Paul Gallant avec sa fille Adrienne et son petit-fils Xavier lors de son 60e anniversaire de naissance.

Paul Gallant, directeur artistique, laisse un legs à Chéticamp

CHÉTICAMP : Paul D. Gallant figure parmi les gens qui ont fait des contributions monumentales à la région de Chéticamp. Il a joué un rôle vital pour le développement de la région acadienne dans le secteur des arts et de la culture. Malheureusement, il lutte présentement contre le cancer et autres problèmes de santé et il déménage à sa région natale à l’Île-du-Prince-Édouard où il sera plus près de sa famille.

Voici le trajet de Paul et comment il s’est rendu à Chéticamp. Il est né le 15 avril 1958 dans le village francophone de Mont-Carmel, Î.-P.-É. Oui, sa chanson populaire Quois qu’un gars de Mont-Carmel raconte l’histoire de vraies gens et de la vraie vie. Il est surtout un musicien autodidacte qui a joué de la basse et de la guitare dans des groupes musicaux au jeune âge de 13 ans, surtout du country rock.

Il se rappelle d’avoir suivi des ateliers de danse avec des instructeurs du Conseil de folklore du Canada. Sa passion pour la rédaction est aussi commencée assez tôt, il composait des chansons à l’âge de 16 ans. Il n’était âgé que de 20 ans quand il est devenu directeur artistique auprès de nombreuses productions. Sa première chanson reconnue était Calgaryjouée par le groupe Gameck. Il a reçu son diplôme en Développement communautaire en 1980, ce qui l’a bien préparé pour son avenir. En 1985, il est devenu directeur artistique du Conseil des arts Évangéline dans la production grandement réussie de La cuisine à mémé. Il a vécu et travaillé à l’Île jusqu’au milieu des années 1990 en faisant la promotion de la culture, la rédaction et la production francophones. Il a produit des disques et du théâtre locaux, y compris Panou, Gameck, La cuisine à mémé, l’artiste Marcella Richard, les Danseuses Évangéline, les festivals acadiens et encore plus.

Il a expliqué comment il est arrivé à Chéticamp. « En 1992, j’ai reçu un appel de Ronald Bourgeois qui me proposait un projet intéressant. Il m’a invité à contacter une cheffe de la communauté, Monique AuCoin de Saint-Joseph-du-Moine, et après quelques discussions, j’ai été demandé de venir livrer une série d’ateliers aux pêcheurs déplacés et à d’autres gens. Comme vous le savez, le Théâtre des Moineauxest alors né et était merveilleux tant qu’il a duré. Comme nombreux autres projets, la baisse dans le financement a rendu le projet difficile à gérer. Je chéris les souvenirs des soirs spéciaux dans la hall du Moine. Je suis retourné travailler ici en 1993. Après quelque temps, j’ai décidé de déménager ici pour six mois, juste pour voir, et 25 ans plus tard, je suis toujours ici », a-t-il confié.

Il y a avait une crise dans l’industrie de la pêche au début des années 1990 et plusieurs projets de diversification ont été créés dans les communautés de pêche. Un projet en particulier qui a fait sa marque a été le Théâtre des Moineaux–La Cachette à Marianne, dont les soupers-théâtre mettant en vedette le talent local. On a vu des jeunes comédiens qui sortaient de leur coquille et qui jouaient pour la première fois en présentant de jolies ballades et du matériel traditionnel pour faire rire les gens durant les soirées comiques. Ils ont même enregistré un concert sur disque compact qui est joué par les stations de radios francophones.

Au fil des ans, Paul a souvent dit que « cet endroit (Chéticamp) a capté mon cœur depuis le moment lorsque je suis arrivé. Je suis tombé amoureux de la beauté charmante, l’entourage et les gens. »

Il a travaillé sur une grande variété de projets dont un qu’il a tenu à cœur, soit le Festival international de la danse. En 1997, il a créé la troupe de danse La Swing du suête. « C’est une des réussites dont je suis le plus fier, a-t-il dit. La Swingest toujours très forte et d’autres troupes de danse en ont découlé comme La P’tite briseet même le groupe d’adultes, Encore du vent. Ça donné l’occasion pour plusieurs gens qui rêvaient de danser devant une foule de le faire. C’est admirable de voir ce développement. La Swing du suêteest passée à Nicole LeBlanc en 2014 et Encore du ventà Jérémie Poirier et Ashley Roach-Poirier en 2017. Ces troupes volent de leurs propres ailes et réussissent merveilleusement bien. Ça me chauffe le cœur de voir ce qui se passe sur l’estrade. Pour moi, c’est ce qui compte. Ça me fait moins mal de partir quand je vois ce genre de danses traditionnelles et de musique qui continuent. Si je peux transmettre aux jeunes et aux adultes ce que je connais, partager mon expertise, et qu’ils le partagent avec les autres à leur tour pour continuer les spectacles et garder cette partie de notre culture vivante et florissante, alors j’aurai réussi ce que je voulais accomplir. Il n’y a pas de meilleur sentiment », a dit Paul Gallant.

