Plus de 50 personnes étaient présentes pour discuter de l’avenir de l’église et du presbytère Sainte-Marie.
Plus de 50 personnes étaient présentes pour discuter de l’avenir de l’église et du presbytère Sainte-Marie.

Aucune objection des paroissiens à la vente du presbytère Sainte-Marie

Richard Landry
COMEAUVILLE : Environ 50 paroissiens de la paroisse Sainte-Marie de la Pointe-de-l’Église ont assisté à la présentation sur l’avenir de l’église et du presbytère Sainte-Marie. Avec la restructuration des paroisses de la région de Clare et compte tenu de leur situation financière précaire, la paroisse doit prendre des décisions qui concernent les deux édifices. La rencontre a eu lieu le dimanche 10 novembre à 14 h à la salle des Chevaliers de Colomb à Comeauville.

     André Valotaire, animateur de la rencontre et coordonnateur de la paroisse Sainte-Marie, a dirigé la rencontre. Il a présenté en premier Jean-Louis Robichaud, coordonnateur de la paroisse Sacré-Cœur de Saulnierville, qui a présenté un aperçu de la structure de la nouvelle paroisse de Clare qui existera dès le 1er janvier 2020.

     Jean-Louis Robichaud a noté que l’évêque avait demandé aux fidèles de Clare de repenser les paroisses et de regrouper les forces partout dans le diocèse. Selon lui, on est en train de gérer des paroisses moribondes en Clare. Il y a eu la création d’une Équipe de transition avec des représentants de toutes les paroisses. Depuis un an, 36 rencontres de comités ont eu lieu, dont deux rencontres publiques, en vue de fonder une seule paroisse pour regrouper tous les paroissiens actuels de Clare. La nouvelle paroisse, nommée Notre-Dame-de-l’Acadie, fonctionnera avec les six églises actuelles jusqu’à ce que des églises décident de fermer leurs portes. On vise à aller de l’avant avec la nouvelle paroisse afin d’avoir des paroissiennes et paroissiens plus actifs. Il y aura une équipe de leadership pour aider le prêtre avec un Comité des finances et un Conseil pastoral.

    M. Valotaire a présenté les états financiers de la paroisse actuelle Sainte-Marie de la Pointe-de-l’Église. Au 10 novembre, il y avait 1 235 $ en banque. On prévoit aussi des revenus de 4 500 $ avec des dépenses de 5 420 $. Il resterait donc une réserve de 335 $. La paroisse avait une réserve d’environ 10 000 $ au début de l’année. Elle a dépensé 9 600 $ de plus qu’elle n’a ramassé cette année. Elle n’a donc plus les moyens d’opérer dans ces conditions.

     La décision a donc été prise que dès le 1er janvier prochain, il n’y aura plus de messe régulière à l’église ou au presbytère. Il est noté que la communauté de foi  n’est plus là. Les paroissiens seront invités à assister aux messes dans les paroisses voisines de leur choix. En réalité, toutes les paroisses vont cesser leurs activités le 1er janvier. Elles deviendront des unités de la nouvelle paroisse.

     L ’animateur a également présenté le rapport financier du musée de l’église Sainte-Marie. Les revenus du musée servent à éponger les dépenses de l’église. Il a aussi présenté les dettes de la paroisse. Selon les directives de Monseigneur Mancini, la dette de chaque paroisse doit être réglée d’ici trois ans pour ne pas imposer un fardeau à la nouvelle paroisse. Les dépenses pour les opérations de la paroisse Sainte-Marie seront payées.

     Il reste cependant le montant du prorata de la dette à rembourser au diocèse, dette qu’on a cessé de rembourser depuis des années, faute de fonds collectés aux quêtes. Il y a aussi un emprunt à rembourser au diocèse pour un total de 123 000 $.

     La solution qui demeure est celle de vendre le presbytère qui a une valeur estimée à 150 000 $. Le Conseil paroissial proposera à Monseigneur Mancini de vendre le presbytère et de remettre la balance, une fois la dette payée au diocèse, au fonds du cimetière.

     L’église restera disponible à court terme, soit jusqu’en septembre 2021 quand elle sera fermée à moins d’avoir été achetée par la Société de l’édifice Sainte-Marie de la Pointe avant cette date. Les revenus du musée continueront de servir à payer les dépenses de l’église qui pourra aussi être louée pour des services (funérailles, mariages, entre autres).

     Élie Thimot, membre du Conseil d’administration de la Société édifice Sainte-Marie de la Pointe, a fait un bilan des activités de la Société qui vise à recueillir des fonds afin de rénover l’extérieur et l’intérieur de l’édifice en vue d’en faire un monument consacré à l’ingéniosité des Acadiens de la région qui l’ont bâtie et de racheter l’édifice du diocèse.

     Il a présenté un historique depuis 2013 quand les gens intéressés ont commencé à vouloir préserver l’édifice pour la communauté. On considérait l’extérieur qui se détériorait. La Société a été incorporée en 2014 et, en 2015, a obtenu un numéro de charité auprès du Gouvernement fédéral pour pouvoir accorder des reçus aux fins d’impôts en échange de dons. La Société a signé une entente avec le diocèse en vue d’acheter l’église pour 1 $ d’ici septembre 2021.

     Un ingénieur avait fait une analyse de l’édifice et avait estimé qu’il en coûterait 1,5 million de dollars pour remettre l’édifice en bon état (y compris 750 000 $ pour l’échafaudage seulement). C’était il y a quelques années déjà. Maintenant, cette estimation s’élève à de 3 à 3,25 millions de dollars. La Société a retenu les services d’une firme de consultants pour préparer un plan d’action afin d’organiser une campagne de financement pour recueillir les fonds visant à remettre l’édifice en bon état. Les consultants ont visité l’église et travaillent présentement au plan à proposer à la Société. On prévoit lancer une campagne de financement très bientôt.

     Les membres de la Société songent aussi aux possibilités d’utiliser l’édifice. Les membres actuels de la Société sont : Pierre-Alphonse Comeau (ingénieur à la retraite), Richard Landry (agent de communication à la retraite), Janine Saulnier (directrice des finances au Conseil scolaire acadien provincial), Hector Thibault (entrepreneur en construction à la retraite et conseiller municipal), Ronnie LeBlanc (préfet de la municipalité), Allister Surette (recteur de l’Université Sainte-Anne), Gérald Comeau (ancien sénateur), Guy LeBlanc (administrateur scolaire à la retraite et ancien ministre du gouvernement provincial) et Élie Thimot (ingénieur à la retraite). Les personnes ressources sont : André LeBlanc du Conseil de développement économique de la Nouvelle-Écosse, Natalie Robichaud de la Société acadienne de Clare et Pam Thibault et Réanne Flynn de la municipalité de Clare.

     André Valotaire a demandé aux paroissiens si quelqu’un s’oppose à ce que la paroisse demande au diocèse de vendre le presbytère et de cesser les services de la paroisse à la Pointe-de-l’Église. Il n’y a eu aucune objection.