Le buste d’Elsie Basque présenté dans la bibliothèque au campus de l’Université Sainte-Anne.  
Le buste d’Elsie Basque présenté dans la bibliothèque au campus de l’Université Sainte-Anne.  

Dévoilement d’un buste en honneur d’Elsie Basque

Richard Landry
POINTE-de-l’ÉGLISE – L’Université Sainte-Anne a tenu à souligner la première Journée nationale de Vérité et de Réconciliation du jeudi 30 septembre dernier en organisant une marche de solidarité et le dévoilement d’un buste en honneur d’Elsie Basque dans la bibliothèque universitaire. L’activité a eu lieu la veille de la Journée, soit le mercredi 29, afin de faire les gens réfléchir sur sa signification.
Elsie Basque a accepté son grade de docteure honorifique de l’Université Sainte-Anne en 2005.  

Près de 75 personnes ont participé à la marche de solidarité et au lancement de l’Espace Elsie-Basque établi dans la bibliothèque Louis-R.-Comeau sur le campus de l’Université à la Pointe-de-l’Église. La marche a eu lieu de la réception de l’Université jusqu’à la bibliothèque dès 10 h. Il y a eu aussi une exposition de livres sur l’histoire du peuple mi’kmaq qui s’étend durant tout le mois d’octobre. 


Née en 1916 à Hectanooga et décédée en 2016 à Saulnierville, Elsie Basque est devenue éducatrice. Allister Surette, recteur de l’Université, a noté lors du dévoilement du buste que madame Basque était survivante du système des écoles résidentielles et la première femme mi’kmaq en Nouvelle-Écosse à obtenir un brevet d’enseignement ainsi que la première personne autochtone à enseigner dans une école non-autochtone à l’Île du Cap-Breton. 


« Elsie Basque a eu des liens étroits avec les Acadiens. Nous cherchons les moyens de bâtir des relations avec nos Premières-Nations, surtout auprès de celles près d’ici », a dit le recteur. 


Membre de l’Ordre du Canada, Elsie Basque a reçu des doctorats honorifiques du Nova Scotia Teacher’s College en 1997, de l’Université Sainte-Anne en 2005 et de l’université Acadia en 2013. Elle était récipiendaire de la Médaille du jubilé de diamant de la reine Élizabeth II et du Grand Chief Donald Marshall Sr. Elder Achievement Award pour sa contribution de très longue date à la communauté mi’kmaq.


« J’ai pensé que c’était une femme qui mérite d’avoir un espace à l’Université pour encourager les élèves d’aujourd’hui à Sainte-Anne. Elle était la première femme autochtone à terminer ses études au Collège normal (Teachers College) à Truro et elle a donc ouvert la voie aux autres autochtones »
Le projet du buste était l’idée d’Édouard LeBlanc de Saulnierville

« La société a été améliorée grâce aux choix qu’a pris madame Basque », avait dit Kenneth Deveau de l’Université Sainte-Anne lorsqu’il a présenté la nouvelle docteure honorifique, Elsie Basque, en 2005. 


« Elle a rappelé la relation d’amitié qui existe toujours entre les Français et les Mi’kmaq, un exemple d’amitié pour tout le monde selon lui. Madame Basque a été la première femme autochtone à recevoir un diplôme du Collège normal et la première à devenir enseignante dans une communauté non-autochtone. Plus tard, elle a été la première à mettre sur pied, avec pratiquement aucune ressource, la première école du jour pour que les enfants de la réserve de Shubenacadie n’aient pas besoin d’aller dans les pensionnats. Par la suite, à Boston, elle était au service du Boston Indian Council. Pour sa contribution à l’éducation et à la compréhension des besoins des gens des Premières-Nations et des personnes autochtones âgées, elle a reçu en 1980 une reconnaissance de la ville de Boston », a noté M. Deveau.


Marcelle Basque Simon, dernier enfant d’Elsie, a adressé la parole lors du dévoilement. Elle a noté le travail de son grand-père qui a encouragé Elsie à obtenir une éducation. « Ils vivaient dans les bois, selon elle. Il n’y avait pas l’eau courante, pas même un puits. Ils vivaient complètement de la terre. Il en voulait bien plus pour sa fille. »


C’est la raison pour laquelle il l’a inscrite à l’école résidentielle de Shubenacadie. « Elle était en 8e année quand elle est arrivée là en 1930. Elle était toujours catégorisée en 8e année 28 mois plus tard, donc son père l’a envoyée  à l’Académie Sacré-Cœur à Meteghan, école dirigée par les sœurs de la Charité », selon Marcelle (Marty). Marcelle a noté aussi que sa mère a souffert de terreurs les nuits suite à son expérience à l’École résidentielle. Elle n’avait appris que comment servir les gens. « Mais ça n’a pas empêché sa passion pour l’éducation », selon elle.


Plusieurs personnes qui connaissaient Elsie Basque sont venues pour l’occasion, dont des gens de Hectanooga et d’ailleurs. En soirée du 29, il y a eu aussi la présentation du film Nous n’étions que des enfants présenté aux étudiants de l’Université sur le campus et aux gens intéressés en soirée à la salle Marc-Lescarbot.


Le buste a été créé en 2017 par Kevin P. Comeau, artiste de la région de Meteghan. Il a intitulé sa sculpture Une femme avec plusieurs premières (A Woman of Many Firsts). Le projet avait été retardé au cours des dernières années à cause de la pandémie COVID-19.


La plaque dessous le buste indique qu’Elsie Basque était pédagogue et bénévole, un modèle exemplaire qui s’est fait championne des valeurs et des traditions autochtones. Ayant consacré énormément de son temps au bien-être des membres des Premières-Nations, particulièrement aux aînés, elle tirait une grande satisfaction des réussites de ses anciens élèves.