En novembre 1999, le rêve de Paul de créer le Conseil des arts de Chéticamp associé avec l’École NDA est devenu réalité. Il en résulte qu’il y a une salle de théâtre à la fine pointe qui a présenté des centaines de spectacles, a éduqué les élèves dans divers types d’art et de culture, a développé et fait revivre le talent local chez plusieurs gens, a créé des partenariats avec des autres écoles et associations, est allé en tournée à d’autres parties du Canada, aux États-Unis et ailleurs, et encore plus. Selon Paul, « le Conseil des arts a commencé comme une vision et est allé tellement plus loin. Il a certainement enrichi les gens de cette communauté de diverses façons. Je pense à comment nos productions ont souvent rassemblé le village avec plus de 200 participants. Par exemple, le Grand cercleétait incroyable ! Je songe aux artistes qui ont commencé sur cette estrade et qui ont continué en théâtre, en musique, dans les arts, etc : Nathan LeLièvre, Elyse Delaney, Émilien Cormier, Alexandre Poirier, Ryan Doucette, Stéphanie (AuCoin) Craig, Glen Bourgeois, notre ami décédé Marc Boudreau, Christopher Babineau, pour n’en nommer que quelques-uns, de même qu’à ceux qui sont restés ici et pour qui la musique est devenue une grande partie de leur vie. Il y en a bien trop pour les nommer, mais je suis tellement fier de tous et toutes. Je suis heureux de voir comment ils maintiennent nos traditions francophones et notre culture vibrante et comment ils les partagent avec les autres. »

Selon Jérémie Poirier, plusieurs artistes de la région ne seraient pas où ils sont rendus si Paul n’avait pas été là. « Il nous a en a montré beaucoup au sujet des arts et de la culture et encore plus », d’après lui.

Lilianne Cormier, élève à l’École NDA, estime que Paul est un homme incroyable. « Avec son encouragement, il m’a aidé à bâtir la confiance en moi-même, de me présenter sur l’estrade, de partager ma passion et mes histoires par le théâtre et la musique, me permettant de faire de mon mieux à chaque performance. Il est celui qui m’a ouvert les yeux à la possibilité de poursuivre une carrière dans les arts de la scène. Je lui dois tout et je serai toujours reconnaissante et fière de l’appeler un collègue, un mentor et, surtout, un ami », a-t-elle avoué.

En septembre 2013, Paul Gallant avait accepté le nouveau poste d’agent de développement scolaire et communautaire auprès du Conseil scolaire acadien provincial (CSAP). Il a discuté de sa démission. « C’était un moment très difficile pour moi. J’étais en congé personnel et des rumeurs vicieuses couraient partout. C’était déchirant, je n’en dirai pas plus. À peu près au même temps, j’ai été diagnostiqué avec le cancer du colon et avec des problèmes de caillots de sang dans mes poumons. Ma démission n’était pas une décision facile à prendre. Ma santé doit prévaloir avant tout. J’ai subi une opération depuis et je me sens de mieux en mieux chaque jour. Je suis dans la phase de rétablissement, mais de devrai encore subir des traitements de chimiothérapie préventive pour assurer que tout ait été enlevé. C’est mieux pour moi de retourner chez moi avec ma fille Adrienne, mon petit-fils Xavier, mes frères et mes sœurs. Quand on endure de telles choses, on a besoin de l’appui spirituel, mental et médical. J’ai été béni d’avoir reçu bien plus que les soins suffisants de l’équipe de santé à Chéticamp et Sydney, ainsi que de mes amis et ma famille. J’en serai toujours reconnaissant. Je crois que cela m’a permis de traverser ces épreuves », selon lui.

