Photo de feu Raymond Deveau, prise sur le chantier de construction de la Marina et du Centre marin de Chéticamp le jour de l’arrivée du convoi.
Photo de feu Raymond Deveau, prise sur le chantier de construction de la Marina et du Centre marin de Chéticamp le jour de l’arrivée du convoi.

La région de Chéticamp pleure le décès de l’homme d’affaires Raymond Deveau

Rosie AuCoin-Grace
CHÉTICAMP : Les résidants de Chéticamp, parents, amis et ses collègues associés en affaires pleurent le décès de Raymond Deveau, décédé subitement le 14 novembre à Belle-Côte.

     Né à Chéticamp le 16 octobre 1948, Raymond était le fils de feu Henri (à John) Deveau et de Marie Thérèse Cormier. Époux, père dévoué, grand-père (pépère) et visionnaire dans le monde des affaires, il laisse un legs important derrière lui. Sa détermination, sa ténacité et son éthique de travail sont sans pareil. Il a commencé sa vie d’entrepreneur comme propriétaire et soudeur d’Industrial Welding Ltd à Chéticamp et il a créé plusieurs autres entreprises au cours de sa vie, et en travaillant d’arrache-pied, il s’est taillé une réputation admirable.

     En 1975, Raymond et Edgar Boudreau étaient à la taverne Doryman et ils discutaient de la possibilité d’avoir un aréna à Chéticamp. Il n’était pas question de « si ou de, mais », ils allaient avoir un aréna dans leur communauté! La construction a commencé en 1977 sur un terrain acheté au coût de 6 000 $. de P.C. Bourgeois. Raymond Deveau était un des cosignataires pour l’emprunt.

     Raymond Deveau a consacré plusieurs années et beaucoup d’efforts pour que le Cabot Trail Arena – NIRCA devienne réalité. Il avait le cœur à la bonne place, il pensait aux enfants et adultes qui bénéficieraient de cette patinoire, de même qu’aux noces, aux concerts et à plusieurs autres activités qui auraient lieu dans l’aréna. Quand il avait quelque chose en tête, il n’y avait rien pour l’empêcher. Il était très fier de voir les résidants s’adonner aux sports et commanditer les équipes. Il jouait aussi au hockey et avait apparemment un tir du poignet assez redoutable.

     En 1987, il a grandement contribué à la construction du restaurant et bar Le Gabriel qui a fourni de l’emploi aux gens de Chéticamp pendant des décennies. En 1997, après plusieurs demandes de la part d’Angus LeFort de la radio CKJM pour un spectacle de musique de Noël en direct, Raymond ainsi que Gérard Romard, Chester Delaney et Albert Poirier, ont décidé d’organiser un party de Noël au chalet à Raymond. La diffusion en direct a été un succès tel que le Party de Noël à la camp à Raymond est devenu un évènement annuel attendu par de nombreux musiciens et des auditeurs d’un peu partout. En écoutant ces émissions, on ressent la belle camaraderie entre les musiciens pour créer un bel esprit de Noël.

     « Vous n’auriez jamais vu Raymond en complet cravate, mais il pouvait parler avec n’importe qui de son métier et de la pêche. Il fallait se lever tôt pour devancer Raymond, a dit le sous-préfet de la municipalité d’Inverness, Alfred Arthur Poirier. « Je l’ai rencontré pour une première fois quand l’usine à poisson a fermé en 2006. Grâce aux efforts acharnés d’autres investisseurs et de son frère Roger (maintenant décédé), de son fils Randy et d’autres travailleurs, la même année, l’usine était relancée et fournissait du travail à plus de cent employés. Un exemple parmi tant d’autres, mais on pourrait aussi citer le logement à Halifax et ailleurs et l’élévateur maritime qui fournit du travail partout. Pour lui, tout était possible et non n’était jamais une réponse valable. Même si ces derniers temps il n’était pas directement impliqué dans les organismes locaux, à l’exception de l’aréna, il était, selon moi, un des grands bâtisseurs de la communauté. Quand il a reçu le Prix de l’entrepreneuriat au Keltic Lodge, il était vraiment touché et a apprécié qu’on reconnaisse ses réussites. Au nom du district 1 et de la municipalité, j’offre à sa famille nos plus sincères condoléances. »

     Quelques années passées, quand Raymond a découvert qu’il était difficile pour les résidants de Kinsmen Heights de faire entretenir leur longue entrée et la route y menant, il s’est de nouveau jeté dans la mêlée. L ’autobus ne passait plus prendre les résidents pour les conduire aux programmes du Foyer Père-Fiset, les ambulances ne pouvaient pas y monter et la municipalité semblait ne pas vouloir réparer la route. Raymond Deveau ne pouvait pas assister à cette situation sans rien faire. Il a décidé qu’il était temps d’agir et, avec Alfred Arthur Poirier, il a fourni l’essence et de l’équipement comme la niveleuse et les camions. Le travail de réparation a pris deux jours, nécessité quinze charges de gravier et deux charges de roches de 4 pouces! Les résidants étaient tellement fiers de leur nouvelle route.

