Des participants lors de la consultation sur les soins à domicile à La Picasse.
Des participants lors de la consultation sur les soins à domicile à La Picasse.

Les soins à domicile en région de Richmond, une consultation à La Picasse

Robert Fougère
PETIT-de-GRAT : C’est le mardi 3 mars que les personnes intéressées aux soins de santé à domicile ont pu venir s’exprimer sur ce que sont les réussites et les défis à relever dans ce domaine de soins à domicile, en mettant en particulier l’accent sur les services en français.

     Dès le début de la séance, il a été souligné que le souhait de la Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse est que les gens des communautés acadiennes et francophones puissent vivre chez eux le plus longtemps possible. Le but de la consultation provinciale est d’apprécier davantage et de comprendre « les besoins distincts, les défis et les obstacles à l’accès aux services de soutien à domicile et communautaires. »

     La consultation à Petit-de-Grat a été animée par Danielle Comeau, une Acadienne de la Baie qui demeure à Dartmouth et qui travaille chez Barrington Consulting. Elle s’est présentée et elle a précisé davantage le but et l’objectif de la consultation qui est de formuler des recommandations pour le gouvernement sur ce sujet d’importance. Une dizaine de personnes ont répondu à l’invitation et la discussion a eu lieu sur une période de deux heures. L’animatrice a agi aussi comme secrétaire. Une fois les consultations complétées, un rapport devrait être disponible et remis aux communautés participantes ainsi qu’au gouvernement.

     La discussion a été déclenchée en discutant de la définition de, Home First, ce qui est en train d’être traduit, selon la consultante. Les gens l’ont interprété comme si on soulignait l’importance et les avantages de demeurer à domicile le plus longtemps possible. C’est ce que veulent la plupart des gens, sans doute. C’est même ce que veulent la plupart des gens en phase terminale de leur vie, quoique ce n’était pas là le sujet de discussion premier de la consultation. Sur ces points il y avait consensus. Mais, il est évident qu’il n’est pas toujours possible de rester à domicile. C’est un idéal et un objectif à viser. Et qu’il soit possible ou non, le même consensus existait pour qu’il y ait des services offerts en français, dans la mesure du possible encore, bien sûr, là où les Acadiens et francophones se trouveront, pour vivre la dernière partie de leur vie.

     Lors des discussions qui tournaient surtout autour de soins à domicile, nuancés de besoins médicaux, il a été soulevé que bien d’autres facteurs pouvaient entrer en ligne de compte. Il peut être difficile de rester chez soi même pour des personnes en assez bonne santé. Des gens qui ne peuvent plus faire le train-train quotidien de la maison rencontrent aussi des défis. Cites Babin a partagé une expérience par rapport au déblayage de la neige, à la tonte du gazon et autres travaux du genre. Il n’est pas toujours évident d’obtenir ces services, selon lui. Ce commentaire a suscité l’idée d’un éventuel projet intergénérationnel où des plus jeunes viendraient à l’aide des moins jeunes. Serait-ce aussi une façon d’encourager le parler acadien et français entre jeunes et moins jeunes.

     Les discussions ont mené à quelques recommandations ou suggestions qui ont fait consensus, voire l’unanimité. En voici une liste non exhaustive :

     Il est très important de recevoir des services dans sa langue maternelle. Les bailleurs de services devront détailler un plan de soins qui reflète la langue et la culture du client. Il a été noté que l’Acadien a des besoins tout particuliers étant donné la formation et la langue d’instruction pour ces personnes, devenues clientes. Il peut être question d’insécurité et de manque de confiance dans ce qui est une langue première, d’où l’importance de la sensibilisation et d’une formation auprès des fournisseurs de services.

     Les renseignements devraient être disponibles et en français et en anglais, au même moment. Il serait avantageux que les livrets soient bilingues pour que ceux qui souffrent d’insécurité linguistique puissent s’inspirer des deux langues, question de parfaire les connaissances de termes techniques.

     Comme les services en français ne sont pas toujours disponibles, les gens hésitent à exiger des services en français. De plus en plus, il serait à souhaiter qu’il y ait une offre active de service. La désignation de postes bilingues serait aussi un vrai atout pour la population acadienne et francophone.

     Certains ont vu le besoin d’un numéro de téléphone ou d’une ligne téléphonique dédiée à des services portant sur les soins à domicile. Bref, comment est-ce que j’accède à des services qui me permettront de rester chez moi, a demandé M. Babin? Par où est-ce que je commence? À qui est-ce que je parle d’abord? En réponse à ces questions, une des participantes a offert le numéro 211 comme étant très pratique et utile pour répondre à plein de questions, des questions qui surgissent quand on parle de soins à domicile.

     La région de l’Isle Madame-Richmond était la troisième région à participer à cette consultation provinciale, menée par la maison Barrington Consulting.

     Voici ce qui explique la mise sur pied de ce projet : « Grâce à l’appui de Santé Canada et de la Société Santé en français, les services des Soins continus de la Régie se sont associés au Réseau Santé – Nouvelle-Écosse, à la Fédération des femmes acadiennes de la Nouvelle-Écosse et au Regroupement des aînés de la Nouvelle-Écosse pour consulter les clients, les personnes-aidantes et les membres de la communauté pour en apprendre davantage sur les besoins en soins à domicile. »