Le directeur artistique n’est pas étranger au monde de la musique et du théâtre. Il est auteur de plus de 100 pièces de théâtre et de plus de 800 chansons avec 115 qui ont été enregistrées depuis 1980. Il est bien connu pour sa direction artistique, ses productions télévisées, sa rédaction de pièces, ses compositions et arrangements de chansons, sa gestion des tournées, ses conceptions du son et de l’éclairage, son développement communautaire, sa dynamique des groupes, son leadership en formation et planification et ses études de faisabilité pour des projets d’arts et de culture. Il a reçu nombreux prix, ce qui l’a motivé pour continuer sa mission de préserver la culture acadienne.

La région de Chéticamp a sans doute été enrichie par ses talents et son expertise au fil des années. Les travaux précis de Paul Gallant ont eu un impact très positif sur Chéticamp. Par ces projets et, bien sûr, les efforts d’autres organismes, ils ont placé Chéticamp sur la carte géographique quand il s’agit de la culture acadienne. Ils ont créé des liens avec d’autres endroits au monde, en réduisant d’une manière ou d’une autre la distance entre les plusieurs cousins acadiens.

Les productions suivantes rappelleront toujours des souvenirs spéciaux chez nombreuses gens de notre communauté quand ils étaient jeunes : Annette et les Sournachettes, laSwing du suête, le Grand cercle, la Soirée chez Gélas, Soleil, Un suête dans la cabane, Le vieux bus bleu, En directe de la campe, Gélas 2 –les noces, Soleil 2 –la réunion de classe, Jeanne d’Acadie, les Filles de la factorie, Il était une fois au Cap-Rouge, The Phantoms, Vert la démocratie, La wake à Gélas, Dans ma maison, et la liste continue. On se rappellera aussi les chœurs de chant dirigés par Paul et présentés dans les églises et à d’autres spectacles.

Paul Gallant est un leader dans tous les sens du mot. Il a été impliqué non seulement d’un point de vue culturel, mais aussi pour le mieux-être de la communauté, la région acadienne. Aucune tâche n’était impossible avec lui à la tête tout en étant accompagné d’autres partenaires. Il a souligné comment c’était remarquable de travailler avec les gens de Chéticamp. « Le leadership et les organismes de cette communauté sont exceptionnels, d’après lui. Tout le monde travaillait si bien ensemble avec un but commun. Ce n’est pas ainsi chez toutes les communautés. C’était certainement la clé du succès du Conseil des arts de Chéticamp. Les innombrables bénévoles, la Société Saint-Pierre, la Radio CKJM, le Parc national des Hautes-Terres du Cap-Breton, la Société de la Mi-Carême et encore plus ont tous joué leur part. La région de Chéticamp est perçue comme un modèle pour les autres communautés francophones. Nous avons un lien incroyable entre le Conseil des arts et l’école, ce qui en soi est très unique. Par exemple, quand je retournerai dans la région Évangéline (Î.-P.-É.), une de mes premières tâches sera de développer les arts culturels dans la région. Je vais partager avec les gens là ce que j’ai accompli dans ce charmant petit village acadien en affiliant l’école avec la communauté. Pour vous tous, c’est quelque chose à être très fiers. Mon travail régulier avec un tel appui et les grands partenariats va me manquer. »

Un petit conseil de Paul Gallant : « Parfois vous essayez des choses nouvelles sans savoir où ça va aller, mais, peu importe ce que vous faites… essayez-le. Parfois ça travaille très bien, parfois on est surpris de voir comment un produit peut réussir et parfois, il y a la déception… mais vous continuez d’essayer. Ça fait tout partie du développement, de l’apprentissage et avec espoir vous apprécierez l’expérience. C’est ainsi qu’on apprend la patience et qu’on bâtit la confiance et le caractère. »

Lisette Bourgeois, directrice générale des Trois-Pignons, estime que personne ne peut nier le bien créé sur la scène des arts et de la culture dans la région acadienne de Chéticamp par Paul Gallant. « Son énergie infatigable nous a amenés vers l’avant quand la route la plus facile aurait été d’abandonner. Il est un artiste et les roues tournaient toujours. J’ai travaillé, de même que le reste de l’équipe de la Société Saint-Pierre, de près avec Paul sur nombreux projets. Nous ne nous sommes pas toujours entendus, mais nous sommes toujours arrivés aux solutions par respect mutuel, selon elle. Nous sommes fiers des projets que nous avons accomplis au fil des années. Nous lui souhaitons bonne santé et encore plusieurs années de créativité. Nous avons apprécié ses contributions et nous souhaitons que l’avenir va nous apporter plusieurs autres projets de collaboration. »

