De gauche à droite, Alain LeBlanc et Mark Hébert ont animé l’activité au site d’Annapolis Royal.  
De gauche à droite, Alain LeBlanc et Mark Hébert ont animé l’activité au site d’Annapolis Royal.  

Une première : la levée du drapeau acadien à Annapolis Royal

Richard Landry
ANNAPOLIS ROYAL : On estime que c’est la première fois que le drapeau acadien ait été monté sur le site du berceau de l’Acadie, soit à Annapolis Royal. C’est ce qu’a dit Ted Dalton, directeur général du site historique d’Annapolis Royal, en accueillant la cinquantaine d’invités venus célébrer l’occasion lors de la Fête nationale de l’Acadie, le dimanche 15 août.

Alain LeBlanc, président de la Société historique de la Baie Sainte-Marie, a servi d’animateur en français à côté de Mark Hébert en anglais. Ils ont d’abord spécifié que le site demeure toujours les terres ancestrales Mi’kmaki, territoire du peuple Mi’kmaq. « Ce territoire est couvert par le Traité de paix et d’amitié signé en 1725 par les peuples Mi’kmaq et Wolastoqivik (Maliseet) et la Couronne britannique », selon eux. 


L’Association des Familles acadiennes de Port-Royal a organisé l’évènement. « C’est pour souligner l’importance de bien connaître l’histoire acadienne dans cette région, une histoire de courage, de persévérance, de forte foi et de grand et ténacité à sa défense », ont noté les animateurs.


Le jeune Andrew Hébert était l’invité spécial pour l’occasion. Il a adressé la parole pour présenter sa famille qui demeure à Upper Granville au bord de la rivière Annapolis. « Mes ancêtres sont arrivés en Acadie en 1648, a-t-il noté dans un français impeccable. Mon ancêtre se nommait Étienne Hébert et son épouse Marie Gaudet. Ils se sont établis près de Belle-Isle et ont eu plusieurs enfants. Ils sont ensuite déménagés à Les Mines – Grand-Pré. »


Il a poursuivi avec l’histoire de la déportation des Acadiens de la région. « La déportation a duré environ 8 ans, de 1755 à 1763. Environ la moitié des Acadiens sont morts pendant la déportation. Les Acadiens avaient le droit de retourner en Nouvelle-Écosse, mais ils n’ont jamais retrouvé leurs terres. Ma famille ne fut pas déportée, elle s’est enfuie vers le Cap-Breton et l’Île Saint-Jean (Île-du-Prince-Édouard) pour se rendre au Nouveau-Brunswick. Maintenant, ma famille est revenue ici à l’ancien Port-Royal, revenue aux racines. Et pour honorer mes ancêtres, je lève le drapeau acadien en leur mémoire », a-t-il dit avant de procéder à la levée du drapeau. 


Alain LeBlanc et Mark Hébert ont souhaité la bienvenue au berceau de l’Acadie. « D’à peu près 1632 à 1755, la plupart de nos ancêtres acadiens ont eu leurs origines ici. Cette forteresse, avant la défaite de 1710, était défendue avec grand succès par nos ancêtres miliciens acadiens et leurs alliés mi’kmaq. Puisque les soldats français n’ont jamais été nombreux en Acadie, on serait tombé aux forces anglaises beaucoup plus tôt, beaucoup plus vite. »


Ils ont continué l’histoire des Acadiens dans la région. « Si on monte ce qu’on appelle la Rivière Dauphin, on peut bien imaginer entendre le son des enfants aux jeux, la mère qui appelle la famille aux repas, le son des violons qui était une partie si importante aux fêtes de noces. Nos ancêtres nous entourent toujours dans ces paysages, au moins trois générations. Les enfants de ces familles sont devenus les premiers Acadiens et les premières Acadiennes, alors Port-Royal (Annapolis Royal) est définitivement le berceau de l’Acadie », d’après eux.


Ils ont noté comment ces familles s’entraidaient et entretenaient un rapprochement avec leurs amis mi’Kmaq. « Alors, pour la première fois en honneur de ces premières familles venues établir l’Acadie, nous sommes ici à Port-Royal, maintenant Annapolis Royal. Ici se trouvaient la paroisse Saint-Jean-Baptiste et son église. Plusieurs de nos ancêtres acadiens sont ensevelis sous ce terrain juste en haut de la colline.


Le violoneux de Clare, Léon Stuart, a fourni la musique avec son interprétation d’Évangéline et de la Reel de Sainte-Anne.