Réapprivoiser notre passé

Ania d'Entremont
PUBNICO-OUEST-le-BAS – Depuis sa journée porte ouverte le 1er juillet 1999, le Village Historique Acadien de la Nouvelle-Écosse a conduit le combat pour garder la culture des Acadiens de la Nouvelle-Écosse vivante. Chaque saison, ses visiteurs sont invités à reculer dans le passé pour découvrir la vie de cette riche culture au début des années 1900. Situé dans la petite communauté de pêcheurs de Pubnico, Nouvelle-Écosse, surplombant l'océan, ce musée unique en son genre ne manque jamais d'activités et de festivals pour le plaisir du public. Des festivals annuels de fruits comme celui des fraises, des bleuets et de la rhubarbe, à une journée de commémoration de la fondation de Pubnico célébrée chaque année le 17 juillet; il y a une option amusante pour chaque personne.

Chaque année, la tâche de faire revivre le passé est entamée avec enthousiasme et les visiteurs sont transportés à une époque où le monde des loisirs avait une mentalité très « ce que vous voyez est ce que vous obtenez » et l’invention de l’internet comme moyen de perdre du temps ne serait même pas envisagée avant plusieurs décennies. 


Un problème, parmi tant d'autres auxquels nos ancêtres étaient confrontés à cette époque, était que les roues en bois de leurs chariots s’usaient rapidement. Il fallait donc trouver une solution. Pour le dire simplement, il s’agissait de les recouvrir de fer, mais le processus pour y réussir était beaucoup plus facile à dire qu’à faire. Il fallait souvent que plusieurs personnes soient coordonnées pour que le travail soit accompli. Un pneu en fer solide devait être fixé à la roue en bois, mais cela ne ressemblait pas à la mise en place satisfaisante d’une pièce de casse-tête. Ces pneus— fabriqués par un forgeron après que le charron ait mesuré chaque roue pour s’assurer qu’elles étaient de la bonne taille— étaient toujours délibérément fabriqués plus petits que la circonférence de la roue. Le pneu était donc adapté à la roue en étant réchauffé dans un feu pour qu’il élargisse, puis martelé et tiré par un crochet à levier sur la roue. Enfin, le tout était plongé dans l’eau froide, ce qui rétrécissait le fer sur le bois.


Cette pratique s’est perdue avec le temps et avec les usines qui pouvaient rendre le travail d’un homme beaucoup plus facile (pour lequel nous pouvons remercier un certain Henry Ford et d’autres industries de la même sorte). Au long de l’ère industrielle, une compétence autrefois précieuse pour un village de posséder est devenue obsolète. Cela a suscité l’envie de partager cet ancien métier avec le public et, comme est la coutume du Village, d’en faire un spectacle. Le charron résident du Village, Harry d’Entremont, a expliqué : « La raison pour laquelle j’ai appris ce métier est que presque personne ne le fait au jour d’aujourd’hui, et si nous ne l’apprenons plus, la connaissance sera complètement perdue. C’est pareil que n’importe quelle autre activité qui se fait au Village, comme la courtepointe ou la fabrication de bournes [attrapes à homards]; tout cela se faisait durant l’époque du Village, alors on le fait ici. Nos ancêtres travaillaient fort et on est fiers de cela, alors on le partage. Il est important de garder notre héritage à l’esprit et de le partager avec les autres pour qu’il ne soit jamais perdu. C’est pourquoi nous offrons ce service à d’autres sites; pour aider les autres à conserver le passé, eux aussi.» C’est vrai— le Village Historique Acadien de la Nouvelle-Écosse porte fièrement le titre de la seule location dans les maritimes qui est certifiée pour offrir le service du ferrage de roues.


Bien d’autres attractions peuvent être découvertes quotidiennement au Village pendant la saison touristique, dont l’entrée est gratuite. Même la pluie ne freine pas la curiosité et l’enthousiasme des visiteurs lorsqu’ils visitent le forgeron, le chantier naval, les maisons authentiques du début des années 1900 ou n’importe quel autre point sur la carte du site. 


Une autre attraction populaire est le Café du Crique. Non, celui-là ne se déroule pas au tôt 1900s, mais il sert des repas traditionnellement acadiens, comme la râpure, et des délicieux biscuits à la mélasse.


Une fois de plus, il y a de quoi pour satisfaire tous les visiteurs au Village, alors n'oubliez pas d'ajouter ce musée unique à votre liste d'activités pour l'été 2022!