L’ambassadeur musicien Scott MacMillan louange aussi son collègue. « J’ai vécu de merveilleuses expériences en travaillant avec Paul Gallant. Il est un auteur-compositeur talentueux, capable d’écrire des hymnes qui semblent éternels. Aussi, il a une façon formidable de motiver les jeunes gens pour les faire avancer dans la même direction dans une production. Il est un homme talentueux, soucieux et aimable. J’espère que je travaillerai encore avec lui bientôt. »

Pour sa part, Joeleen Larade, directrice générale du Conseil des arts de Chéticamp, rend témoignage à Paul Gallant. « Je n’ai jamais rencontré une personne avec autant de dévouement et de passion pour la culture acadienne, sa langue et ses jeunes. La région de Chéticamp ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui si ce n’était de sa vision et de ses connaissances sur l’importance de travailler avec les enfants puisqu’ils sont le seul moyen de préserver et de faire grandir la culture acadienne », selon elle.

En 2018, alors qu’il approchait son 60eanniversaire de naissance, Paul a complété un autre projet sur sa liste de choses à faire. Il s’est embarqué dans une nouvelle aventure avec sa fille, Adrienne. Ils ont produit leur propre disque Ballades, un projet père et filleréalisé ensemble. « Je n’ai jamais eu le désir de produire un disque pour moi-même bien qu’on ait fait pression sur moi de le faire. Mais après avoir entendu Adrienne chanter ma chanson Je te reviensdurant le Festival acadien 2017 à l’Î.-P.-É., j’ai eu une épiphanie. C’est Adrienne qui doit enregistrer un disque de mes chansons ! Le projet père et fille est né ce soir-là. Une expérience formidable, un souvenir que je garderai pour toujours », a dit Paul.

Paul Gallant avoue qu’il a toujours été impliqué dans la préservation de la langue et de la culture acadiennes. « Les chansons et les pièces rassemblent les gens et renforcent la culture, selon lui. C’est une vraie lutte. La survivance de notre culture acadienne –il n’y a pas de solution facile, mais il faut faire de quoi aujourd’hui. Peut-être qu’en cinquante ans d’aujourd’hui, quelqu’un chantera nos chansons. »

Pour ce qui est de son avenir, Paul souligne qu’il doit d’abord se remettre en santé. « Quand je me sentirai bien, je vais m’embarquer dans de nouvelles affaires comme mon rôle dans le Congrès mondial acadien à l’Î.-P.É. Je vais aussi reprendre les productions de La cuisine à mémé, l’Évasionet Gélas les noces. J’aurai une pleine assiette, mais je ne pourrai pas me permettre de retourner là où les choses étaient. Je ne suis plus jeune et ce cancer et les caillots de sang ont été une prise de conscience pour moi. Des changements de style de vie majeurs s’en viennent pour moi si je veux survivre et vivre une longue vie. »

Il est reconnaissant envers les gens de la région de Chéticamp. « Je veux vous remercier de m’avoir reçu dès les débuts, d’avoir travaillé auprès de moi et développé des merveilleuses productions, en partageant nos créations avec le reste du monde et de toujours être remplis de la fierté acadienne. Vous allez toujours avoir une place spéciale dans mon cœur et je suis reconnaissant et béni pour les souvenirs et les amitiés. Ce n’est pas un adieu, mais un au revoir. Je serai de retour dans la belle région de Chéticamp pour des visites et on ne sait jamais, peut-être pour des projets futurs dans cette communauté. Si vous venez dans mon coin du pays, s’il-vous-plaît entrez chez moi pour une visite. Jusqu’alors, prenez soin… merci et à la prochaine. »

Lisette Bourgeois, Paul Gallant, Michel AuCoin et Scott MacMillan après une performance incroyable.
Paul Gallant avec sa fille, Adrienne.
Un moment de fierté pour Paul Gallant lors de la reprise de la pièce de théâtre Le Grand Cercle à Chéticamp.

POINTE-de-l’ÉGLISE : Le Centre acadien de l’Université Sainte-Anne et la Fédération régionale des arts et du patrimoine (FRAP) vous invitent à une soirée de dévoilement le lundi 27 mai à 19 h à la salle Marc Lescarbot.

Depuis l'automne 2018, Chad Comeau travaille à l'élaboration d'un jeu vidéo connu jusqu'ici comme Clare Game 2019. Ce projet, coordonné par la FRAP, s'inscrit dans les activités de Clare 250. Après plusieurs mois, il est maintenant temps de dévoiler le nom officiel du jeu de même que le logo et la chanson thème.

