À droite, Elaine Saulnier-Thimot, adoubée en 2020, accueille Glenda Doucet-Boudreau, nouvellement adoubée.  
À droite, Elaine Saulnier-Thimot, adoubée en 2020, accueille Glenda Doucet-Boudreau, nouvellement adoubée.  

Adoubement de Glenda Doucet-Boudreau et d’Elaine Thimot

Richard Landry
METEGHAN-CENTRE – La Compagnie des Cents-Associés francophones a adoubé Elaine Saulnier-Thimot de Bangor le 3 novembre 2020, mais son adoubement a été reporté en raison de la pandémie. La Compagnie a donc adoubé Glenda Doucet-Boudreau des Concessions le 28 octobre 2021 et Elaine Thimot au restaurant Seashore à Meteghan-Centre. Les deux femmes sont ainsi devenues chevalières de la Compagnie des Cents-Associés francophones.

La Compagnie des Cents-Associés francophones est un organisme national, autonome et sans but lucratif créé en 1979 sous l’égide de l’Association canadienne d’éducation de langue française (l’ACELF). La nouvelle Compagnie emprunte son nom à la Compagnie des Cents-Associés de la Nouvelle-France établie le 26 avril 1627 par le Cardinal Richelieu en France. À l’époque, les membres de ladite Compagnie représentaient l’élite de l’aristocratie française et souhaitaient faire rayonner le fait français en Nouvelle-France (Acadie-Québec). Elle a été dissoute en 1663.


La nouvelle compagnie a la mission de reconnaître le mérite des francophones au pays. Elle choisit une personne par an dans chacune des cinq régions au Canada en vue de reconnaître leurs contributions importantes envers la francophonie au fil des années. L’adoubement était à l’époque une cérémonie au cours de laquelle un homme était armé chevalier.


Mary-Ann Gauvin, présidente de la Société acadienne de Clare (SAC), a accueilli les invités à l’adoubement à la Baie Sainte-Marie. Elle a souligné la présence de Micheline Gélinas (directrice générale) et d’Élizabeth Vickers (employée) de la Fédération des femmes acadiennes de la Nouvelle-Écosse et d’une délégation de femmes de la région d’Argyle. Elle a aussi accueilli des invitées présentes de façon virtuelle, soit Lilly Christ, présidente de l’Alliance des femmes adoubée en 2020 pour la région 5 en Colombie-Britannique; Yvonne McLaughlin, présidente de la Compagnie des Cents-Associés francophones adoubée en 2019; Marilyn Comeau d’Ottawa, première présidente de l’Association des femmes acadiennes de Clare ainsi que de la Fédération des femmes acadiennes de la Nouvelle-Écosse, adoubée en 2009, et Soukaina Boulivev, directrice générale de l’Alliance des femmes et adoubée pour la région 3 de l’Ontario. 


Betty-Ann German a entamé le chant d’Ave Maris-Stella à l’ouverture de la cérémonie. Le sous-préfet de la municipalité, Yvon LeBlanc, a tenu à féliciter les deux femmes aboudées.

 

Yvonne McLaughlin, originaire de la région de Chéticamp, a présenté la Compagnie des Cents-Associés francophones et sa mission. « Nous nous sommes inspirés de ces objectifs et aujourd’hui, notre ordre de mérite rend hommage à nos supers bénévoles de la francophonie canadienne. C’est un honneur pour moi ce soir de pouvoir rendre hommage à deux femmes qui se sont dévouées et qui se dévouent toujours pour promouvoir la langue et la culture françaises. Elaine Saulnier-Thimot a été admise dans la Compagnie des Cents-Associés francophones en 2020. Glenda Doucet-Boudreau a été admise dans la Compagnie des Cents-Associés francophones le 1er septembre 2021. Mesdames, vous méritez l’honneur qui vous est conféré. La Compagnie des Cents-Associés francophones vous remercie pour votre contribution », a-t-elle dit.


Lily Christ et Soukaina Boulivev ont ensuite expliqué les insignes présentés aux adoubées qui comprennent une médaille avec ruban bleu et la fleur de lys qui symbolise la francophonie canadienne, un cercle qui représente le sol canadien où se déroule le geste et une croix qui symbolise la foi des ancêtres et la détermination de ceux et celles qui chérissent toujours le patrimoine culturel qui leur a été légué. Les adoubées ont reçu une écharpe portée en bandoulière rappelant la ceinture fléchée des ancêtres.


Glenda Doucet-Boudreau


Glenda a été présentée par l’adoubée de 2020, Elaine Thimot. Dans sa jeunesse, Glenda a toujours été membre actif des Clubs 4-H, dont elle s’est mérité plusieurs honneurs, même au niveau international. Elle a siégé bénévolement sur divers comités en Clare, tel que le Festival acadien (quand le premier ministre Pierre Elliot Trudeau était l’invité d’honneur) et était présidente du comité de la famille Doucet lors du Congrès mondial acadien 2004. Elle a fait partie du Conseil d’administration de la Fédération acadienne de la N.-É. et de la Société de presse acadienne et elle a siégé au Conseil des gouverneurs de l’Université Moncton.


Elle a toujours œuvré pour faire avancer le bien-être des femmes et des jeunes filles. Elle a été une des fondatrices du Well Women and Health Awareness Clinic. Grâce à son travail, les cours de mieux-être pour les femmes et les cours de sexualité pour les jeunes ont démarré dans la région. Elle était une des fondatrices de la Garderie familiale de Clare et a aidé dans plusieurs projets pour la petite enfance. Elle était aussi la présidente fondatrice pour la région de Digby du Registered Nurses Association of Nova Scotia et présidente de Planned Parenthood.


