Bien que semi-retraité, Ronald Bourgeois s’active depuis des mois à faire vivre Cœur d’artiste, que ce soit en présentiel ou en virtuel.
Bien que semi-retraité, Ronald Bourgeois s’active depuis des mois à faire vivre Cœur d’artiste, que ce soit en présentiel ou en virtuel.

Cœur d’artiste, l’aventure se poursuit malgré la pandémi

André Magny
Francopresse
HALIFAX : Initiative de journalisme local – APF -Atlantique Ils ont plus de 50 ans. On les dit amateurs. Mais ils ont une vaste expérience musicale. Et surtout, tous ceux et celles qui participent à Cœur d’artiste en Nouvelle-Écosse sous la direction de Ronald Bourgeois ont un amour passionné pour la musique.

ls ont plus de 50 ans. On les dit amateurs. Mais ils ont une vaste expérience musicale. Et surtout, tous ceux et celles qui participent à Cœur d’artiste en Nouvelle-Écosse sous la direction de Ronald Bourgeois ont un amour passionné pour la musique.

En confiant à Ronald Bourgeois la direction artistique du projet Cœur d’artiste, le Regroupement des aînés de la Nouvelle-Écosse (RANE) et la Fédération culturelle acadienne de la Nouvelle-Écosse (FéCANE) savaient que le projet serait entre bonnes mains.

Auteur compositeur-interprète de la région de Chéticamp, lauréat de nombreuses récompenses dont le prestigieux prix néo-écossais Portia White, qui soulignait en 2018 son excellence artistique et culturelle, Ronald Bourgeois se dit toujours passionné par le projet.

Au départ, il y a un an, Cœur d’artiste a été conçu pour rencontrer des aînés dans les différentes communautés acadiennes de la province afin de leur donner des ateliers musicaux. C’est ce que Ronald Bourgeois appelle des « cercles ». Cette formation musicale donnée en petits groupes permet, explique l’artiste acadien,de « créer un sentiment de famille régionale ». À ces cercles régionaux vient s’ajouter un grand spectacle à Halifax.

L’an dernier, en octobre, à la suite de ces sessions, Dolores Boudreau, Jeannot Chiasson et Gilles Larade ont même participé à la journée Célébrons le talent de nos 50 ans et plus au Centre des Arts Shenkman dans le secteur d’Orléans, à Ottawa.

Puis vint la pandémie…

Mais lorsque le printemps arrive, on doit évidemment tout arrêter. Qu’à cela ne tienne, Ronald Bourgeois ne baisse pas les bras. Avec le soutien de la RANE, il poursuit l’aventure en mode virtuel.

« On voulait que ce soit un partage de l’amour de la musique. » Résultat, il y a eu pas moins de 75 000 visionnements depuis le début des concerts virtuels en avril, dit le directeur artistique du projet. De nombreux artistes ont pu ainsi se faire entendre.

« On voulait que ce soit un partage de l’amour de la musique. » Résultat, il y a eu pas moins de 75 000 visionnements depuis le début des concerts virtuels en avril, dit le directeur artistique du projet.

C’est au pianiste Paul Saulnier qu’on doit la Suite acadienne.
Jeannot Chiasson est l’exemple typique qu’on peut à la fois s’intéresser à la finance et à la musique!

Des exemples inspirants
À 81 ans, Paul Saulnier est l’un de ceux-là. « J’aime ça quand il y a une réponse immédiate du public. Mais c’était vraiment une belle expérience », partage l’artiste de Pubnico à propos de ces rencontres virtuelles. Lui, qui a joué six fois avec l’Orchestre symphonique de la Nouvelle-Écosse est aussi directeur de la chorale de sa paroisse. Il en a profité pour interpréter devant les écrans numériques des spectateurs sa Suite acadienne, dont les différents mouvements rappellent Évangéline et Gabriel, la déportation et le retour.

De son côté, la harpiste québécoise Johanne McInnis, installée en Nouvelle-Écosse depuis plusieurs années, présentait le 11 juin dernier quelques pièces relaxantes. Non seulement, la musicienne est-elle spécialiste de la harpe celtique, elle est aussi la fondatrice du Festival harpe et yoga. Cette période où le monde est en pause lui aura permis de réfléchir aux liens entre musique et nature ainsi qu’à la production de capsules de méditation. « La nature jazze, sachons l’écouter… »

Fondateur du cercle musical de Chéticamp, qui rejoint une vingtaine de musiciens de la région, Jeannot Chiasson, tout conseiller financier qu’il soit, chérit la musique comme pas un. « En 20 ans, on a manqué juste une douzaine de soirées dans le cercle, à la maison des retraités! » Celui qui a mis notamment en musique les aventures de son oncle Jim le bootlegger estime qu’un événement comme Cœur d’artiste est motivant pour « la solidarité communautaire ».

Certes, en virtuel, c’est différent de la scène. Patrice Boulianne, enseignant à l’École Par-en-Bas de Tusket, et sa conjointe Claire Comeau ont aussi fait partie récemment de Cœur d’artiste. « On regardait les commentaires pendant notre prestation, et je perdais un peu le fil! Mais, pour vrai, c’est une belle expérience. C’est une très belle initiative de Ronald », conclut celui qui joue de la guitare et de l’accordéon.     


L’aventure continue

Alors que le printemps de 2020 aura été synonyme d’événements tragiques mettant trop souvent en scène les aînés, les participants de Cœur d’artiste sont inspirants par leur vivacité, leur simplicité et surtout leur désir de partager leur musique.

L’aventure de Cœur d’artiste en confinement se poursuit encore cet été, jusqu’en août, à raison de deux concerts par mois. Mais après, que ce pasera-t-il? Visiblement, il n’y aura pas de grand concert à Halifax cette année. Ronald Bourgeois ne l’annonce pas encore officiellement, mais des concerts plus élaborés avec six artistes, accompagnés par trois ou quatre musiciens avec un tournage à caméras multiples pourraient être enregistrés d’ici la fin de l’été. « C’est dans les plans. » Le RANE, la FéCANE et le gouvernement canadien seraient dans le coup pour le financement.

Avec Ronald Bourgeois, pour paraphraser le titre de l’une de ses tournées avec Danny Boudreau, les plus de 50 ans de la Nouvelle-Écosse sont vraiment au cœur de la chanson!


Patrice Boulianne, accordéon et guitare, et Claire Comeau, à la voix, tous deux en provenance de la Baie Sainte-Marie, ont participé à Cœur d’artiste.