De gauche à droite, Dave Doucette, Lisa Doucette, Simone Briggs, Anne et Roger Tidd, en 2019.  
De gauche à droite, Dave Doucette, Lisa Doucette, Simone Briggs, Anne et Roger Tidd, en 2019.  

Projet Grow to Give

Lisa Doucette
Lisa Doucette
COMEAUVILLE : Il y a quelques années, alors que j’étais dans mes jardins, mon cerveau, comme d’habitude, s’est emballé et je me suis mise à penser : « Que va-t-il se passer quand je ne pourrai plus faire ceci?
Simone Briggs en train d’arroser les platesbandes.  

Où trouverai-je mes légumes frais? Y a-t-il des chances que je ne puisse pas m’approvisionner en produits biologiques? Que ferai-je alors? »  Puis je me suis mise à penser à l’une des veuves du voisinage, dont le mari était un jardinier passionné décédé il y a de ça quelques années. Comment se procure-t-elle ses produits frais? Comme elle ne peut plus conduire à cause de sa vue déclinante, elle dépend désormais de l’épicerie et des gens qui lui apportent des produits. Cette femme était habituée aux produits biologiques frais cultivés par son mari dans leur propre jardin. Je me suis dit qu’il devait y avoir une solution. Un peu comme un partage des récoltes gratuit pour les personnes âgées. J’ai toujours eu l’idée de « faire pousser un sillon de légumes, donner un sillon de légumes ».  Mais mon espace de jardinage est limité.


Cette idée m’est restée en tête pendant des années jusqu’au jour où quelqu’un m’a parlé d›une subvention que les organismes sans but lucratif peuvent obtenir du Conseil de santé de Clare.  J’ai parlé aux membres de notre club de jardinage, le Rooted in Clare Garden Club, et nous avons décidé de faire une demande pour acheter du bois, de la terre et des graines afin de construire des platebandes surélevées pour les personnes âgées, de sorte qu’elles puissent se rendre dans un endroit désigné pour cultiver leurs propres produits.

  

Nous avons demandé une subvention et attendu avec impatience. Puis la nouvelle que nous attendions est arrivée!  Nous avons reçu de l’argent! Pas tout ce que nous avions demandé, mais nous en avons eu. Nous avons juste dû modifier notre plan. 


Nous avions envisagé de construire des platebandes surélevées à environ trois pieds de haut, douze pieds de long et quatre pieds de large, de manière à faciliter le travail pour une personne à mobilité réduite. Nous prévoyions aussi laisser suffisamment de place entre deux platebandes pour accommoder un fauteuil roulant. Mais chaque chose en son temps! Nous devions trouver un endroit accessible au public où aménager les platebandes surélevées, mais il fallait qu’il y ait une source d’eau à proximité. Il a été décidé de les installer au Hub culturel de Comeauville. Comme c’est un terrain municipal, il nous a fallu obtenir l’autorisation de la municipalité. Nous avons commencé avec sept platebandes. Nous avons acheté le bois avec l’argent de la subvention.  Nous avons utilisé de la pruche, car ce bois est reconnu pour mieux résister à la pourriture. Les platebandes dureront donc des années. Comme les platebandes sont d’une profondeur d’un mètre, nous n’avions pas vraiment envie de les remplir de bonne terre de jardin. Une entreprise locale, Gary Belliveau Construction and Excavation, a fait don des roches pour le fond des platebandes. Nous avons ensuite recouvert les roches de géotextile (un tissu végétal plus durable). Spec Resources a donné le mélange terre/compost pour les platebandes. Meteghan Home Hardware et Al’s Paint & More ont fourni les vis pour maintenir les platebandes ensemble. Les graines et les plantes ont été données par diverses personnes et membres du club de jardinage qui a également acheté des arrosoirs et un dévidoir pour l’arrosage des plantes pendant les sécheresses. Enfin la municipalité a eu la gentillesse d’installer un robinet extérieur pour nous.


En peu de temps, nous étions prêts à planter! La première année a été un succès. Nous avons cultivé plus de 300 livres de produits à donner aux personnes âgées. Au début, peu de gens savaient ce que nous faisions. Certains se demandaient ce qu’étaient ces boîtes en bois autour du bâtiment de CIFA. Tout le monde n›appréciait pas mon étrange sens de l›humour lorsque je leur disais que c›était pour enterrer les corps des personnes qui m›exaspéraient trop. Mais c›est Clare après tout; il n’a pas fallu longtemps pour que les gens réalisent ce qui se passait. Nous avons fait faire un panneau et maintenant les gens savent exactement ce qui se passe au Hub. C’est notre projet « Grow to Give ».  Depuis la première année, le club de jardinage a construit une autre platebande grâce à nos propres fonds et deux bailleurs de fonds anonymes ont donné de l’argent pour en construire une autre! Les principaux produits que nous cultivons sont les carottes, les épinards, les navets, les bettes à carde, les haricots jaunes et verts, les betteraves (dont les feuilles sont très prisées), les oignons, les pommes de terre, les courges, les concombres et les tomates. 


Nous avons cinq à six bénéficiaires qui reçoivent régulièrement des produits chaque semaine, même pendant la Covid. C’est presque comme une boîte de jardinage gratuite pour les personnes âgées, soit exactement ce que j’avais prévu plusieurs années auparavant. Le simple fait de voir apparaître des sourires sur les visages des bénéficiaires fait oublier les courbatures, les morsures d’insectes et les coups de soleil!

Une récolte abondante en 2020.