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Publié le vendredi 8 juin 2012 | Mis à jour le vendredi 8 juin 2012

Les Acadiens très satisfaits du rapport de la Commission de révision des frontières électorales

Photo : Archives
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Richard Landry

HALIFAX − « Une interprétation littérale de la clause 2 (d) qui stipule qu’aucune circonscription ne peut s’éloigner d’une variance ni plus élevée ni plus basse que 25 % du nombre moyen d’électeurs par circonscription aurait exigé que la Commission modifie considérablement les frontières électorales de quatre circonscriptions qui sont protégées depuis vingt ans. En enlevant cette protection, on aurait soulevé des préoccupations sociales, culturelles et politiques considérables. En conséquence, la majorité des membres de la Commission a décidé de retenir les circonscriptions "protégées " d’Argyle, Clare,  Richmond et de Preston. »

C’est ainsi que Teresa MacNeil, présidente de la Commission des frontières électorales de la Nouvelle-Écosse, s’est exprimée lors de la présentation du rapport provisoire à Province House le 31 mai. Les quatre circonscriptions en question comprennent trois circonscriptions dites « acadiennes » et une dite « afro-néo-écossaise » et permettent à ces deux groupes ethniques de participer au gouvernement provincial.

Après avoir présenté les termes de référence du gouvernement provincial que la Commission devait suivre, y compris celui de la clause 2 (d), la présidente a noté que la Commission recommande que le nombre de circonscriptions demeure à 52 dans la province. La clause 2 (d) a été respectée dans les 48 autres circonscriptions. Selon la présidente, les termes de référence ont guidé les discussions et la direction de la Commission.

Dans le rapport provisoire de 71 pages, on propose la réorganisation de deux circonscriptions, une au Cap-Breton dans la région au sud de Sydney et une dans la région de Pictou. Il y aurait donc l’élimination d’une circonscription électorale dans chacune de ces régions à cause de la baisse du nombre d’électeurs. Les deux circonscriptions ainsi éliminées seraient ajoutées à la région métropolitaine d’Halifax (Clayton Park et Fairview) où le nombre d’électeurs continue d’augmenter.

Selon le Conseil jeunesse provincial, il s’agit d’une très bonne nouvelle pour le mouvement jeunesse de la Nouvelle-Écosse qui a lutté ouvertement contre les changements aux circonscriptions acadiennes. Depuis le mois de janvier, les jeunes de partout en Nouvelle-Écosse se sont mobilisés pour faire savoir au gouvernement de la Nouvelle-Écosse et à la Commission qu’ils voulaient garder les circonscriptions acadiennes pour s’assurer que les Acadiens soient représentés à Halifax.

« Je suis très soulagé que la commission ait décidé d’appuyer les circonscriptions acadiennes. C’est une excellente première réussite pour notre communauté », a souligné le président du Conseil jeunesse provincial, Charles MacDougall.

La Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE) se dit extrêmement satisfaite du rapport provisoire de la Commission de révision des frontières électorales. Pour elle, la désignation protectrice est un acquis important pour la communauté acadienne de la Nouvelle-Écosse et sa disparition entraînerait sans aucun doute une perte importante de poids politique pour la communauté acadienne et francophone qui perdrait ainsi les moyens de se défendre et de présenter adéquatement ses positions à l’Assemblée législative.

« Nous tenons à remercier la Commission d’avoir écouté la communauté acadienne et d’avoir tenu compte de nos demandes de protéger les circonscriptions acadiennes d’Argyle, de Clare et de Richmond », a souligné le président de la FANE, Ronald Robichaud.

Cependant, un membre parmi les huit qui composaient la Commission, Dre Jill Grant, a indiqué dans le rapport son opinion dissidente en ce qui concerne la protection des quatre circonscriptions et la déviation de la clause 2 (d). « Alors que la Commission peut faire son travail de façon indépendante à distance du gouvernement, l’étendue de son travail est définie par les contraintes des termes de référence. Comme corps élu démocratiquement avec le mandat d’articuler la volonté du peuple, seule l’Assemblée législative a l’autorité de spécifier les principes et les valeurs qui devraient guider la Commission dans sa redéfinition des frontières électorales. La Commission dépasse son autorité en substituant des principes alternatifs à ceux fournis par le gouvernement de la province »,  a-t-elle noté.

La Commission doit soumettre un rapport final le 31 août après une autre série de consultations qui fera appel à la participation du public une dernière fois.