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Publié le lundi 14 avril 2014 | Mis à jour le lundi 14 avril 2014

Implanter les connaissances universitaires dans la communauté : le cas de l'Université Sainte-Anne et du laboratoire Nova Ouest

Irène Costentin

POINTE-de-l’ÉGLISE – C’est un partenariat intéressant qu’ont mis en place le département des sciences de l’Université Sainte-Anne et le laboratoire Nova-Ouest, au travers du programme de Chèque Innovation. Ce dernier permet au laboratoire de faire appel aux connaissances et à l’expertise de Mohammadi Kaouass, professeur de biologie à l’Université Sainte-Anne, pour développer un nouveau test microbiologique.

Créé par Comeau’s Sea Foods en 1989, et constitué en société depuis 2002, le laboratoire Nova Ouest, situé à Grosses Coques, propose notamment de détecter la présence de certains métaux dans l’analyse d’échantillons d’eau et effectue des contrôles de qualité des produits de Comeau’s Sea Foods et d’autres entreprises.

« Jusqu’à maintenant, Nova Ouest n’avait à sa disposition que des tests traditionnels qui certes produisaient des résultats fiables, mais qui avaient l’inconvénient d’être très coûteux, de prendre beaucoup de temps, d’être moins sensibles sur un échantillon avec peu de bactéries et de ne pas être assez spécifiques au sein des espèces », explique M. Kaouass.

L’entreprise a soumis une demande de subvention au ministère du Développement économique et rural et du Tourisme qui lui a accordé le premier niveau de financement d’une valeur de 15 000 $. Ce chèque de productivité et d’innovation est un apport de fonds que les petites et moyennes entreprises telles que Nova Ouest peuvent utiliser pour obtenir l’aide des universités et des collèges en Nouvelle-Écosse afin de rendre leurs entreprises plus innovantes et productives.
Le projet de développer un nouveau test moléculaire répondait donc en tous points aux critères d’obtention de cette bourse de par son caractère innovateur.

C’est à ce moment qu’interviennent les connaissances sur les nouvelles technologies en microbiologie du professeur de biologie. « Ce partenariat s’inscrit parfaitement dans le plan stratégique de l’Université Sainte-Anne en ce sens qu’il permet un échange des connaissances universitaires dans les entreprises. La recherche est mise au service de la communauté », ajoute M.Kaouass avant d’expliquer le procédé du nouveau contrôle de qualité bactériologique. Il s’agit de pouvoir déceler la présence de deux bactéries (la salmonelle et la listeria) dans l’échantillon contrôlé, un service permettant d’assurer le respect des normes sanitaires. La nouvelle technologie s’appuie sur la réaction en chaîne par polymérase, découverte par l’Américain Kary Mullis, prix Nobel de chimie en 1993. Ce procédé permet de dupliquer en grand nombre une séquence d’ADN à partir d’une faible quantité et fournit donc des résultats plus précis. M. Kaouass donne un exemple : « Il existe plusieurs salmonelles. En plus de pouvoir dire que l’échantillon testé est infecté, on pourra préciser par quel type de salmonelle; ce que le test traditionnel ne permettait pas. » En outre, ce test mis en place nécessitera moins de produits et sera par conséquent jusqu’à 10 fois moins cher. Il sera aussi cinq fois plus rapide : les résultats pourront être obtenus en une journée. Un gain de temps considérable pour les entreprises quand on pense qu’auparavant il fallait attendre une vingtaine de jours que l’échantillon soit traité dans un laboratoire à Toronto.

Le rapport justifiant l’utilisation des fonds du niveau 1 a été envoyé au gouvernement provincial. Le laboratoire Nova-Ouest déposera en octobre prochain une demande de deuxième chèque innovation de niveau 2 d’un montant de 25 000$ qui lui donnerait l’occasion deconcrétiser les recherches du niveau 1 et de rendre le test opérationnel.

Cette alliance a créé une collaboration durable entre l’entreprise et l’Université. Les entreprises néo-écossaises désireuses de devenir plus productives peuvent recourir à la recherche en faisant une demande auprès de ce programme. Il est aussi du ressort du Conseil de développement économique de la Nouvelle-Écosse de jouer le rôle d’agent de liaison en aiguillant les entreprises en besoin vers les ressources universitaires, plus que jamais ouvertes à la communauté.