     « Ce n’est pas tout le monde qui aurait eu une telle générosité. Il était un homme d’affaires extrêmement occupé, mais il avait un grand cœur quand il s’agissait des gens de Chéticamp, a ajouté M. Poirier. Un automne, il y a de cela quelques années, quand il a entendu que les résidants subissaient des dégâts importants à leurs véhicules à cause de la mauvaise condition des routes, surtout dans le chemin du cimetière et le chemin Redman, il a décidé de s’en occuper. Il a aussi réparé la route connue comme la Butte à l’Ours. Raymond Deveau a réparé tous les trous avec un ciment de haute qualité. Il a même placé des pylônes puisque le ciment prenait environ 24 heures à sécher et les conducteurs ont apprécié cela. Les pylônes n’ont pas bougé de leurs positions. Je suis convaincu que des accidents ont été évités grâce à ces réparations. »

     En 2013, un convoi de cinq camions remorques est arrivé en sécurité avec son cargo dans le stationnement de l’église Saint-Pierre après avoir été sur la route pendant deux semaines. Dugas Équipement Ltée avait transporté un élévateur moderne depuis le Wisconsin, aux États-Unis. L’élévateur en pièces était rendu à sa destination, soit à la Pointe du Hâvre au site de construction de la Marina de Chéticamp. Ce projet de cinq millions de dollars est situé sur soixante acres de propriété du Cap-Breton, en bordure de la mer. C’était avec fierté que l’entrepreneur Raymond Deveau était sur les lieux pour diriger toute l’opération. Son rêve de bâtir une marina dans son village natal prenait forme.

     Raymond et d’autres bénévoles ont été très impliqués dans l’agrandissement et les améliorations du terrain de stationnement pour le sentier de la Mine de plâtre qui est très fréquenté par la population locale et les touristes. Il a fourni l’équipement pour réaliser le projet.

     L ’entrepreneur très préoccupé du manque de logements à Chéticamp. Bien que le magasin Bargain Shop était situé dans l’ancien édifice d’Industrial Welding, l’édifice aurait été un lieu idéal pour des appartements. Il estimait que le village avait besoin du magasin, alors il a plutôt bâti des appartements derrière le magasin. Il a aussi érigé un joli complexe d’appartements derrière la pharmacie de Chéticamp nommé Chez Lorna en honneur de sa fille.

     Ces dernières années, Raymond se retrouvait tôt les matins à prendre le café avec des amis à la Marina de Chéticamp avant d’entreprendre une journée de travail de douze heures. Il s’est toujours énormément soucié de sa communauté et a grandement contribué à son développement. Même à l’âge de 71 ans, il ne ralentissait pas et avait plusieurs projets en cours. Il concevait toujours des plans pour le développement communautaire et embrassait les défis.

     Il a développé son entreprise Dynasty Development Group qui a bâti plus de trois cents résidences à Halifax et dans la région. Il employait de nombreuses personnes, y compris des gens de Chéticamp qui habitent maintenant là-bas. Son fils, Randy, et lui étaient propriétaire de R&R Fisheries, une entreprise qui détenait deux permis de pêche pour le crabe et employait six personnes. Cette entreprise vend du crabe à Chéticamp Fisheries, aidant à maintenir plusieurs emplois pendant la saison de pêche.

     Bon vivant, Raymond aimait le plein air, se promener en véhicule tout-terrain, motoneige, faire la chasse à l’orignal à Terre-Neuve, d’où il ne revenait jamais bredouille. Il adorait raconter des blagues, jouer aux cartes et faire des partys à son chalet où il pouvait chanter du country et du bluegrass pendant des heures. Son petit groupe Ray and Friends a fourni la musique pour de nombreuses activités de collectes de fonds chaque année. Il aimait ses enfants plus que la vie et pour eux, il n’y avait pas de limite. Il adorait passer du temps avec son unique petite-fille, Mila, en partageant des popsicles et de la crème glacée.

     Raymond laisse dans le deuil son épouse bien-aimée, Béatrice, ses enfants Randy (Tanya) à Chéticamp et Lorna (Guy) à Bedford, ses sœurs, Patricia (feu Henry), Jean (Art) et Diane à Mississauga, et sa petite-fille, Mila Ray à Hammonds Plains. Il a été précédé dans la tombe par son frère, Roger, et par un fils Darrell, décédé à un jeune âge.

     L’incinération a eu lieu. La messe des funérailles a été célébrée en l’église Saint-Pierre le samedi 23 novembre avec le diacre Greg Murphy. Après les funérailles, la célébration de sa vie a attiré une foule nombreuse au restaurant Le Gabriel.