La ministre Mélanie Joly.  
La ministre Mélanie Joly.  

Réforme de la Loi sur les langues officielles : pour que les Acadiens parlent encore le français dans 50 ans d’aujourd’hui

Richard Landry
MONTRÉAL : La ministre fédérale du Développement économique et des Langues officielles, l’honorable Mélanie Joly, a déposé le 19 février dernier son plan de réforme de la Loi sur les langues officielles. « Pour la première fois, le gouvernement fédéral reconnaît que le français a connu un recul au pays, donc il doit en faire plus pour freiner ce recul et assurer la vitalité des communautés de langue officielle. Avec cette réforme, nous voulons assurer qu’en 50 ans, les Acadiens pourront encore continuer de parler le français et que la langue persiste », a-t-elle dit lors d’un entretien récent.

La ministre reconnaît qu’il y a différentes choses que le gouvernement peut faire pour soutenir davantage le fait français au pays et arriver à une égalité réelle entre les deux langues officielles du pays où la langue est minoritaire.


« Nous visons en particulier la protection des institutions communautaires. On ne peut pas penser qu’on a une communauté forte si les institutions, comme l’Université Sainte-Anne, ne sont pas fortes. On doit regarder au poids démographique des francophones au pays pour ne pas qu’il diminue, donc on va voir aux stratégies d’immigration francophone. On va mettre ces stratégies dans la Loi, selon elle. On va vouloir protéger aussi Radio-Canada pour que la Société continue à offrir ses services en français en Acadie. Nous voulons aussi renforcer les responsabilités du Commissaire aux langues officielles pour qu’il ait plus de pouvoirs et que la Loi ait plus de mordant. »


La partie VII de la Loi sur les langues officielles présente l’engagement du gouvernement fédéral à appuyer le développement et favoriser l’épanouissement des communautés linguistiques en situation minoritaire et à promouvoir la pleine reconnaissance et l’usage du français et de l’anglais dans la société canadienne. Cette partie de la Loi mettra l’emphase davantage sur les obligations des institutions fédérales, la coordination avec les autres ministères, les consultations publiques et la mises-en-œuvre de la Loi.


La réforme linguistique, intitulée Français et anglais : vers une égalité réelle des langues officielles au Canada, présente six principes directeurs : 1) la reconnaissance des dynamiques linguistiques dans les provinces et territoires et des droits existants en matière de langues autochtones, 2) la volonté d’offrir des occasions d’apprentissage des deux langues officielles, 3) l’appui aux institutions des communautés de langue officielle en situation minoritaire, 4) la protection et la promotion du français partout au Canada, 5) l’exemplarité du gouvernement du Canada grâce à l’accroissement de la conformité des institutions fédérales et 6) une Loi pour le Canada d’aujourd’hui et de demain par un examen périodique de la Loi et de sa mise en œuvre.


« Plus que jamais, le temps est venu de faire le point sur la situation linguistique au Canada, de prendre acte de l’évolution des langues officielles depuis plus de 50 ans et d’agir afin de relever les défis auxquels elles sont confrontées, a dit la ministre lors de l’annonce de la Réforme. Le temps est venu pour offrir une vision modernisée de notre dualité linguistique. Depuis son adoption en 1969, force est de constater que la Loi sur les langues officielles a eu de nombreuses retombées positives d’un bout à l’autre du pays. Malgré le recul, elle a établi le bilinguisme institutionnel et, ce faisant, a permis aux francophones d’avoir accès à des services dans leur langue partout au pays. »


Dans un communiqué, la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE) a vu la Réforme avec une grande satisfaction (voir Le Courrier du 26 février dernier, p. 5). La FANE se réjouit surtout de l’engagement du gouvernement fédéral de protéger les communautés de langue officielle en situation minoritaire.