Le Père Jean-Baptiste DeCoste célébrant la messe le samedi 23 janvier à 16 h à Petit-de-Grat, l’Église Saint-Joseph.
Le Père Jean-Baptiste DeCoste célébrant la messe le samedi 23 janvier à 16 h à Petit-de-Grat, l’Église Saint-Joseph.

Un rebonjour à père Jean-Baptiste DeCoste, nouveau curé à l’Isle Madame, qui répond à un autre appel

Robert Fougère
ARICHAT/PETIT-de-GRAT/ISLE MADAME : La communauté de l’Isle Madame se trouvait sans prêtre permanent depuis le départ de père Michel Exalant, prêtre haïtien qui avait répondu à l’appel de service dans l’Isle Madame, en 2017, et qui avait été muté vers les communautés de Petite Bras d’Or, au début octobre 2020.

Le service de prêtres itinérants, pour les messes dominicales et les funérailles, était-ce que la communauté de l’Isle Madame recevait depuis le départ de père Michel. Les gens attendaient toujours l’annonce d’un prêtre affecté à l’Unité pastorale Stella-Maris, pouvant desservir les communautés linguistiques de la région, les paroisses Saint-Joseph de Petit-de-Grat et Notre Dame de l’Assomption, d’Arichat.


Le père Jean-Baptiste DeCoste travaillait comme assistant, dans la région de Halifax, quand il a appris que c’était bien ça la situation dans l’Isle Madame. Et on peut dire son Isle Madame, puisque père DeCoste est natif d’Arichat. Non seulement, il connaît l’Isle Madame, mais il connaît les gens d’un certain âge, il connaît la région et il parle couramment les trois langues de la région : l’acadien, le français et l’anglais. Donc, pour le père Jean-Baptiste, c’est un retour à ses racines, à son patelin de terre, à sa communauté acadienne qu’il aime toujours. Il a dit lors d’une entrevue : « Quand j’ai entendu qu’il n’y avait pas de prêtre à l’Isle Madame, j’ai dit ça, ça ne fait pas de sens. Ça ne fait pas d’arrime (lire expression acadienne). Je pourrais faire ça moi. Je pourrais aller et servir. J’ai téléphoné à l’évêque Kirkpatrick et voilà, je suis ici. » 


C’est un peu avec ces mots que le père Jean-Baptiste a expliqué, au Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, le lundi 18 janvier 2021, comment il est arrivé à revenir en région. Cette fois-ci pour répondre à l’appel de la communauté de sa jeunesse soit la communauté acadienne de l’Isle Madame. 


Vous comprendrez qu’il avait déjà répondu à un appel pour desservir, comme prêtre, diverses communautés de l’Afrique. Il avait agi, ayant possiblement lu un message semblable à celui-ci : « Si, par une force intérieure, tu te sens appelé à donner ta vie comme missionnaire dans le monde africain, tu peux communiquer avec tel et tel. » Il s’était sans doute dit, à ce moment-là : « Je pourrais faire ça moi. » Comme il a fait cette fois-ci quand il a appris qu’on recherchait un prêtre pour desservir dans le monde acadien de l’Isle Madame. 


Lors de l’entrevue que le père DeCoste a accordée à Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, il a partagé, en très grands détails, son parcours, depuis sa jeunesse, sa formation au couvent des Filles de Jésus à Arichat, ses premières expériences de travail et ce qui a été son premier appel pour aller desservir les plus démunis et les gens dans le besoin, en Afrique. Comme pigiste, je dois dire que j’ai été captivé par une belle histoire exemplaire de service et un service qui continue toujours.       


Voici un peu de ce que Le Courrier de la Nouvelle-Écosse a appris lors de cette entrevue fort intéressante. 


Le père DeCoste est né à Arichat, au Cap-Breton. Il a terminé ses études secondaires à l’école du village sous la direction de la congrégation des Filles de Jésus. Il est ensuite devenu enseignant, ayant suivi une formation, comme bien d’autres à l’époque, à Truro, en Nouvelle-Écosse. Il a enseigné à Halifax comme première année d’enseignement et pendant deux ans, il a enseigné à l’école Isle Madame District High School et Elementary à Arichat. Pendant sa troisième année d’enseignement, il a décidé de devenir prêtre missionnaire dans la communauté des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs d’Afrique). 


Il a été ordonné prêtre missionnaire le 23 août 1975, dans sa paroisse natale, devant nombreuses personnes de la région. Une ordination à la prêtrise, en région de l’Isle Madame, était un événement inusité. Le père DeCoste a étudié aux États-Unis, en Angleterre et à Ottawa. Suivant son ordination, il a passé quinze ans dans les missions africaines et a été témoin du génocide et de la guerre au Rwanda. Après son travail dans diverses parties de l’Afrique, il est rentré au Canada. Il a été aumônier pendant treize ans au service des soins spirituels de l’hôpital d’Ottawa, après quoi il a pris une retraite partielle. Il est rentré chez lui en Nouvelle-Écosse, en 2012. Il a été assistant ou adjoint dans la paroisse St. Ignatius à Bedford, pendant huit ans et jusqu’à ce qu’il réponde à l’appel de l’Isle Madame. 


C’est en se disant, « Je pense que je pourrais faire ça » que le père DeCoste est vraiment rentré chez lui, à Arichat, dans l’Isle Madame.


En guise de conclusion à son entrevue, le père Jean-Baptiste DeCoste a ajouté : « Je pense que le cercle est complet maintenant. »   


La communauté acadienne de l’Isle Madame souhaite la bienvenue au père Jean-Baptiste et se dit contente, même ravie, qu’il ait voulu fermer le cercle en desservant sa propre communauté, en répondant à l’appel intérieur qui l’avait d’abord conduit jusqu’en Afrique.


Un peu d’histoire et juste pour dire


En 1835, le père Jean-Baptiste Maranda arrive à Arichat pour desservir la population de l’Isle Madame et agir de pasteur. En décembre 2020, le père Jean-Baptiste DeCoste arrive pour desservir la population de l’Isle Madame qui avait un besoin réel en pastorale.