Danielle Gaudet et Justin Comeau sont fiers de leur produit en vente pour appuyer la biodiversité.
Danielle Gaudet et Justin Comeau sont fiers de leur produit en vente pour appuyer la biodiversité.

Robin Hoodies : la vente de vêtements pour défendre la biodiversité

Richard Landry
METEGHAN : Depuis quelques années, Justin Comeau songeait à des façons de combattre la perte de la biodiversité partout et les changements climatiques. « J’ai fait un brainstorming avec ma mère et nous avons eu l’idée de fonder une compagnie pour aider la remise à l’état sauvage des terres exploitées. Nous avons décidé de vendre des vêtements avec un logo, surtout des chandails à capuchons », précise Justin.

     Les chandails à capuchons, ou « hoodies », sont à l’origine du nom de l’entreprise, Robin Hoodies (d’après le conte de Robin des bois qui volait des riches pour donner aux pauvres). La nouvelle entreprise veut obtenir des terres enlevées de la nature pour les remettre aux animaux et aux insectes afin de restaurer la nature.

     Les chandails se vendent au coût de 69 $ chacun, et 50 pour cent des bénéfices vont pour la remise à l’état sauvage. Il s’agit d’acheter des terres qui ont été déboisées et exploitées en vue de les maintenir et de défendre les animaux, insectes et plantes qui s’y trouvent afin de les soutenir de façon naturelle.

     « C’est ma mère qui m’a familiarisé avec ce phénomène, a dit Justin Comeau. C’est très populaire en Europe, et nous voulons le démarrer ici. Nous sommes encouragés par le rapport des Nations Unies et le panel intergouvernemental sur le changement climatique d’octobre 2019 qui souligne la nécessité de faire quelque chose immédiatement. Selon le rapport, nous avons douze ans pour changer nos habitudes et notre fonctionnement comme peuple sur cette planète. Si non, la planète va devenir inhabitable. »

     Quant à la raison pour le choix de la remise en état sauvage comme projet, c’est une excellente façon de promouvoir la biodiversité et de rétablir les marécages et terres déboisées. « On les reprend pour la nature. C’est extrêmement bon pour les types de fleurs qui attirent des pollinisateurs dont la perte est l’une des plus grosses menaces auxquelles fait face l’être humain. Environ 70 pour cent de la nourriture que nous consommons est pollinisée par les abeilles, insectes, papillons et oiseaux. On veut laisser la nature faire ce qu’elle fait de mieux, laisser les choses pousser, mourir, repousser. Ça crée de l’engrais, ce qui est mieux pour le cycle de vie. On peut en apprendre davantage sur notre site web bilingue au www. robinhoodies.ca », a-t-il précisé.

     L’entreprise offre à toute personne qui s’inscrit au bulletin d’information, retrouvé sur son site web, un rabais de 10 % sur un premier achat. Aussi, on offre un escompte de 20 % aux personnes qui retournent leur chandail une fois usé ou après un an suivant l’achat. « On veut les réutiliser, éviter qu’ils aboutissent au dépotoir, ajoute Justin. C’est comme un cercle fermé pour le produit qui nous revient, explique-t-il. On vend les chandails en ligne sur le site web, ou on peut en acheter à la Boutique Belle Mode (en face du gymnase à Saulnierville) auprès de Danielle Gaudet ou encore au quartier général de l’entreprise situé au 94 de l’allée Acadian à Saint-Alphonse. Nous sommes très fiers de l’appui de la communauté jusqu’à maintenant. Nous n’allons pas nous limiter aux chandails à capuchon, il y aura aussi des casquettes, t-shirts, barres de shampooing (au lieu du liquide dans les bouteilles jetables), entre autres, mais aussi des vêtements fabriqués avec les plantes. »

     L’entreprise a déjà obtenu un terrain sur le chemin Patrice à la Pointe-de-l’Église et elle s’apprête à acheter un terrain de 30 arpents au Cap-Breton et à Digby. Ces terres comprennent des marécages et des rivières, ce qui est parfait pour les animaux. Les ventes de l’entreprise s’élèvent déjà à 60 000 $ pendant sa première année. Les entrepreneurs sont vraiment contents.

      Justin Comeau étudie les effets des changements climatiques depuis sa première année à l’Université Sainte-Anne. « On lit tellement de choses qui nous fâchent qu’on veut faire quelque chose, affirme-t-il. Ma mère, Sheila Henderson, enseignante qui a fondé Enviro-Clare dans les années 1980, y croit aussi. Il est difficile de croire qu’un petit groupe puisse faire grand-chose, mais on ne réussira pas si on ne commence rien. »

     Son entreprise vise à créer un fonds de fiducie pour faire l’acquisition des terres. « Quand on achète un terrain, c’est stipulé dans le titre qu’elle servira uniquement à la remise en état sauvage à perpétuité. Elle sera protégée pour toujours. On prend des petits morceaux, des corridors de la nature, afin de protéger les animaux, plantes et insectes dans leur cycle de reproduction. Le but est de rendre à la nature les terres sauvages qui commencent à manquer », conclut-il.

     Les entrepreneurs sont Justin Comeau, Sheila Henderson, Tristan MacAlpine et Olivia Mullen.