Chrystia Freeland lors de son assermentation comme vice-première ministre en novembre 2019.
Chrystia Freeland lors de son assermentation comme vice-première ministre en novembre 2019.

Chrystia Freeland succède à Bill Morneau aux Finances

L’Express (TORONTO) : Le premier ministre Justin Trudeau a nommé Chrystia Freeland au poste de ministre des Finances, mardi, et il a mis fin aux travaux du Parlement (« prorogé ») qui devaient reprendre le 20 septembre. Une nouvelle session sera inaugurée trois jours plus tard, le 23 septembre, par un discours du Trône. Un premier budget en 2020 pourrait être présenté quelques semaines plus tard, après des « mises à jour » pendant la pandémie de COVID-19.
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

Le gouvernement libéral minoritaire s’exposera ici à un vote de confiance. Une défaite au Parlement précipiterait des élections.


Mme Freeland, qui avait piloté le dossier du commerce canado-américain et qui s’occupait des relations fédérales-provinciales, conserve son titre de vice-première ministre. C’est Dominic LeBlanc, le président du Conseil privé très proche du premier ministre, qui remplace Mme Freeland aux Affaires intergouvernementales.


Après plusieurs de jours de rumeurs plus ou moins sérieuses sur des désaccords entre le premier ministre et son ministre des Finances sur la relance de l’économie, Bill Morneau avait annoncé lundi qu’il quittait ses fonctions de ministre et de député de la circonscription de Toronto-Centre (voisine de celle de Chrystia Freeland, University-Rosedale).


Englué cet été dans l’affaire de l’octroi du contrat d’administration d’un programme fédéral à l’organisme caritatif We, Bill Morneau affirme qu’il n’avait jamais eu l’intention de rester en politique fédérale pour plus de deux cycles électoraux.


Il a ajouté qu’il a l’intention de poser sa candidature comme secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).


Justin Trudeau a vanté les réalisations de son ministre des Finances depuis 2015, et il a promis que le Canada « appuiera fortement » sa candidature à la tête de l’OCDE. Mais on racontait que le Cabinet était divisé entre parcimonieux et dépensiers sur les mesures à prendre pour relancer l’économie après la crise sanitaire.


Des médias rapportaient aussi que le premier ministre aurait sollicité les conseils économiques de Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque du Canada (2008-2013) et de la Banque d’Angleterre (2013-2020), et que celui-ci était considéré comme un successeur potentiel au ministre Morneau.


En conférence de presse, lundi, Bill Morneau a nié qu’il aurait eu des différends avec le premier ministre, suggérant plutôt qu’ils reconnaissaient tous deux « l’importance d’avoir des discussions et des débats vigoureux pour arriver [à mettre en place] les meilleurs politiques pour les Canadiens ».


Pierre Poilièvre, porte-parole du Parti conservateur pour les questions de Finances, a commenté que Justin Trudeau n’a pas plus d’autorité morale et éthique que son ministre démissionnaire pour rester en poste. C’est ce dimanche 23 août que l’on connaîtra l’identité du nouveau chef du Parti conservateur (Peter MacKay ou Erin O’Toole).


(À partir d’un texte de Bruno Cournoyer Paquin, de Francopresse.)