoles de la province, d’ailleurs, une réouverture en temps de pandémie et sous des mesures d’urgence n’avait pas fait ses preuves, n’avait pas été expérimentée. C’était du jamais vu. Pas de gabarit. Pas de carte routière. Pas de vécu. Pas de sources d’expériences dans lesquelles aller puiser. Mais, malgré l’inquiétude, l’incertitude, les craintes, l’anxiété, l’angoisse et tout le reste des émotions qui s’y rattachaient, la rentrée s’est déroulée assez rondement et sans accrocs majeurs, selon la directrice Jacinta Samson-Sullivan.

C’est que l’administration, le personnel enseignant, le personnel de soutien ainsi que les parents avaient fait leur devoir. Les préparatifs minutieux ont porté les fruits voulus. Les résultats visés ont été positifs. Selon Mme Samson-Sullivan, il faut dire que c’est une rentrée très différente de la normale et que les changements s’avèrent nécessaires quasi tous les jours. Mais on s’y attendait, étant donné le manque de recettes. Les joueurs importants, nommés ci-dessus, ont pris au sérieux la tâche de garder en sécurité tout le monde qui franchit le seuil de l’école. Donc les changements ne sont pas seulement tolérés, ils sont acceptés à bras ouverts pour le bien-être de toutes et de tous, étudiants, étudiantes et personnel. « Ce qui prime, dès le départ, c’est de s’assurer que les jeunes et les moins jeunes connaissent et apprécient les mesures de sécurité et les protocoles à suivre », nous dit la directrice par voie de téléphone. Il n’était pas possible pour Le Courrier de la Nouvelle-Écosse de se rendre sur place, comme les visites sont déconseillées, ce qui fait le point sur une des mesures à suivre. 


Lors de la conversation, nous avons appris en quoi la rentrée 2020, à la COVID-19, est différente des rentrées antérieures. Bien sûr, il y a le port du masque, la désinfection et le lavage des mains plus que d’habitude, la distanciation lorsqu’il est possible et des visiteurs rarement ou pas accueillis. Cela fait partie de la grande différence. Ça ressemble à ce qui se passe, de plus en plus, partout dans le village, dans les régions desservies par l’École Beau-Port. Il est vrai que l’école est le reflet de la communauté et que l’école est une extension de la communauté. Ces mots prennent un sens particulier en ce septembre 2020, en ce temps de pandémie.      


Quoi de neuf encore? Certaines classes se feront à l’extérieur, quand la température s’y prêtera. Mme Samson-Sullivan explique que les bancs d’école sont des bûches coupées à une hauteur appropriée pour les jeunes écoliers. La distanciation est plus facilement atteinte, au moins pour ces occasions et d’un même coup on profite de l’air pur et frais. Un repos du port du masque et pas de soucis pour ce qui est de système de ventilation, lors de ces occasions en dehors. L’air pur et frais a déjà fait ses preuves pour ce qui est de pratiques bénéfiques à la santé. Plus de temps à l’extérieur, en situation d’apprentissage, pourrait être interprété comme une retombée positive de la rentrée scolaire 2020. 


Pour ajouter aux changements et pour démontrer de la flexibilité, afin de garder toutes et tous en santé, Mme Jacinta dit que dès les premiers jours on a déplacé des élèves trop nombreux pour la grandeur de leur salle de classe originale, dans un local qui permettait la distanciation. Un local qui servait à d’autres fins, mais la sécurité et la santé des étudiants, des enseignants obligent et ces décisions doivent être prises sur le tas. Pas question de jongler pendant des semaines, comme il aurait pu être le cas pour des rentrées scolaires ordinaires. Est-ce un deuxième exemple de retombée positive de la situation actuelle de pandémie?    


Après une longue absence de l’École Beau-Port, soit de mars à septembre, est-ce qu’il y aura raison d’apporter des modifications, des adaptations aux objectifs? Selon la directrice, il faudra doubler les efforts, dès le début de l’année, pour que les jeunes reprennent le pli du parler en français. Souvent le foyer n’est pas lieu où le français se parle couramment et fréquemment. Donc, il faudra multiplier les efforts, au début, pour que le français devienne la langue de choix dans les activités scolaires et quotidiennes.


L’auteur de cet article pense à haute voix en écrivant que l’on voudrait que la communauté devienne le reflet de l’école acadienne, en ce cas-ci. Ce serait une autre retombée positive de la COVID-19 et d’une rentrée pas comme les autres, si dans la communauté on multipliait davantage l’usage du français dans toutes les activités quotidiennes dans la communauté, même si, obligatoirement, à une distance de deux mètres.

Les conducteurs d’autobus se protègent et protègent les jeunes, en portant le masque. James Boudreau est au volant et se prépare à conduire vers l’École Beau-Port.