Michel Collette, directeur du Conseil scolaire acadien provincial.  
Michel Collette, directeur du Conseil scolaire acadien provincial.  

La rentrée scolaire en présentiel est-elle totalement sécuritaire?

Diana Ombe
Diana Ombe
Le 7 septembre a marqué le début de la rentrée scolaire dans la province. Dans son plan publié le 23 août, le gouvernement permet un retour en salle de classe pour tous les élèves de la province. Cette décision a été unanimement saluée par la communauté scolaire, mais elle soulève tout de même quelques craintes quant à la sécurité des élèves en cas d’éclosion de COVID-19.

D’après un communiqué publié par le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance de la Nouvelle-Écosse, le plan pour la rentrée scolaire en Nouvelle-Écosse du gouvernement « exige un engagement envers la vaccination et un engagement à rester à la maison si on ne se sent pas bien, en plus de l’utilisation du désinfectant pour les mains, du port du masque et du nettoyage continu des surfaces fréquemment touchées. Des mesures supplémentaires seront mises en place si le nombre de cas de COVID-19 augmente. »


Le plan prescrit entre autres « un retour aux études en présentiel, un port obligatoire du masque au début d’année scolaire, une inspection et un entretien systématique des systèmes de ventilations dans les écoles, le maintien des ressources de soutien en santé mentale pour les élèves, une offre d’activités sociales et parascolaires ou encore l’acceptation des visites non essentielles dans les établissements. »


La santé et la sécurité au cœur des préoccupations


Au Conseil scolaire acadien provincial (CSAP), le plan de réouverture « repose sur trois piliers soit l’équité, la sécurité et la flexibilité ». 


Pour assurer la santé et la sécurité du personnel et des élèves, le CSAP se basera également sur le plan de la province, qui inclut notamment le respect des règles sanitaires, le port du masque obligatoire dans les écoles, la mise en place de nouveaux systèmes de ventilation et une grande flexibilité en cas d’éclosion. 


Michel Collette, directeur du CSAP, constate un véritable engouement de la part de la communauté et des élèves pour le retour en présentiel. 


« Je pense que la meilleure place de nos élèves, c’est au sein de nos écoles […] Il n’y a probablement aucun doute que l’école en présentiel est la meilleure place pour que l’élève reçoive de l’éducation et les appuis nécessaires », explique-t-il. 


Pour Paul Wozney, président de la Nova Scotia Teachers Union (NSTU), il faut s’assurer de la vaccination obligatoire des enseignants et du personnel. Il estime cette étape essentielle pour garantir la sécurité de tous durant cette rentrée scolaire. 


Selon lui, même si on ne peut pas dire qu’il n’y ait aucun risque lié à un retour en salle de classe, s’assurer du respect des mesures sanitaires et une collaboration accrue avec le personnel enseignant permettraient de réduire le danger. 


« Ce ne sont pas uniquement les familles, les enfants ou le personnel qui veulent des écoles sécuritaires. La société dans son ensemble voudrait un retour à l’apprentissage en présentiel dans de bonnes conditions […] Quand les écoles ne sont pas ouvertes, cela ne permet pas à notre société de se relever face à la crise économique», ajoute Paul Wozney. 


Des inquiétudes persistent


Le président de la NSTU constate que même si cette année risque d’être clémente quant à l’accessibilité à de nouvelles stratégies éducatives et à un retour à la normalité, des craintes subsistent quant aux protocoles de sécurité en cas d’éclosion. 


Dans l’onglet « Recommandations des services de santé publique » du plan gouvernemental, on peut lire qu’en cas d’éclosion les écoles ne seront pas nécessairement fermées. La gravité de la situation devra être évaluée par le gouvernement avant d’envisager un retour à l’éducation à domicile. 


Cette notion « d’évaluation » inquiète Paul Wozney : « On a des inquiétudes face aux mesures de protection en milieu scolaire. On se demande si elles ont toutes été mises en place ou si au moins elles seront mises en place au fur et à mesure. On a aussi des réserves quant à la qualité des processus d’évaluation des élèves […] Nos inquiétudes sont vraiment ciblées sur des problèmes et des circonstances particulières, et non le plan proposé actuellement. »


Du côté du CSAP, on est plutôt confiant face aux mesures prises par la santé publique.


« En Nouvelle-Écosse, l’année dernière, on a réussi à contrôler la pandémie grâce aux efforts de la santé publique. J’ai confiance qu’ils sauront analyser de près au cas par cas et qu’ils prendront la meilleure décision possible pour assurer la sécurité du personnel et des élèves », conclut Michel Collette. 

Paul Wozney, président de la Nova Scotia Teachers Union.