La danse ronde mi’kmaq, au son de la musique des Indian Bay Drummers.
La danse ronde mi’kmaq, au son de la musique des Indian Bay Drummers.

Soirée multiculturelle à La Picasse

Robert Fougère
PETIT-de-GRAT : C’est le jeudi soir 20 juin qu’il y a eu une rencontre de diverses cultures à La Picasse, ce qui tombait bien étant donné que le lendemain, le 21 juin, était la Journée nationale des peuples autochtones. Cette activité a donné l’occasion aux gens présents en assez grand nombre de célébrer et d’approfondir leurs connaissances sur la diversité culturelle des peuples des Premières Nations et des Métis. Ils ont aussi pu en apprendre davantage sur les autres cultures représentées lors de cette soirée multiculturelle, soit les Allemands, les Acadiens, les Écossais et les Africains.

     C’est la directrice générale de La Picasse, Josette Marchand, qui a souhaité la bienvenue à tous et à toutes. Elle a souligné l’importance d’honorer toutes les cultures et l’esprit de partage entre les cultures. Elle s’est dite très contente de pouvoir présider un projet qui avait été entériné avant son arrivée en poste en janvier 2019. Elle a vite souligné la contribution de Patrimoine canadien, en disant : « Cet octroi permet cette rencontre des cultures. C’est fantastique et grandement apprécié. »

     C’est par le biais de la musique, de la danse et de la bouffe que les gens ont pu observer les différences et apprécier les ressemblances entre les groupes ethniques présents. Cela a aussi été un moyen pratique d’exprimer l’importance de vivre qui on est et l’importance de transmettre les traditions, les mœurs, les coutumes et le langage de chaque groupe à ceux qui suivront.

     Après les souhaits de bienvenue, l’Ave Maris Stella et l’Ô Canada, il y a eu la bénédiction ou la prière d’ouverture animée par Anne Marie Marchand, Mi’kmaq, de Potlotek, une réserve en Richmond. Puis a suivi une présentation de chants, de danses et de musique du groupe de Mike Lafford, Indian Bay Drummers. Les participants à la soirée ont été invités à participer à diverses danses pratiquées par les Mi’kmaq, au son du tambour. Ça été un apprentissage et une découverte pour les plus jeunes, surtout.

     Delores Boudreau, une Acadienne et musicienne bien connue en région, a suivi avec quelques chansons, dont l’une, a-t-elle dit, apprise « sur les genoux de mon pépé. » Delores a annoncé qu’elle venait d’apprendre qu’elle irait à Ottawa à l’automne représenter son coin de l’Acadie, sans toutefois en donner tous les détails.

     Ce sont les Écossais qui ont suivi avec ce qui est bien connu comme, Ode to the Haggis. Suivant cette tradition, le groupe de danse, Richmond MacAdam Ceilidh Dancers a fait des démonstrations de danses écossaises. Encore ici, les gens ont été invités à participer en partenaires avec les danseurs écossais. Pour les Acadiens, il n’est pas difficile de se prêter à la danse. C’est une façon de se divertir et, lors des festivals acadiens, la danse est presque toujours présente.

     Comme pour se reposer après toutes ces danses et en guise d’entracte, il y a eu la dégustation de mets traditionnels ou culturels. Chaque groupement ou culture avait préparé un mets représentatif de son peuple. Quelles délices! Les participants ont pu déguster des mets nouveaux et délicieux servis par les représentants des différentes cultures, avec gentillesse et un beau sourire. La fraternité régnait.

     L’Afrique de l’Ouest, le Burkina- Faso notamment, faisait partie des cultures représentées à cette fête de 2019. Avec l’arrivée d’Yvette Tougouri, nouvelle agente scolaire communautaire à l’École Beau Port, les gens ont connu et goûté le karakoro, des beignets à base de bananes plantains.

     Au cours de la troisième partie de la soirée, qui a duré plus de deux heures et demie, des plus jeunes sont montés sur scène divertir les spectateurs avec des chansons en français et en anglais. C’est ici que les gens ont pu constater à quel point ces jeunes sont talentueux et débrouillards. La relève est bel et bien vivante. D’abord, il y a eu Gilles et Drake, puis Dylan Sampson et Isabelle Samson et pour clore, Laura Maryatt. Tous ces jeunes ont été applaudis chaleureusement.

     La soirée s’est terminée sur un tintamarre. Une belle soirée, un beau partage et une belle rencontre de plusieurs cultures.

Contexte et détails

     La grande salle de La Picasse logeait aussi divers stands qui présentaient des articles de divers groupements ou organismes. Les responsables du Festival acadien avaient leur dépliant du Festival 2019 et des macarons, les Métis du lac Bras-d’or avaient des chapeaux à vendre, l’artisane de la région, Audrey Boudreau, une madouesse, faisait du tamarin qui a été distribué à tous les convives. Adèle Boudreau, artiste et peintre, a peint la tête d’un épouvantail (en papier mâché) en préparation pour la compétition du Festival acadien de Petit-de-Grat.

     Le Courrier de la Nouvelle-Écosse s’est entretenu avec Anne Marie Marchand, résidente de la réserve de Potlotek de la langue parlée des Mi’kmaq et de l’attitude des jeunes face à cette langue. Elle a avoué que très peu de jeunes parlent couramment la langue dans le milieu et à l’extérieur de l’école. Elle a aussi avoué qu’elle-même, qui parle couramment la langue mi’kmaq, se surprend à parler à son fils en anglais, de temps à autre. Son fils comprend la langue, mais la parle rarement, ce qui lui fait mal au cœur. Plus haut dans ce texte, on parlait de ressemblances entre les cultures. N’est-ce pas que plusieurs Acadiens pourraient en dire autant?

Adèle Boudreau était au stand du Festival acadien à peindre tout en écoutant de la musique lors de la soirée multiculturelle. À ses côtés, Betty Anne David, présidente du Festival 2019. Entre les deux, ce qui deviendra un épouvantail.