« Le projet de jeu vidéo avec Chad est le premier gros projet de la FRAP. Octroyé sur trois ans, ce projet représente pour nous non seulement une collaboration idéale, mais aussi l’occasion de montrer notre capacité de gestion en tant qu’organisme communautaire en développant des partenariats, dont celui avec le Centre acadien », explique Natalie Robichaud, vice-présidente de la FRAP.

La soirée du 27 mai sera aussi l'occasion de lancer le site web Clarepedia, une ressource de type encyclopédique créée en partenariat avec le Centre acadien de l’Université Sainte-Anne pour appuyer les joueurs et leur permettre de développer leurs connaissances de la région de Clare.

« L’identité du jeu s’est vraiment solidifiée au cours du projet », explique Chad Comeau, créateur du jeu. « Nous sommes très excités de finalement partager un regard audiovisuel de notre travail. » Il précise que le lancement officiel du jeu est prévu pour août 2019.

Une période de questions suivra la présentation du jeu par Chad Comeau. Un léger goûter sera servi.

Ce projet est financé par Patrimoine canadien, le Gouvernement de la Nouvelle-Écosse et la municipalité de Clare.

POINTE-de-l’ÉGLISE : Le concepteur de jeu Chad Comeau et le graphiste Marc d’Entremont, originaires de la Baie Sainte-Marie, lancent À tchi?, un jeu de car tes original inspiré de coutumes acadiennes.

Une campagne de socio financement pour le jeu a été lancée le 10 mai 2019. Puisque la production de jeux physiques est coûteuse, l’appui du public est nécessaire pour concrétiser le projet. Les personnes intéressées sont donc invitées de se réserver une copie par précommande. La campagne se trouve sur Kickstarter (https://www.kickstarter.com/projects/fringfrang/a-tchi-jeu-de-cartes-card-game), ou visitez tout simplement www.atchi.ca

Que signifie le nom À tchi? En rencontrant quelqu’un à Clare, en Nouvelle-Écosse, on lui demande d’expliquer « à tchi » ils ou elles sont. On répond en nommant nos parents, leurs parents, et ainsi de suite. Par exemple, le musicien Marc à Paul à Jos souligne cette coutume. En jouant À tchi?, on performe cette tradition, sous forme de jeu de mémoire. Les joueurs compétitionnent l’un contre l’autre ou forment une équipe de 2 à 6 joueurs pour découvrir qui peut le mieux se souvenir de sa lignée familiale.

À tchi? est créé en partenariat avec le Centre acadien de l’Université Sainte-Anne. Le projet À tchi? s’inscrit dans la mission du Centre acadien, soit de faire connaître et rayonner la culture acadienne. Le Centre acadien est fier d’appuyer ce projet qui permettra de faire connaître un aspect du riche patrimoine oral acadien.

Ce jeu de cartes, conçu pour honorer et partager une tradition vivante, est composé de plus de cent prénoms de membres des familles fondatrices de la région de Clare, en Nouvelle-Écosse, et ailleurs en Acadie.

HALIFAX : Le lundi 13 mai 2019, l’Alliance Française organisait un Clue géant dans ses locaux. Autrement dit, les six participants, venus entre amis ou en famille, ont pu se transformer en vrais enquêteurs pendant deux heures tandis que les suspects étaient, non pas des pions, mais des bénévoles de l’Alliance Française!

Les enquêteurs ont d’abord été accueillis par la commissaire d’un paisible petit village français victime d’une étrange histoire de vol. En effet, la recette ancestrale du far breton, un gâteau à base de pruneaux, a été volée. Les participants sont donc partis sur les pas du voleur et ont investi les locaux de l’Alliance Française. Au programme, inspection du lieu du vol, découverte d’indices, interrogatoires… Les enquêteurs ont même dû résoudre un message codé pour retrouver la recette. Heureusement, grâce à eux, le coupable a été découvert et la recette retrouvée.

Cette activité étonnante s’est conclue sur une note sucrée, puisque chacun a pu goûter au fameux far breton. Une maman reconnaît avoir passé un agréable moment avec ses enfants en prévision de la fête des Mères, tandis qu’une des participante, dont c’était l’anniversaire de naissance le jour même, n’a pas regretté d’être venue. En somme, enquêteurs et bénévoles ont passé un agréable moment dans une ambiance fictive et joyeuse.