Siégeant à la Fédération des parents acadiens de la N.-É., Glenda a travaillé pendant plusieurs années pour faire avancer la cause des écoles homogènes en Nouvelle-Écosse. Elle a été élue au Conseil scolaire Clare-Argyle School Board de 1991-1994. Même après le progrès fait dans les années 80 et la  fondation du Conseil scolaire acadien provincial (CSAP) en 1996, l’avancement envers les écoles homogènes francophones ne se concrétisait pas. C’est ainsi qu’en 1999, un groupe de parents des régions acadiennes s’est joint à Glenda pour comparaître devant les tribunaux afin de faire respecter l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés. Le cas de cours Glenda-Doucet-Boudreau s’est rendu devant la Cour suprême du Canada. Grâce à ces parents, les communautés acadiennes de toute la province ont finalement gagné leur cause pour obtenir des écoles homogènes françaises en Nouvelle-Écosse. 


Glenda a mené un projet qui a vu en 2019 la publication du livre Femmes inspirante de la Baie Sainte-Marie qui valorise les histoires de 250 Acadiennes de Clare. Encore en 2019, Glenda a été récipiendaire de l’Ordre de la Pléiade en reconnaissance de son travail pour la communauté francophone. Cette année, elle compte sa 14e année comme présidente de l’Association Madeleine-LeBlanc et est la représentation de Clare au Conseil d’administration de la Fédération des femmes acadiennes de la Nouvelle-Écosse. Elle vient aussi de finir son deuxième mandat pour un total de 6 ans au bureau de direction de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne à Ottawa.


Elaine Saulnier-Thimot


Marilyn Comeau, adoubée en 2009, a présenté Elaine Thimot. Elaine est possiblement la seule personne à être reconnue par cinq organismes acadiens à l’échelle provinciale a dit Mme Comeau. Comme membre du conseil et fondatrice de la Fédération des parents acadiens de la N.-É. en 1988, elle a été reconnue par la Commission nationale de parents francophones et en 1998, par la Fédération des parents acadiens de la N.-É. Elle a été reconnue à deux reprises par la Fédération acadienne de la N.-É., soit en 1987 et en 2017. Elle a aussi été reconnue à deux reprises par la Fédération culturelle acadienne de la N.-É., ayant été fondatrice de la Fédération des Festivals acadiens de la N.-É.  


Toujours membre de l’Association des femmes acadiennes de la Baie Sainte-Marie, elle a reçu le Certificat Denise-Samson de la Fédération des femmes acadiennes de la N.-É. en 2018. En 2020, elle a reçu le Certificat May-Bouchard du Regroupement des aînés de la N.-É. étant toujours active à l’échelle régionale et provinciale, elle continue à faire du bénévolat, tout en aidant à faire avancer des projets pour le Congrès mondial Clargyle en 2024.   


Selon Natalie Robichaud, directrice générale de la Société acadienne de Clare, qui a organisé la soirée et qui a succédé à Elaine comme directrice générale, Elaine s’est toujours démarquée par sa participation et son engagement au sein d’organismes acadiens et nationaux faisant la promotion de la langue et de la culture acadiennes. Elaine était directrice générale de la SAC pendant une dizaine d’années.


 Remerciements


Les deux adoubées ont tenu à remercier la Compagnie des Cents-Associés francophones de les avoir reçues dans leur Ordre et les gens qui les ont aidées. « Comme vous avez entendu dans les présentations, nous avons souvent croisé nos chemins et bien travaillé ensemble. Ce n’est peut-être pas au hasard que nous sommes reconnues ensemble ce soir. On dit que le leadership d’une personne commence à un jeune âge et se développe selon la formation reçue à travers ses expériences de vie et des organisations dans lesquelles elle participe. Pour ceux d’entre vous qui  faisaient partie du mouvement 4-H dans le Club Carette  avec Juliette Thibault, vous pouvez comprendre pourquoi on attribue une grande partie de notre leadership au regroupement 4-H. Le Club Clarette s’est mérité le prix du Meilleur club 4-H en N.-É. à diverses reprises. Pendant ce temps, nous deux avons reçu des honneurs et mérites de voyage national et international », selon elles.


Elles ont poursuivi en demandant pourquoi on se ressent le besoin de valoriser son patrimoine, sa langue et sa culture acadienne. « La majorité des personnes de notre âge a grandi dans des familles où les grands-parents avaient gardé un grand respect envers leurs ancêtres.  Dans les ménages de nos parents et grands-parents, on vivait presque totalement en français et ce sont eux qui nous ont transmis ce vouloir de sauvegarder la langue, les coutumes et les valeurs acadiennes. Une fierté acadienne vient avec des obligations, ainsi qu’un devoir collectif, de vouloir sauver et transmettre sa langue, ses traditions et son patrimoine à sa descendance », selon elles.  


Elles ont poursuivi : « Même si nous avons œuvré collectivement dans les divers secteurs culturels pour faire avancer la fierté acadienne, c’est dans la santé et la sauvegarde de l’éducation en français que nous avons mis nos énergies de façon plus fortes. Au début des écoles en Clare, c’étaient la municipalité et les commissaires qui avaient le contrôle des écoles françaises dans la région. Par après, c’est devenu le Conseil scolaire de Clare et ensuite le Conseil scolaire Clare-Argyle. Cela a donné des écoles avec un curriculum anglais à l’intérieur d’une vie scolaire acadienne. Mais quand la Charte des droites et libertés a été établie en 1982, cela nous a donné l’opportunité de répondre au désir des fondateurs de nos écoles et de redonner une éducation en français à notre jeunesse acadienne », ont-elles conclu.