PETIT-RUISSEAU : La différence ne se limite pas seulement à la couleur de peau, de taille, d'origine ou de l'accent. La différence est aussi celle de l'orientation sexuelle. Alors, pour marquer cela, la municipalité de Clare et la Société acadienne de Clare (SAC) ont uni leurs efforts pour organiser une première dans la communauté : une cérémonie de levée du drapeau de la fierté le 15 mai 2019. Cet événement soulignait le 50eanniversaire de la décriminalisation partielle de l’homosexualité au Canada et la journée mondiale contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie qui est le 17 mai de chaque année.

Passé presque inaperçu dans sa promotion, cet événement a attiré environ 70 personnes, surtout des jeunes qui sont venus appuyer avec grande fierté cette belle initiative de la municipalité et de la Société acadienne de Clare.

Mais comment une telle initiative est-elle née? Selon Amy Paradis, agente de communication de la municipalité de Clare, c'est Charles MacDougall de l'organisme Rivière de la Fierté de Moncton qui l'a contacté et lui a demandé si la municipalité de Clare voulait faire partie de 50 municipalités à travers le Canada à hisser le drapeau arc-en-ciel et de la journéeinternationale contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie et le 50eanniversaire de la décriminalisation partielle de l’homosexualité au Canada.

MmeParadis ajoute que cette décision a été prise à l'unanimité par les conseillers de la municipalité. Pour la municipalité, « cet événement avait pour objectif d’illustrer les enjeux auxquels la communauté 2SLGBTQ+ affrontent, les réussites et les avancées jusqu’à présent, ainsi qu’une perspective sur le présent et l’avenir. » Quant à la SAC, la directrice de cet organisme Nathalie Robichaud explique que les deux communautés sont minoritaires et marginalisées, donc, il devrait avoir une solidarité entre ces deux communautés. Elle ajoute : « En tant que minorité, c’est important que ces deux communautés se soutiennent. Pour se rendre plus fort, il faut qu’une communauté embrasse la diversité et l’inclusion. »

Pour les personnes présentes à cet événement, leur réaction avait un dénominateur commun : cela aurait dû être fait depuis longtemps.

Parmi les participants, il y avait les membres du comité étudiant Arc-Ensemble de l’École secondaire de Clare qui sont venus appuyer Evelyn LeBlanc-Joyce et Tristan MacAlpine. Ces deux jeunes ont pris la parole en envoyant un message d'optimisme et de progrès quant à la reconnaissance et l'appui à cette communauté. Pour ce faire, Tristan MacAlpine ajoute: « J’espère que les gens passant devant la municipalité en voiture remarqueront le drapeau et penseront aux énormes progrès accomplis. »

La municipalité de Clare et la Société acadienne de Clare ont brisé ce tabou en emboîtant le pas avec d'autres municipalités à travers le Canada en acceptant de hisser le drapeau arc-en-ciel ou de la fierté de la communauté lesbienne, gaie, bisexuelle, transgenre et en questionnement (LGBTQ) flotte à côté de celui du Canada et de l'Acadie. Un pas de plus vers l'avenir.

CHEZZETCOOK : Plusieurs membres de la communauté se sont réunis le 30 avril 2019 pour célébrer la sortie de six capsules qui illustrent non seulement le patrimoine et la culture acadienne dans la région de Chezzetcook, mais aussi leur joie de vivre. Plusieurs membres de la communauté ont participé à cette expérience d’expression théâtrale.

Filmé par Zachary Comeau, ses assistantes Kyra Brett et Taylor Codie-Mullenger et monté par Élisabeth Houle, les capsules démontrent le talent naturel et la bonne humeur de nombreux acteurs locaux tels que Nola Manette, Helen Roma, June McIsaac, Beverly Hugli, Allison Murphy, Lucien Comeau, Daphnée de Lamirande, Jeanne LeProvost, Vivien Herbreteau, Trevor et Travis Graham, Isabelle Maning et plusieurs autres. Ce fut un réel travail d’équipe fantastique.

Ce projet a été réalisé avec par le Fond d'action culturelle communautaire de Patrimoine canadien intitulé Patrimoine à l'écran.

Les vidéos suivants peuvent être visionnées sur youtube au site suivant https://www.youtube.com/watch?v=hlYIWeKd5cQ:

- Le beurre Bellefontaine,

- La compétition de pain,

- Le tissage,

- Voici notre Acadie,

- Party de cuisine et

- La chasse aux coques.